Ce que change Internet en matière de recrutement

Bien que très prisé, le numérique n'a pas supplanté le réseau des relations.

Le numérique pour chercher un emploi ? Un passage obligé pour les chômeurs en quête du Graal ou pour les salariés en mal de mobilité. Plus efficace, mieux ciblé, moins coûteux : ils sont plus de 60 % à passer par leur ordinateur ou leur tablette pour prospecter dans l'ordre sur les sites de Pôle emploi, généralistes (Indeed, Jobijoba, Keljob...), des entreprises ou des petites annonces (Leboncoin), et sur les réseaux sociaux comme LinkedIn ou Viadeo, et y déposer un CV au passage. Et même davantage si on se limite aux moins de 30 ans, plus ouverts aux outils innovants de type formation en ligne ou plate-forme de notation d'entreprise.

C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par l'institut CSA pour le compte du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), publiée ce lundi à l'occasion d'un colloque sur ce thème. « L'usage du numérique pour chercher du travail s'est répandu à bas bruit mais à toute allure », résume sa directrice générale, Marie-Claire Carrère-Gée.

Pour privilégiés qu'ils soient, les outils numériques ne constituent pas pour autant l'alpha et l'oméga de la démarche. D'abord parce que leur usage est plus ou moins intensif selon l'âge, la profession ou le lieu de résidence. Qui plus est, les bonnes vieilles relations restent un canal important pour chercher un poste, mais surtout le premier pour en trouver un : 27 % le citent en premier, devant les agences d'intérim, les cabinets de recrutement et le site de Pôle emploi (13 % chacun). « Le paradoxe n'est qu'apparent car l'attention portée à son réseau fait partie d'une démarche en ligne », explique Marie-Claire Carrère-Gée.

Les enjeux de « l'e-réputation »

Enfin, comme toute nouvelle tendance, la place prise par le numérique dans la recherche d'emploi ne va pas sans poser des enjeux. En tête de liste figure la transparence sur la façon dont les recruteurs sélectionnent les candidats. Sans oublier les questions liées à la qualité des offres publiées, dont une part non négligeable n'indiquent ni date ni salaire.

Autre point soulevé par l'étude, les enjeux de « l'e-réputation », les recruteurs n'hésitant pas à farfouiller sur Facebook ou Twitter. Et puis, effet collatéral du développement du numérique, la concurrence pour une même offre, parce qu'elle est accessible à tous, est plus intense. « Tout cela crée des défis qui doivent être traités par les pouvoirs publics », estime Marie-Claire Carrère-Gée.

Alain Ruello



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