Le chômage tue "10.000 à 14.000" personnes par an en France

Le rapport présenté au Conseil économique, social et environnemental dresse un bilan alarmant de la santé des demandeurs d'emplois.

"Le chômage est désormais un problème majeur de santé publique". Au même titre que le tabac ou l'abus d'alcool, le chômage tue. La conclusion-choc du Conseil économique, social et environnemental est tombée ce mardi 10 mai, dans le projet d'avis présenté par Jacqueline Farache, du groupe CGT.

Le document dresse le bilan alarmant de la santé des demandeurs d'emploi en France. Alors que leur nombre est de plus en plus préoccupant - 5,76 millions déclarés par Pôle Emploi - le rapport présenté au Cese parle de "10.000 à 14.000 décès par an imputables au chômage en France". Cette situation économique favoriserait les maladies chroniques, l'hypertension, la rechute des cancers... Et "la mobilisation collective est quasi inexistante", déplorent les auteurs du projet d'avis qui ont travaillé sur une étude de l'Inserm. D'autres travaux confirment cela : "Des études internationales (...) font état d'un risque de surmortalité multiplié par trois, soit un effet comparable à celui du tabagisme".

Prendre en charge la santé des chômeurs comme celle des travailleurs

Une autre étude récente (Inserm, assurance-maladie et assurance vieillesse) met en évidence l'état sanitaire général "dégradé" des demandeurs d'emploi : les chômeurs et les chômeuses déclarent respectivement 2,32 et 1,71 fois plus fréquemment un "mauvais état de santé". Ils sont aussi plus sensibles aux risques de dépression et de suicides : "Pour une augmentation de 10% du taux de chômage, le taux de suicide tous sexes confondus augmente significativement de 1,5%." Le taux de chômage a augmenté en France de 47% depuis 2008.

Au-delà de ses effets sur la santé, le chômage a aussi un impact social, qui "touche le couple, les enfants et l'avenir même de la cellule familiale". Le document cite ainsi une étude de 2004, selon laquelle le chômage des parents diminuerait "de 12 points la probabilité d'obtention du baccalauréat" par les enfants. "Le chômage a également un impact sur la stabilité de la vie familiale car il augmente les risques de séparation", selon les auteurs du projet d'avis qui regrettent que les conséquences du chômage soient "largement sous-évaluées".

L'équipe rédactrice recommande ainsi un certain nombre de mesures pour améliorer l'image des chômeurs comme "inscrire la précarité sociale parmi les critères de discrimination prohibés par la loi", ou lancer une "campagne d'information et de sensibilisation". Enfin, le projet d'avis préconise de mieux étudier les effets du chômage sur la santé et de mieux accompagner les personnes sans emploi en organisant notamment des séances de "soutien psychologique" et en leur faisant passer un "premier bilan médical dès le premier entretien" à Pôle emploi.

MICHAEL DUCOUSSO

A LIRE AUSSI :

>> En France, plus de 10.000 décès par an liés au chômage | Les Echos | 10/05/2016

>> Le bilan alarmant des conséquences du chômage sur la santé | Le Huffington Post | 10/05/2016

>> Le chômage, un « problème majeur de santé publique » | Ouest-France | 10/05/2016

>> Santé, moral, famille : les néfastes conséquences du chômage | France Info | 10/05/2016




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