Xavier Bertrand : «L’objectif de 60 000 chômeurs remis en activité n’est pas atteint»

C’était un peu l’équivalent régional de « l’inversion de la courbe du chômage ». Xavier Bertrand a admis qu’il n’avait pas atteint au 1er septembre l’objectif de 60 000 personnes remises en activité, qu’il s’était assigné pendant la campagne. Mais le président (LR) du conseil régional des Hauts-de-France entend continuer à multiplier les initiatives pour l’emploi.

L’engagement

Sur son site de campagne, le 26 octobre 2015, le candidat Xavier Bertrand écrivait : « Je m’engage à ce qu’au 1er septembre 2016 nous ayons redonné un travail à 60 000 chômeurs en Nord - Pas-de-Calais - Picardie. » Plus loin, surligné en gras, le candidat écrivait même : « Pôle emploi ça fonctionne pour indemniser, mais pas pour redonner un travail. »

Lundi, le président Bertrand, confronté aux réalités économiques régionales, a un peu fait la leçon au candidat Bertrand. « Dans une campagne on se voit toujours plus beau et plus fort qu’on ne le sera en définitive. » L’ancien ministre va même jusqu’à reconnaître qu’afficher cet objectif « a été une erreur ». Plus question, dès lors, de s’enfermer dans une obligation chiffrée, piégeuse. « Les objectifs chiffrés, qui y croit encore ? », a-t-il lâché.

Le chiffre : 50 522

« L’objectif n’est pas atteint à 100 % », reconnaît donc le président de Région. Une semaine après une livraison de mauvais chiffres régionaux du chômage (+ 1,6 % en août), Xavier Bertrand pouvait difficilement tordre les chiffres de l’emploi dans la région à son avantage. « Ils sont très mauvais, personne ne peut faire le moindre triomphalisme. »

« 50 522 personnes ont trouvé ou retrouvé une activité avec l’aide de la Région », explique donc Xavier Bertrand, avant de préciser un peu la ventilation. 40 % ont en fait accédé à une formation proposée par le conseil régional et 60 %, soit environ 30 000 personnes, ont signé un contrat (CDI, CDD, apprentissage, intérim). Comment parvient-il à ce chiffre de 30 000 ? C’est encore flou, même si des précisions doivent venir lors de la plénière du 13 octobre. En attendant, le président de Région explique qu’il faut additionner les aides directes à l’investissement des entreprises depuis janvier, les contrats d’apprentissage et l’action des organismes « satellites » qui aident financièrement les PME, tels que Finorpa ou Picardie investissement.

Le « pompier » Bertrand

Il l’avoue : l’énergie passée à préserver les emplois existants l’a surpris. Il se voudrait « architecte », il a surtout dû être le « pompier ». À côté des 50 000 reprises d’activité, Xavier Bertrand estime que l’action de sa majorité a permis de sauver 55 000 autres emplois. « Même s’il y a des échecs, comme Akers Berlaimont… » Avances remboursables, coups de fil aux banques pour influer sur l’octroi d’un prêt… La Région fait le boulot pour les entreprises. Comme dans le précédent mandat, du reste. « On doit aller plus vite. La Région doit s’aligner sur le temps des entreprises. »

Clin d’œil au gouvernement

Les 50 000 reprises d’activité imputables à son action sont, pour Xavier Bertrand, à ajouter à 180 000 autres reprises qui sont, elles, le fait de l’État et de Pôle emploi. « La Région a un rôle. Si j’échoue, je serai responsable. Mais on joue aussi en équipe, collectif. » Le ton n’est décidément plus celui de la campagne...


Proch’emploi, verre aux deux tiers vide

La plateforme Proch’emploi n’a rencontré qu’un succès mitigé. « 8 000 personnes ont appelé le numéro dédié. 6 605 entretiens en face-à-face ont été réalisés. Et pour 1 900 personnes, une solution a été trouvée », détaille Xavier Bertrand. 1 562 ont retrouvé un emploi et 338 sont parties en formation. « On va passer la vitesse supérieure. Avec un suivi renforcé, on a des résultats », poursuit le président de Région. Des partenariats comme ceux signés avec McDonald’s ou Adecco vont aussi être sollicités.

 Autre mesure supposée favoriser l’emploi : la prise en charge par la Région des cotisations patronales pour tout emploi nouveau crée. Xavier Bertrand espérait l’embauche de 30 000 personnes. « Aujourd’hui ça ne fonctionne pas, admet-il. Le gouvernement a son propre dispositif, c’est celui-là que choisissent les entreprises. Il a permis 44 950 embauches. Si demain il s’arrête, on verra comment relancer le nôtre. »


SÉBASTIEN LEROY

A LIRE AUSSI :

>> REGION De l’activité retrouvée pour «50000» sur les 60000 promis selon Bertrand | Courrier Picard | 04/10/2016



Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir