Le Medef menace de suspendre les négociations Unédic pour peser sur la loi travail

Pierre Gattaz a indiqué qu'il pourrait pourrait interrompre les négociations sur l'assurance chômage dans trois semaines si ses revendications sur la loi El Khomri ne sont pas entendues.

"Si rien ne bouge" d'ici la fin de l'examen du projet de loi Travail à l'Assemblée nationale mi-mai, le Medef demandera "la suspension des négociations d'assurance chômage" dans le cadre de l'Unédic, a déclaré le président du Medef Pierre Gattaz lors de la conférence mensuelle de l'organisation patronale mardi 19 avril. "Il n'est plus question aujourd'hui de continuer à faire semblant, à négocier dans une logique absurde de donnant-donnant, qui n'a mené depuis 30 ans qu'à plus de complexité, de rigidité et de coût pour les entreprises, et plus de chômage durablement élevé pour les concitoyens", a estimé Pierre Gattaz.

Concernant la loi El Khomri, le patron des patrons réclame le retrait du compte personnel d'activité (CPA), de la surtaxation obligatoire des CDD et du mandatement pour les petites entreprises sans représentation du personnel, qui devront négocier avec des salariés mandatés par un syndicat.

Le président du Medef avait déjà appelé les députés à abandonner "la culture du compromis chère à certains syndicats", en arrêtant le "donnant-donnant" alors que les parlementaires se saisiront du texte du 3 au 12 mai. "Il faut arrêter le 'donnant-donnant', le 'Je donne ça aux TPE, aux PME, mais par contre je vais donner ça aux syndicats pour qu'ils soient contents'. Ca, ce n'est plus possible", avait lancé le dirigeant du Medef le 10 avril. "En général ce qu'on donne nous, c'est des cotisations patronales en plus, c'est de la complexité en plus qu'on subit, c'est des droits supplémentaires qu'on donne, donc ce sont des devoirs pour les entreprises", avait-il dénoncé.

Lors de son passage devant la Commission des affaires sociales, la loi travail été modifiée par plusieurs amendements plutôt favorables aux salariés. Ainsi, le texte qui sera examiné dans l’Hémicycle le mois prochain accorde de nouveaux droits sociaux aux travailleurs de l'économie collaborative, ouvre le compte personnel d'activité (CPA) aux retraités, confirme le principe des 11 heures de repos quotidien, avance l'entrée en vigueur du "droit à la déconnexion" d'un an (1er janvier 201) et permet explicitement aux salariés de prendre leurs congés "dès leur embauche", en assouplissant les effets de la période de référence. "On est loin de l'ambition initiale du texte qui était de relancer l'emploi et de simplifier le Code du travail. On est en pleine folie législative", avait alors réagit le président du Medef.

Par ailleurs, les partenaires sociaux négocient depuis le 22 février une nouvelle convention pour l'Unédic, le gestionnaire de l'assurance chômage, qui doit entrer en vigueur cet été alors que sa dette s'alourdit. L'assurance chômage est endettée depuis le début des années 2000 et elle n'a pas enregistré d'excédent depuis 2008. La dette de l'Unédic devrait atteindre 30 milliards d'euros en 2016, selon des prévisions revues à la hausse en février.

L'assurance chômage est financée par les cotisations des entreprises (4% du salaire brut) et des salariés (2,4%) qui représentent environ 34 milliards d'euros annuels. Mais les dépenses tournent autour de 38 milliards. D'où un déficit d'environ 4 milliards par an. Ce déficit devrait s'élever à 4,2 milliards d'euros en fin d'année.

Prévisions de l'Unédic : chômeurs indemnisés (variation sur la période en milliers), déficit et endettement de l'Unédic pour 2015 et prévisions 2016, 2017 (en milliards d'euros) ( FH / SIM I. DE VÉRICOURT / F.HUGON / AFP / )





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