Insertion des jeunes: Les contrats aidés sont chers et peu efficaces

COUR DES COMPTES Alors que la Cour des comptes critique les dispositifs d'insertion des jeunes, l'OCDE épingle la France en matière d'emploi des jeunes...

La France n’est pas encore au niveau. C’est le constat sans appel que dressent ce mercredi la Cour des comptes et l’OCDE, dans deux rapports distincts très sévères sur l’insertion des jeunes sur le marché du travail hexagonal.

La Cour des comptes pointe en particulier des dispositifs coûteux et peu efficaces, et appelle à réduire la voilure sur les contrats aidés pour concentrer les efforts sur les jeunes les plus éloignés de l’emploi, notamment grâce à la Garantie jeunes. Actuellement, l’accès des jeunes à l’emploi est permis par une vingtaine de dispositifs, un « système particulièrement complexe » et dont le coût est « élevé et croissant », pointe la Cour des comptes.

Les contrats aidés dans le collimateur

En 2015, l’Etat, les collectivités et les opérateurs leur ont pourtant consacré 10,5 milliards d’euros : 5,95 milliards pour l’alternance, deux milliards pour les contrats aidés, 1,45 milliard pour les dispositifs d’accompagnement et un milliard pour le retour en formation des jeunes demandeurs d’emploi. Mais « les résultats obtenus du point de vue de l’accès à un emploi durable ne sont à la mesure ni des objectifs affichés, ni des moyens mobilisés », assène la Cour des comptes.

Seules trouvent grâce aux yeux des sages la Garantie jeunes -elle affiche un taux de sortie vers l’emploi de 49,9 %- et les « écoles de la deuxième chance ». Des dispositifs « plus efficaces en termes d’accès à l’emploi que l’accompagnement de longue durée mis en œuvre par Pôle emploi ou les missions locales ».

Reconcentrer les dispositifs sur les plus éloignés de l’emploi

Concernant le chômage des jeunes, c’est pire. La France est carrément classée parmi les mauvais élèves par un rapport publié ce mercredi par l’OCDE. En proportion, le pays compte deux fois plus de jeunes NEET qu’en Allemagne et observe une situation qui continue de s’aggraver depuis 2013.

Les jeunes sans emploi sont en grande majorité peu qualifiés puisque près de 80 % n’ont pas atteint le niveau bac. A l’inverse, seuls 16 % des jeunes diplômés de l’université étaient au chômage ou inactifs en 2014. L’organisation internationale préconise donc d’investir davantage dans l’apprentissage et le suivi des jeunes en décrochage scolaire.

A moins d’un an de la fin du quinquennat de François Hollande, qui devait donner la « priorité à la jeunesse », le chômage touche toujours 23,7 % des jeunes actifs en métropole, contre 9,6 % de l’ensemble de la population active. Les jeunes salariés sont particulièrement touchés par le temps partiel (un sur quatre), les CDD et l’intérim (un sur trois), et sont souvent rémunérés au smic (35 % des smicards sont des jeunes).

 avec AFP

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>> Chômage des jeunes: la Cour des comptes conteste l'efficacité des contrats aidés | Le Parisien | 05/10/16



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