Ces start-up qui veulent révolutionner le marché de l'emploi grâce au numérique

Lancé il y a un an par le ministère du Travail, le plan Numérique, Emploi, Travail veut repenser le marché de l'emploi grâce au numérique. 2,4 millions d'euros ont été débloqués pour quatre start-up dont c'est l'ambition. Petit tour d'horizon des projets menés.

Elles sont quatre. Quatre start-up qui étaient reçues fin septembre par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, dans le cadre du Plan Numérique, Emploi, Travail. Quatre jeunes-pousses avec un point commun: elles accompagnent la révolution numérique du marché de l'emploi. "La transformation numérique du marché du travail est une tendance de fond depuis plusieurs années: cela modifie la manière dont les gens cherchent un emploi et la manière dont les employeurs approchent les candidats", rappelle-t-on du côté du ministère.

Réseaux sociaux, un grand nombre de données accessibles en ligne… Internet a considérablement modifié l'offre et la demande sur le marché du travail. Mais une partie de la population active est encore éloignée du fonctionnement numérique du marché du travail. Autant de raisons qui ont poussé à la création du consortium Numérique, Emploi, Travail. Un consortium soutenu par le ministère du Travail et rassemblant Pôle emploi, l'Anact (l'agence nationale pour l'amélioration des conditions de vie au travail), la FING (fondation Internet nouvelle génération) ainsi que quatre start-up. "Il mérite notre attention forte", indique-t-on aussi du côté du ministère en ajoutant que le plan NET "prend le complément de la révolution numérique" et prend en compte "les inégalités d'accès".

Acquérir les codes de la recherche d'emploi

Les inégalités d'accès, c'est le problème sur lequel se penche WeTechCare qui veut ouvrir les opportunités du numérique aux publics fragiles. L'insertion professionnelle des jeunes est au cœur de leurs préoccupations. "Près de deux millions de jeunes entre 15 et 29 ans ne sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation", rappelle Cécilia Creuzet Germain, la directrice des opérations. Et l'un des freins peut être une difficulté d'usage d'Internet dans le cadre de la recherche d'emploi. "L'utilisation d'Internet est concentrée sur les loisirs mais pas forcément sur l'utilisation du site Internet de Pôle emploi par exemple", précise-t-elle.

D'où l'idée de CLICNJOB, un site Internet dont le lancement officiel se fera début novembre. "On a réalisé un gros travail d'ergonomie sur ce site avec des quiz, des vidéos", précise Cécilia Creuzet Germain. Objectif: permettre aux jeunes d'acquérir les codes de la recherche d'emploi. Outre ces éléments, le site propose aussi un outil pour créer son CV très rapidement et se veut aussi un réseau social pour que les jeunes puissent échanger et s'entraider ainsi que dialoguer avec leurs conseillers.

Développer CLICNJOB dans le cadre du plan NET est plus qu'une opportunité financière selon Cécilia Creuzet Germain –les quatre start-up se partagent 2,4 millions d'euros débloqués pour l'occasion–, mais c'est aussi "une forme de légitimité du ministère" ainsi qu'une opportunité de "mise en lien grâce aux passerelles possibles avec les autres projets".

Dépasser le CV traditionnel

Pourquoi pas avec MindMatcher? Cette start-up souhaite dépasser le CV traditionnel en mettant en avant les compétences des individus. MindMatcher, c'est tout d'abord un outil de matching entre CV et offre d'emplois créé en 2012 par des chercheurs, des ingénieurs et un responsable de cabinet de recrutement. "Ce qui joue, ce sont les mots utilisés et les compétences exprimées via ces mots", explique Florent André, le président de MindMatcher. L'outil se base sur une analyse sémantique et statistique du texte. "Par exemple, pour un informaticien, le mot "informatique" n'aura que peu de valeur alors qu'on attribuera davantage de poids à un mot plus spécifique et moins utilisé dans les autres CV", précise-t-il. Le CV est donc étudié en fonction des autres CV et de l'offre d'emploi. Leur solution a été vendue à des cabinets de recrutement. La société connaît d'ailleurs une croissance moyenne de 10% sur les trois dernières années.

Pour son projet retenu dans le cadre du plan NET, MindMatcher va un cran plus loin. Il s'agit d'extraire les compétences, y compris les compétences sociales de la personne, à partir de son CV mais aussi de tous les documents textuels, rapports de stage ou de thèse ou encore profil LinkedIn par exemple. "L'idée, c'est de créer une cartographie des compétences qui pourra servir autant aux candidats eux-mêmes qu'aux recruteurs, voire à une entreprise qui souhaite l'utiliser pour un travail en interne", estime Florent André.

Trouver le métier qui nous correspond

Autre projet mené dans le cadre du plan NET: une application gratuite pour guider les demandeurs d'emploi dans leur parcours de retour à l'emploi. Développée par Bayes Impact, elle s'appuie sur le big data, notamment grâce à un partenariat avec Pôle emploi, pour fournir des recommandations personnalisées. Si Bayes Impact se penche sur le parcours du demandeur d'emploi, Monkey tie, la quatrième start-up du consortium, veut révolutionner le parcours de développement professionnel à l'aide de son Guide d'orientation des métiers.

Monkey tie est né d'une idée qui a germé en 2012 dans l'esprit de Jérémy Lamri. Cette idée? Comment trouver une entreprise qui nous correspond vraiment? D'où la sortie de Monkey tie en 2013 qui prend en compte la personnalité des gens pour leur proposer des offres d'emploi et des entreprises qui leur correspondent. En l'espace de quelques années, la start-up a évolué en développant notamment des conseils de coaching et en créant des logiciels dédiés aux entreprises.

Monkey tie, qui devrait enregistrer un chiffre d'affaires d'1,2 million d'euros cette année et qui est "très rentable" selon Jérémy Lamri, travaille donc désormais sur un outil pour indiquer aux gens les métiers qui leur correspondent le plus. "Un métier, c'est un ensemble de compétences. Du coup, on peut rapprocher les compétences d'une personne de tel ou tel métier", explique le PDG de Monkey tie. Et ce Guide d'orientation des métiers permettra aussi d'indiquer les formations correspondantes qui se trouvent à proximité, les évolutions de carrière possibles à partir d'un métier ainsi que l'attractivité du métier sur le marché. Autant d'initiatives qui devraient faire bouger le marché du travail dans les prochains mois.


Valérie Xandry



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