Avec cette photographie avant/après du chômage, on comprend mieux pourquoi François Hollande a renoncé

Depuis mai 2012, le nombre d'inscrits à Pôle Emploi a grossi de 25%.

Ce n'est donc pas François Hollande qui a cassé la courbe du chômage, mais bien elle qui a cassé sa présidence. Ce jeudi 1er décembre, le président de la République a annoncé depuis l'Elysée, à l'occasion d'une conférence de presse surprise, qu'il renonçait à briguer un second mandat présidentiel.

Une décision historique puisque jamais un président sortant n'a renoncé à se représenter. Mais une demi surprise si l'on s'en tient aux engagements de François Hollande sur le front de l'emploi.

Lui, président, il a promis de lier son mandat au seul indicateur de l'emploi. Péchant par optimisme tout au long de son mandat, François Hollande a fait de l'inversion de la courbe du chômage le fil rouge de son succès, ou de son échec.

En 2012, il se donnait un an pour inverser la tendance, avant d'espérer se contenter d'une baisse continue au moins en 2016. Le jeudi 24 novembre, jour de la dernière publication du nombre d'inscrits à Pôle Emploi, il a semblé voir le verre à moitié plein, assurant que la "bataille" pour l'emploi est "longue" mais qu'elle "porte ses fruits".

Aussitôt après, Pôle Emploi a annoncé une baisse de 0,3% du nombre d'inscrits en catégorie A, celle des sans emplois, pour s'établir à 3.478.800 personnes. Un deuxième mois de baisse consécutive, après le repli record de septembre.

Suffisant pour défendre son bilan? Ce soir, le président a répondu non, lucide. L'évolution du nombre d'inscrits à Pôle Emploi entre mai 2012 et octobre 2016 est accablante: +25%, passant de 4,9 à 6,2 millions en France métropolitaine, d'après les données officielles de la Dares.


- Catégorie A : demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, sans emploi.

- Catégorie B : demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, ayant travaillé 78h ou moins au cours du mois.

- Catégorie C : demandeurs d'emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, ayant travaillé plus de 78 heures au cours du mois.

Catégorie D : demandeurs d'emploi dispensés d'actes positifs de recherche d'emploi (stage, formation, maladie...)

Catégorie E : demandeurs d'emploi dispensés de faire de actes positifs de recherche d'emploi, en emploi (contrats aidés).

 Source: Dares



Après une hausse importante en août, et une baisse historique en septembre, François Hollande aurait pu tenté de défendre une amélioration de tendance (le fameux "ça va mieux" lancé au printemps) depuis le début de l'année, surtout avec la nouvelle baisse d'octobre. Il faut reconnaître que la catégorie A, la seule commentée par les politiques, connaît une lente décrue depuis février.

Mais ce serait tomber dans le piège d'une vision restrictive du chômage, et de la précarité qu'il impose à une portion considérable de la population française. Sans oublier que les prévisions pour 2017 sont mauvaises...

Ainsi, les catégories B et C comptabilisent les personnes qui travaillent à temps partiel, alors qu'elles voudraient travailler à plein temps. La catégorie C (+ de 78h travaillés par mois) est celle qui a le plus augmenté au cours du quinquennat (+46%), signe d'une forte poussée des petits boulots peu rémunérateurs.

Les catégories D et E concernent les chômeurs dispensés de rechercher un emploi parce qu'ils sont en arrêt maladie, qu'ils suivent une formation, ou qu'ils bénéficient d'un contrat aidé. Des solutions temporaires, pas toujours efficaces pour renouer un emploi salarié stable.

D'après le gouvernement, le plan de 500.000 formations annoncé en février se traduit par un retour à l'emploi dans 60% des cas. Soit 200.000 retour au chômage minimum.

Jean-Baptiste Duval Chef de rubrique Eco


 


Commentaires   

 
0 #1 PBlanc 02-12-2016 03:25
Hollande ne se représente pas... ça va changer quoi pour le chômage ?
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