Les nouveaux métiers porteurs à l'horizon 2022

Tout juste inventés ou réinventés, les métiers de demain demanderont surtout des compétences nouvelles.

Digitalisation, sécurité ou encore transition énergétique bousculent nos habitudes au travail, toutes branches confondues. Bonne nouvelle : ces transformations contribuent à créer des emplois.

Selon France Stratégie, 800 000 postes sont à pourvoir chaque année en France. S'ils sont pour la plupart liés aux départs à la retraite, près de 170 000 sont des créations nettes, précise l'agence gouvernementale dans une étude analysant la période 2012-2022.

De forts appels d'air sont ainsi à prévoir dans le numérique et la santé. Parmi ces métiers d'avenir, on trouve des professions classiques et d'autres plus récentes, d'infirmier ou aide à domicile à... développeur.

« Ce sont principalement des métiers qui existent déjà, remarque Sandrine Aboubadra-Pauly, experte à France Stratégie. Plus que l'émergence de nouvelles professions, on observe une transformation des compétences. » Ce que confirme Misoo Yoon, directrice générale adjointe de Pôle emploi. « Désormais, nous réfléchissons davantage en termes de compétences que de métiers ».

Le big data, nouvel or noir

L'informatique, dont le taux de recrutement est trois fois plus élevé que dans les autres secteurs selon Pôle emploi, est le domaine qui invente le plus de professions, comme l'analyste de données. Métier phare du marketing, ce statisticien utilise les informations entrantes à des fins commerciales pour un assureur, une banque ou encore un site marchand.

On assiste également à un « verdissement » des métiers avec la transition énergétique. « La prise en compte du recyclage des produits et des économies d'énergies nécessitent le développement de compétences vertes », note Sandrine Aboubadra-Pauly.

Exemple dans le BTP, avec l'indispensable « BIM-manager » (BIM, pour modélisation des informations du bâtiment en anglais). Car dès qu'un chantier nécessite la création d'une maquette numérique, ce chef de projet montre son nez. Autant dire, très souvent... A l'aide de logiciels 3D, il pilote l'ensemble des métiers, de l'architecte au maçon, en prenant en compte les contraintes environnementales.

Preuve qu'il y a aussi du positif dans le digital, perçu parfois comme une menace pour les emplois manuels. Mais intégrer ces nouveaux outils nécessite d'apprendre. Et la France est mobilisée : sur septembre et octobre, le nombre d'entrées en formation chez Pôle emploi a doublé par rapport à la même période en 2015.

Pilote de drone depuis son ordi

Agent de sécurité, chef de site industriel, gestionnaire des réseaux d'électricité, Uavia veut révolutionner vos métiers ! La jeune pousse d'Evry (Essonne) a créé des drones pilotables « depuis n'importe quel ordinateur connecté à Internet, grâce à la 3 g ou la 4 g », explique le co-fondateur Clément Christomanos, dont l'équipe a conduit un engin situé à Paris depuis San Francisco. Une première mondiale pour un usage civil. Positionné dans une station de recharge sur site, ce drone permet de gagner du temps en cas de fuite de gaz ou de départ d'incendie, et de ne pas en perdre s'il y a fausse alerte. « L'agent avec son chien qui arrive trop tard, c'est fini », prévient l'ingénieur de 24 ans. Aux oubliettes, donc, « les vérifications de routine fastidieuses, répétitives et coûteuses ». Place désormais à « la maintenance prédictive », en repérant des anomalies à distance. Une dizaine de clients, essentiellement des énergéticiens et des transporteurs, ont déjà testé « le seul drone connecté du marché ». La start-up, qui emploie 9 salariés, prévoit une internationalisation en 2017. Parmi les entreprises intéressées : des industriels qui veulent sous-traiter le conducteur de drone. Bienvenue au « droniste 2.0 » !

 Cyril Peter



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