…tandis que le nombre de chômeurs baisse fort

Le recul en catégorie A pourrait ne pas durer. L’Elysée s’appuyera certainement sur les chiffres plus favorables de l’Insee.

Après la déprime d’août, l’euphorie de septembre. Dans un numéro de yo-yo dont elles sont désormais coutumières, les statistiques de Pôle Emploi ont fait un plongeon le mois dernier, avec une chute libre de 66 300 du nombre d’inscrits en catégorie A (sans activité), après une envolée de 50 200 en août. Soit une diminution de 1,9 % sur un mois, et de 1,7 % sur un an. Résultat : le nombre total de chômeurs s’élève désormais à 3,49 millions (3,75 millions avec les DOM), en réduction de 100 000 par rapport à son pic de février. Bémol, cependant : les catégories B et C (chômeurs ayant exercé une activité réduite) continuent de progresser, avec 28 300 inscrits supplémentaires en septembre.

Prudence.

Du côté de l’exécutif, on se frotte les mains. La «bataille [n’est] pas terminée», mais c’est la «confirmation d’une tendance installée depuis début [2016]», s’est empressé de déclarer le président de la République, mardi soir. «Il s’agit du troisième trimestre consécutif de baisse, ce qui n’avait pas été constaté depuis début 2008», détaillait, pour sa part, la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

Pari gagné pour Hollande, alors qu’il ne reste plus qu’un mois de publication des chiffres avant l’annonce éventuelle de sa candidature, mi-décembre ? Patience… D’abord parce qu’en raison de leur caractère erratique, les données mensuelles de Pôle Emploi pourraient justement réserver une mauvaise surprise au gouvernement le mois prochain, les chiffres, depuis un an, progressant après avoir baissé, et inversement. Une prudence d’autant plus de mise que l’Insee a révisé récemment à la baisse sa prévision de croissance pour 2016, de 1,6 % à 1,3 %. Et même si décrue il y a, elle n’effacera jamais, en un mois, la forte hausse enregistrée depuis mai 2012, qui s’élève, en septembre, à + 570 000 inscrits en catégorie A…

D’où la tentation, pour l’Elysée, d’orienter les regards vers un indicateur plus favorable : le taux de chômage au sens du BIT (Bureau international du travail, publié chaque trimestre par l’Insee). «C’est le véritable indicateur, le seul qui est utilisé dans les comparaisons internationales», expliquait ainsi, il y a deux semaines, un ministre proche de Hollande. Le seul qui permette aussi au Président de présenter un bilan un peu moins morose sur le front de l’emploi.

Indicateur.

Selon la dernière fournée de cet indicateur, le taux de chômage en France s’élevait, en effet, à 9,9 % de la population active au deuxième trimestre, en baisse de 0,5 point sur un an. La prochaine publication, concernant le troisième trimestre 2016, aura lieu le 17 novembre, soit quelques semaines avant que le chef de l’Etat ne se prononce sur sa candidature. En cas de baisse de 0,2 point seulement, le taux de chômage reviendrait alors à son niveau du deuxième trimestre 2012 (9,7 %), quand François Hollande arrivait au pouvoir. Nul doute que l’Elysée en fera alors l’indicateur phare. Mais en cas de hausse, le roi serait définitivement nu.


Luc Peillon



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