Ces présidents de région qui n'aideront pas Hollande à lutter contre le chômage

Dans son plan d'urgence dévoilé lundi 18 janvier, le chef de l'Etat compte sur les présidents des grandes régions pour lutter contre le chômage. Mais la plupart d’entre eux ont déjà déclaré forfait.

François Hollande compte sur les grandes régions issues de sa réforme territoriale pour mener la bataille contre le chômage au plus près des bassins d’emploi. Financement de 500.000 formations, relance de l’apprentissage ou régionalisation de Pôle Emploi...

"Le gouvernement est prêt à faciliter toutes les expérimentations", a déclaré le chef de l’Etat en présentant son "plan d’urgence". Dans ce but, il a prévu de réunir les présidents des conseils régionaux à l’Elysée, au début du mois de février. Problème : la plupart d’entre eux ont déjà déclaré forfait...

 

Les tire-au-flanc

 

"Nous ne sommes pas les sous-traitants du gouvernement", proteste Laurent Wauquiez (LR, Auvergne-Rhône-Alpes). "Je ne financerai pas des voies de garage pour faire baisser la statistique", surenchérit Bruno Retailleau (LR, Pays de la Loire). Le centriste Hervé Morin (Normandie) est du même avis.

Christian Estrosi (LR, Paca) est aussi hostile : "Formation = compétence exclusive des régions, alors que nos dotations baissent. Le gouvernement veut que nous cofinancions son inversion artificielle de la courbe du chômage."

La revendicatrice



Après avoir été reçue par Valls, Valérie Pécresse, (LR, Ile-de-France) s’est dit "prête à faire davantage en matière d’emploi". Mais l’élue "y met des conditions". Elle exige que l’Etat finance le pass Navigo à tarif unique décidé par ses prédécesseurs socialistes. "Si je n’ai pas ces 300 millions, je vais être obligée de supprimer des crédits", a-t-elle précisé. Un chantage ?

Les bosseurs

Xavier Bertrand

"Si l’État peut nous aider, je me moque de la couleur politique du gouvernement" : Xavier Bertrand (Nord-Pas-de-Calais- Picardie) n’a pas oublié qu’il avait été élu grâce aux voix de la gauche. "Je vais mettre plus de moyens sur l’opération 'proche emploi' [la nouvelle plateforme téléphonique rapprochant employeurs et chômeurs, NDLR] et sur l’apprentissage", a promis Bertrand.

Sur cette ligne pragmatique, Philippe Richert, (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine) a demandé à Manuel Valls davantage de pouvoir pour lutter contre le chômage.

Les obéissants

Alain Rousset

Les socialistes Alain Rousset (Aquitaine), Marie-Guite Dufay (Bourgogne- Franche-Comté), Carole Delga (Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées), François Bonneau (Centre-Val de Loire) et Le Drian (Bretagne) financeront l’effort de formation des chômeurs, soutiendront l’apprentissage et expérimenteront la "régionalisation" de Pôle Emploi.


Sylvain Courage





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