Chômage : les voyants sont au vert pour l'emploi des cadres

Les recrutements augmentent de 10% sur le début de l'année 2016, selon une étude de l'Apec.

Ca redémarre sur le front de l'emploi. Dernier indice que le chômage régresse : les recrutements des cadres dans le secteur privé repartent à la hausse.

Une enquête réalisée auprès des entreprises par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) chiffre à 10% l'augmentation de ces recrutements sur l'ensemble de l'année 2016. Soit un total de 200.000 embauches contre 181.800 l'année dernière.

L'Apec observe ce phénomène alors même que la loi travail de la ministre Myriam El Khomri, destinée à accorder plus de souplesse aux entreprises pour favoriser à terme l'embauche, n'est pas encore définitivement adoptée.

Cette tendance devrait toutefois apporter un peu de baume à François Hollande qui a indexé sa candidature à l'élection présidentielle de 2017 sur une inversion de la courbe du chômage.

N'osant pas reprendre à son compte la formule du président de la République selon laquelle "ça va mieux", le directeur général de l'Apec, Jean-Marie Marx affirme que la "reprise des recrutements chez les cadres est confirmée" et constate une "croissance progressive".

40% des cadres embauchés sont des jeunes

Bien que l'Apec ne soit pas en capacité de mesurer "l'impact de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne sur l'économie française", trop récente, son directeur général considère que le redémarrage de l'emploi devrait être "suffisamment vigoureux" pour permettre une "décrue du chômage".

"L'effet du Brexit se traduira en 2017", estime Jean-Marie Marx.

Fin 2016, le nombre de demandeurs d'emploi devrait atteindre en France métropolitaine un taux égal à 9,5 % de la population active, soit 0,4 % de moins en un an. Contre 10,2 % actuellement.

Plusieurs raisons à cela : la chute des prix du pétrole, la baisse de l'euro par rapport aux autres devises, la faiblesse des taux d'intérêt bancaire et la reprise de la consommation des ménages.

Cette estimation, qui se situe dans le haut de la fourchette de prévisions de recrutements recueillies auprès d'un échantillon représentatif de 11 000 entreprises privées fin 2015, porte sur des recrutements en contrat à durée indéterminée ou en contrat à durée déterminée de plus d'un an.

"Dès lors où le couple croissance/investissement est à l'œuvre, le marché de l'emploi retrouve tout son dynamisme", constate le directeur du département Etudes et Recherche de l'Apec, Pierre Lamblin, le nez dans ses chiffres statistiques et ses graphiques.

"Les entreprises retrouvent leur taux de marge de manœuvres pour investir d'avant la crise de 2008", souligne Jean-Marie Marx. Ceci est dû à la mise en œuvre en novembre 2012 du Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi, d'un montant de 41 milliards d'euros sur cinq ans.

A cela s'ajoute les aides à l'embauche dans les très petites et moyennes entreprises (TPE-PME). Ce système permet à toute entreprise ou association de moins de 250 salariés qui embauche une personne rémunérée jusqu'à hauteur de 1.900 euros brut par mois, de bénéficier durant les deux premières années du contrat, d'une prime trimestrielle de 500 euros. Soit 4.000 euros au total.

L'Apec indique que sur les 200.000 embauches de cadres, 40% sont des jeunes, trentenaires pour la plupart, à la recherche d'un premier emploi ou sortant d'une période de chômage. Elle prédit par ailleurs une "accélération" de la tendance des recrutements l'année prochaine, tous âges confondus, les chiffrant à 212.600 et en 2018.


Denis Demonpion



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