Chômage. Une bonne nouvelle mais...

Le taux de chômage a baissé au second trimestre. Il atteint son plus bas niveau depuis l'automne 2012. Mais cette baisse est fragile. Des ombres planent sur l'évolution du marché de l'emploi.

A priori, ce ne sont que des bonnes nouvelles. Le taux de chômage a baissé au deuxième trimestre de 0,3 point. Mesuré par l'Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT), il atteint 9,6 %. Et 9,9 % en incluant les départements d'Outre-mer. Pour la France entière, le taux passe donc sous la barre des 10 %, une première depuis l'automne 2012. Dans l'Hexagone, on compte 74 000 chômeurs en moins, pour un total de 2,8 millions (1).
Signal positif supplémentaire : la baisse est plus rapide que celle anticipée par l'Insee. Myriam El Khomri y voit le signe des « effets du Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), du pacte de responsabilité et de solidarité et du plan d'urgence pour l'emploi, qui combinent des mesures structurelles et conjoncturelles de soutien à l'activité et à l'emploi ».

 « Pas d'embellie globale »

Ces chiffres peuvent donner à François Hollande l'espoir de voir s'inverser la courbe du chômage d'ici à la fin de l'année. Il en a fait une condition à sa candidature pour la prochaine élection présidentielle.

Mais il y a quelques ombres au tableau. D'une part, il y a ce « halo du chômage » qui ne cesse d'augmenter. L'Insee baptise ainsi l'ensemble des personnes qui souhaitent un emploi sans être comptées comme chômeuses. Soit parce qu'elles ne sont pas disponibles dans l'immédiat en raison d'un travail à temps partiel. Soit parce que, découragées, elles ne cherchent plus d'emploi. Ces personnes sont 1,5 million en tout, 29 000 de plus qu'au premier trimestre et 43 000 de plus qu'il y a un an. Un indice de précarité qui n'est guère de bon augure.

De même, « le chômage de longue durée reste stable et témoigne du caractère durable du chômage », déplore Emmanuel Jessua, directeur des études au Coe-Rexecode, un organisme proche du patronat. À ces faisceaux d'indices, qui témoignent qu'il n'y a pas « d'embellie globale, homogène », s'ajoute l'apathie de la croissance. Elle a été nulle au deuxième trimestre, après avoir augmenté de 0,7 % en début d'année. Ce qui fait redouter de nouvelles secousses, dans les mois à venir, sur le marché de l'emploi.

(1) L'Insee mesure, tous les trimestres, le taux de chômage, issu de sondages et calculé selon la définition du BIT. Il mesure aussi le nombre de chômeurs, dont le chiffre diffère souvent de ceux de Pôle emploi, qui répertorie, chaque mois, le nombre de chômeurs à partir du nombre de personnes inscrites sur ses listes.


 Entreprises | Carine JANIN





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