Discriminations à l'embauche : le gouvernement lance une campagne de sensibilisation

C'est un phénomène qui ne change pas. 85% des demandeurs d'emploi estiment que les discriminations à l'embauche sont fréquentes, un sur trois dit en avoir déjà été victimes. Le gouvernement lance aujourd'hui une campagne de communication, à grand renfort d'affiches dans le métro.

Le constat est malheureusement le même d'une année sur l'autre. Dans l'entreprise, les discriminations sont légion. Que l'on y travaille déjà, ou que l'on soit demandeurs d'emploi, c'est une réalité. Selon le baromètre du Défenseur des droits et de l'Organisation internationale du travail 85% des demandeurs d'emploi estiment que ces discriminations sont fréquentes, exacerbées par le crise et le chômage. Un sur trois dit en avoir déjà été victime.

Mieux vaut ne pas être vieux, d'origine étrangère ou issu des quartiers

Le critère de l'âge est considéré comme le plus discriminant (88%), puis il y a la maternité (85%) et le fait d'avoir des enfants (50%), l'apparence physique (81%), suivis des discriminations qui concernent l'origine ou la couleur de la peau. Pour près de deux tiers des demandeurs d’emploi, avoir un nom à consonance étrangère (66%) ou être de nationalité étrangère (66%) peut engendrer une discrimination, tout comme le fait d’avoir un accent étranger (64%) ou d’être une personne de couleur (62%). A la suite d'une discrimination à l'embauche, quatre personnes sont dix ont laissé tomber leurs recherches d'emploi.

Des mesures jusqu'ici peu efficaces

Cette campagne de sensibilisation lancée ce lundi n'est pas la première du genre. L'an dernier à la même époque, l'ancien ministre du Travail, François Rebsamen, a présenté un plan de lutte. Il abandonnait le CV anonyme, contre l'avis d'associations comme la Maison des Potes. Il prévoyait de mettre en place des conseillers "entreprises" chez Pôle Emploi pour expliquer aux recruteurs comment ne pas discriminer. Il annonçait enfin une grande campagne de testing. Lancée au début du mois d'avril, on en connaîtra les résultats cet automne, mais certains regrettent déjà que les noms des entreprises épinglées ne soient pas rendus publics.

Parmi les autres pistes avancées par l'actuelle ministre du Travail : promouvoir l'auto-testing dans les entreprises pour qu'elles vérifient leurs bonnes pratiques (le groupe Casino l'a déjà mis en place), fournir des guides et des outils de ces bonnes pratiques , ou encore valoriser d'autres méthodes de recrutement (sans CV, avec le CV vidéo, via des salons en ligne).

Côté judiciaire cette fois, les choses semblent avancer. La loi Justice du 21e siècle prévoit d'autoriser les actions de groupe dans les cas de discrimination à l'emploi. Le texte déjà voté en première lecture à l'Assemblée nationale doit passer prochainement au Sénat. Cela doit permettre des actions collectives, contre les entreprises.


Faustine Calmel

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>> CV anonyme, class actions : des mesures contre la discrimination à l’embauche qui font débat | Les Echos - MARIE BELLAN | 18/04/2016

 


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