La France compte cinq fois plus de chômeurs partiels qu’avant la crise de 2008

Depuis l’an dernier, l’industrie représente moins de la moitié des heures chômées, selon les dernières statistiques du ministère du Travail.

Faut-il y voir un signe encourageant ? Les dernières statistiques sur le chômage partiel, qui viennent d'être publiées par le ministère du Travail, montrent un ralentissement : 37,5 millions d'heures ont été demandées et autorisées par l'administration au premier trimestre de 2016. Quant aux heures consommées, elles s'élevaient en moyenne mensuelle à 6 millions utilisées par quelque 59.000 salariés au troisième trimestre de 2015, dont les données viennent aussi d'être publiées. C'est 100.000 heures de moins et 7.000 salariés de moins que le trimestre précédent.

Mais cette baisse masque une ­tendance de fond autrement plus importante : le chômage partiel a désormais gagné ses galons d'arme antilicenciements. Jusqu'à la crise des « subprimes » en 2008, il était utilisé au compte-gouttes par les employeurs : 1,8 million d'heures consommées par moins de 13.500 salariés seulement il y a huit ans.

Une mesure redynamisée

Le déclic a eu lieu à la fin de 2008. En novembre, Nicolas Sarkozy avait alors annoncé un assouplissement du recours au chômage technique et une forte revalorisation des indemnités versées aux salariés. S'ensuivit un bond dans l'utilisation de la mesure : au deuxième et au troisième trimestre de 2009, ce sont plus de 260.000 salariés par mois qui en bénéficiaient, pour un total de quelque 25 millions d'heures ­consommées chacun des trimestres. Cette envolée n'a pas duré, les effectifs ­concernés retombant en 2011 en moyenne chaque trimestre en dessous de 45.000 et le nombre d'heures en dessous de 3,5 millions.

Depuis début 2012, des mesures de simplification et de financement ont redynamisé la mesure. Résultat : si la France n'égale toujours pas l'Allemagne en la matière, sans revenir aux sommets de 2008, l'activité partielle s'est installée dans le paysage, avec, en moins de dix ans, une multiplication par cinq du nombre de salariés concernés, et par trois du nombre d'heures.

L'industrie y a moins recours

Et en changeant de dimension, le chômage partiel a aussi changé de physionomie. Le poids de l'industrie se réduit, à l'inverse du secteur de la construction (en particulier, le secteur des travaux publics) et des services principalement marchands. Au troisième trimestre de 2015, l'industrie ne représentait plus que 43 % des heures chômées au titre de l'activité partielle (contre 55 % un an plus tôt), tandis que la construction et les services principalement marchands constituaient désormais à eux deux 50 % des heures d'activité partielle consommées (contre 39 % un an plus tôt).


@leiladeco



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