Thibault Lanxade (Medef): "Les syndicats de salariés se foutent éperdument des chômeurs"

Le vice-président du Medef était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce vendredi, au lendemain des annonces de François Hollande en faveur de l'emploi, lors de ses vœux aux Français. Si les annonces vont dans le bon sens, selon Thibault Lanxade, il craint qu'elles n'arrivent que trop tardivement.

François Hollande l'a assuré lors de ses vœux aux Français, jeudi soir : "La lutte contre le chômage reste [sa] priorité". Ça tombe, bien, c'est aussi celle des Français pour cette année 2016 qui commence. Le Chef de l’État a annoncé le lancement d’un "plan massif de formation des demandeurs d’emploi", avec notamment de "nouvelles aides à l'embauche" dans les PME.

Invité ce jeudi de Jean-Jacques Bourdin, le vice-président du Medef, Thibault Lanxade, a réagi à ces annonces. "Toutes les annonces faites par le président de la République vont dans la bonne direction. Après c'est une question d'intensité des mesures. Elle en est où la réforme du code du travail ?", interroge-t-il. Le représentant du patronat est resté sur sa faim, et déplore qu'on "ne touche pas à la durée légale du temps de travail ni à la flexibilité des contrats". "Qu'est-ce qu'on va réformer, alors ? Pas grand-chose et ça va prendre deux ans. Pourtant l'urgence est là".

"L'apprentissage, on en parle depuis combien de temps ?"

Thibault Lanxade a également réagi à la promesse de François Hollande "d'ouvrir largement les filières de l'apprentissage". "Je fixe l’objectif qu’aucun apprenti ne demeure sans employeur et qu’aucun employeur ne demeure sans apprenti", a annoncé le président de la République". "Évidemment l'apprentissage est le meilleur moyen pour résoudre le chômage des jeunes, soutient le vice-président du Medef. Mais l'apprentissage, on en parle depuis combien de temps ? Or, il faut y associer l'entreprise, les centres de formation et puis l’Éducation nationale, et cela ne va pas se faire du jour au lendemain".

"Le niveau du Smic est trop important"

Enfin, Thibault Lanxade a approuvé la proposition que Jacques Attali a détaillée jeudi matin sur RMC et BFMTV : "Si un chômeur est engagé par une entreprise, il doit avoir le salaire légal. Mais l'entreprise elle-même doit être reconnue comme faisant une activité de formation donc elle ne doit payer que 80% du Smic et les 20% doivent être pris dans les fonds gaspillés par les partenaires sociaux de la formation permanente".

"Tout l'argent de la formation professionnelle est totalement centré sur les salariés et pas sur les chômeurs, et nous au Medef nous demandons qu'une partie de cet argent serve à l'employabilité des chômeurs", abonde le vice-président du Medef. "Mais là on touche à un tabou: le niveau du Smic qui est trop important, notamment sur des personnels qui sont très éloignés de l'emploi", poursuit Thibault Lanxade, regrettant que, selon lui, "les syndicats de salariés se foutent éperdument des chômeurs. Ils défendent leurs clients, c’est-à-dire les salariés".

Par Philippe Gril avec JJ. Bourdin



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