Le chômage de longue durée touche plus de 1,2 million de personnes

Près d’un chômeur sur deux n’a pas travaillé une seule heure depuis plus d’un an, selon l’Insee. Le chômage de longue durée s’enracine et pourrait ne pas baisser malgré la reprise.

Ce sont des chiffres impressionnants, qui donnent une idée de l'impact de la crise sur les Français. En moyenne, en 2015, un peu plus de 1,2 million de personnes était au chômage depuis plus d'un an, estime l'Insee dans sa photographie du marché du travail l'an passé. Pour mémoire, au quatrième trimestre 2008, l'Hexagone ne comptait alors « que » 678.000 chômeurs de longue durée.

Certes, tout n'est pas noir puisque le taux de chômage s'est stabilisé en 2015 et qu'il touchait 10 % de la population active l'année dernière, soit 2,9 millions de personnes au sens du Bureau international du travail (BIT). Il n'en reste pas moins que la progression du nombre de personnes à la recherche d'un emploi depuis plus d'un an est rapide. La hausse atteint 80 % depuis la fin 2008. Or, le nombre total de chômeurs a, lui, progressé de 38 % sur la même période. C'est donc bien la preuve que l a crise a plus pesé sur les chômeurs de longue durée .

Les moins diplômés sont plus touchés

De son côté, Pôle emploi recensait environ 2,5 millions de chômeurs de longue durée à la fin 2015. Mais ce chiffre correspond aux chômeurs de catégorie A, B et C. Il s'agit de personnes qui peuvent avoir travaillé dans le mois, à temps partiel. Les chiffres de l'Insee sont, eux, déclaratifs. Sont considérés comme chômeurs de longue durée les personnes de plus de 15 ans, disponibles pour travailler dans les deux semaines à venir, qui ont effectué une recherche active d'emploi au cours du mois dernier et déclarent ne pas avoir travaillé au cours de la dernière année.

Selon la définition de l'Insee, en 2015, près d'un chômeur sur deux était sans emploi depuis plus d'un an. Quant aux chômeurs de plus de deux ans, ils étaient 631.000 en moyenne, soit près d'un quart de tous les chômeurs recensés par l'Insee cette année-là. Près d'un tiers d'entre eux avaient plus de 50 ans. Et les moins diplômés sont plus touchés. « Un peu moins de la moitié des chômeurs non diplômés ou ayant le brevet est au chômage depuis un an ou plus, contre à peine un tiers parmi les titulaires d'un diplôme supérieur ou égal à bac +2 », expliquent les auteurs de l'étude. Le problème, c'est que ces personnes perdent leurs compétences avec le temps. Ce qui risque de peser sur leur productivité à terme et, donc, sur la croissance potentielle de la France.

Ceux qui ont le plus de mal à sortir du chômage

Il existe une autre difficulté : malgré la reprise qui se profile cette année, il est possible que le chômage de longue durée ne baisse pas dans un premier temps. « Plus une personne est entrée récemment dans le chômage, plus elle retrouve facilement un emploi, explique Simon Beck, économiste à l'Insee. Donc, quand l'activité économique repart, ce sont les chômeurs récents qui retrouvent du travail en premier. Les personnes sans emploi depuis plus d'un an sont celles qui ont le plus de mal à sortir du chômage. » D'où le risque de voir certaines personnes exclues quasi définitivement du marché du travail.


GUILLAUME DE CALIGNON






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