Hollande s'attaque aux emplois vacants

Thème fétiche de l'ex-président de la République Nicolas Sarkozy, le chef de l'État a annoncé un plan d'urgence pour pourvoir 300 000 offres d'emploi.

Les "emplois vacants" ressurgissent : confronté à un chômage galopant, François Hollande a remis ce thème fétiche de Nicolas Sarkozy sur la table, en annonçant lors de la conférence sociale un plan d'urgence pour pourvoir "200 000 à 300 000" offres d'emploi qui ne trouveraient pas preneur, au grand scepticisme des syndicats. Alors que l'Insee table sur une poursuite de la hausse du chômage fin 2013, à contre-courant de l'objectif présidentiel, ce vaste chantier réjouit le patronat, mais laisse dubitatifs les syndicats, qui attendent de nouvelles mesures.

En dehors de ce plan d'urgence annoncé pour la fin de l'été, le Premier ministre devrait se contenter d'annoncer vendredi un effort de mobilisation des outils existants : emplois d'avenir (emplois subventionnés pour les jeunes pas ou peu qualifiés) et contrats de génération (4 000 euros par an pour l'embauche d'un jeune et le maintien d'un senior dans les entreprises de moins de 300 salariés). Le ministre du Travail Michel Sapin reconnaît manquer "de données objectives permettant d'évaluer l'intensité du problème" des emplois dits vacants, dont Nicolas Sarkozy avait fait, en vain, son cheval de bataille.

Laurence Parisot applaudit cette initiative

Les emplois vacants ou non pourvus, dont le nombre est en cours d'évaluation à la demande du gouvernement, doivent être maniés "avec précaution", "il est abusif de les assimiler a priori à des difficultés de recrutement", alertaient déjà en 2009 les deux spécialistes du sujet, Yannick Fondeur et Jean-Louis Zanda. "Il n'empêche, nous sommes tous tombés d'accord pour dire qu'il y a objectivement des emplois qui sont offerts par des entreprises qui ne trouvent pas de candidats qui ont la compétence nécessaire" et "il y a des demandeurs d'emploi qui cherchent", "la jonction entre les deux, c'est la vraie question", explique Michel Sapin. "Déficit de compétences, problèmes d'attractivité (dus souvent aux conditions de travail) ou encore de mobilité, il y a plusieurs raisons et on peut agir plus particulièrement sur les compétences, à travers la formation", expliquait-on au ministère du Travail.

La patronne du Medef Laurence Parisot a applaudi cette initiative, qui figure aussi parmi les recommandations de la CFDT, estimant avoir convaincu le président d'en faire une priorité. "Nous pourrions agir assez vite parce que nous connaissons la situation. Au premier trimestre 2013, nous avons repéré précisément 136 000 emplois" durables, a-t-elle expliqué. À l'opposé, Thierry Lepaon a dénoncé une "opération de communication". Selon le numéro un de la CGT, "l'idée qu'avance le Medef d'emplois disponibles vise à faire rentrer dans la tête des gens que les salariés aujourd'hui privés d'emploi n'ont pas envie de travailler, ce qui est une idée fausse".

Former rapidement les demandeurs d'emploi

Pour Jean-Claude Mailly, "il faut d'abord s'intéresser aux conditions de travail et de rémunération : par exemple, dans la restauration, les conditions font que vous avez des salariés qui hésitent à y aller ou qui ne pensent qu'à en partir". Un argument dénoncé comme "archifaux" par Laurence Parisot. Pour FO, les emplois vacants, idée rebattue "depuis 20 ans", sont de toute façon une goutte d'eau dans l'océan : "0,2 à 0,3 % des emplois, à mettre au regard des 36 millions de contrats qui sont signés chaque année" et des 5 millions d'inscrits à Pôle emploi.

Concrètement, François Hollande a évoqué "une action conjointe, État, Pôle emploi, régions, partenaires sociaux, organismes de formation et entreprises", pour former les demandeurs d'emploi "rapidement", n'excluant pas, par ailleurs, des "incitations financières" pour régler les problèmes de mobilité et d'écarts de salaires. Parmi les dispositifs existants, la préparation opérationnelle à l'emploi (POE, formation courte et sur mesure réservée aux chômeurs afin de les préparer à un poste ou des secteurs précis), opérationnelle depuis 2011, a été particulièrement évoquée à la conférence.

Mais, plébiscitée par les organisations patronales, la POE reste finalement peu utilisée : le Medef en espérait 60 000 en 2012, la moitié seulement a été réalisée. Le sujet devrait être au coeur des discussions des partenaires sociaux cet été, qui devront proposer à la rentrée au gouvernement des pistes pour réformer le système de la formation des chômeurs et salariés, dernière cartouche anti-chômage de François Hollande.

Avec AFP

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