Bientôt un Parlement des chômeurs en France?

Ce projet, initié par une association de demandeurs d'emploi et de précaires, ambitionne de faire participer les personnes privées d'emploi à la vie démocratique locale, voire nationale. Utopique? Pas si sûr.

Imaginez... Des demandeurs d'emploi expliquant à différents élus leurs difficultés à vivre le chômage au quotidien, allant jusqu'à leur suggérer des axes d'amélioration pour sortir de la précarité et parvenant à se faire entendre.

A Villeneuve-sur-Lot, l'association Pas à Pas, membre du MNCP, le Mouvement national des chômeurs et précaires, travaille dans ce sens depuis plusieurs semaines. "Nous allons établir un état des lieux de la situation des demandeurs d'emploi villeneuvois, explique Amélie Lacombe, salariée de l'association et déléguée du MNCP Lot-et-Garonne. Nous en dégagerons des propositions que nous irons ensuite présenter et défendre devant le maire de la commune, le responsable de la commission RSA, le directeur régional de la CAF ou de la Caisse d'assurance maladie, ou bien le président de la Région, toutes ces instances où l'on a l'habitude de parler des chômeurs sans qu'ils n'y soient présents."

Porter la voix des chômeurs dans les institutions

Cette démarche locale, financée par la Fondation de France, vise à aller plus loin que les conseils citoyens lancés par le Ministère de la Ville en 2014 ou les comités de liaison, créés en 1998, réunissant Pôle emploi, associations de chômeurs (MNCP, Agir ensemble contre le Chômage, Solidarités Nouvelles face au Chômage...) et organisations syndicales.

"Nous voulons que les demandeurs d'emploi acquièrent enfin un véritable poids démocratique, qu'ils fassent entendre leur voix de citoyen dans les institutions, à l'image du Parlement des chômeurs en Allemagne où les demandeurs d'emploi expriment leur vécu et leurs revendications face aux politiques, tout en étant appuyés par les syndicats" indique Laurent Delavigne, membre du réseau des Marches européennes contre les exclusions, et coordinateur de Pas à Pas.

Pour l'heure, l'expérience se déroulera dans le bassin villeneuvois jusqu'en mai 2017, soit avant les élections législatives. Si elle s'avère concluante, elle essaimera dans d'autres régions, relayée par le MNCP qui portera ensuite la revendication au niveau national.


Corinne Dillenseger



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