Le chômage au plus haut, l'économie française dans la tourmente

Le taux de chômage atteint désormais 10,4%, selon l'Insee. Croissance, consommation, pouvoir d'achat, investissement : tout est en baisse. L'économie hexagonale est prise dans un cercle vicieux.

Semaine après semaine, mois après mois, tous les indicateurs économiques se suivent et, hélas, se ressemblent. Chômage galopant, économie en récession, consommation en berne, pouvoir d'achat au plus bas… Alors que le taux de chômage continue d'enfler, selon les chiffres de l'Insee publiés jeudi 6 juin, francetv info fait le tour des principaux chiffres qui prouvent que l'économie française est en pleine tourmente

• Le nombre de chômeurs au plus haut depuis 1997
Le chômage, donc, continue de grimper. Selon les chiffres du ministère du Travail, la France compte chaque jour environ mille demandeurs d'emploi de plus que la veille. Le nombre de chômeurs en catégorie A est au plus haut depuis 1997. Conséquence directe : le taux de chômage a encore augmenté au premier trimestre 2013, pour toucher 10,4% de la population active en France métropolitaine, d'après les dernières statistiques de l'Insee, publiées jeudi 6 juin. Soit une augmentation de 0,2 point par rapport au trimestre précédent.

Le temps où le taux de chômage s'établissait à 7,5%, au premier trimestre 2008, semble loin. Et surtout, les prévisions ne sont guère optimistes. Pour l'OCDE, le chômage devrait continuer de grimper jusqu'à la fin 2014, pour toucher 11,5% de la population active.


• L'économie replonge en récession

Après un recul de la croissance de 0,2% au 4e trimestre 2012, et de 0,2% à nouveau au 1er trimestre 2013, la France est officiellement retombée en récession, selon les derniers chiffres de l'Insee. Une première depuis 2009.

Et pour l'instant, aucune embellie n'est prévue à court terme : même si le gouvernement maintient une prévision de croissance de 0,1% pour 2013, la plupart des organismes et institutions prévoient un recul du PIB français cette année. Avec, pour principale conséquence, de nouvelles destructions d'emplois, et donc une poursuite de la hausse du chômage.


• Le pouvoir d'achat recule

Si la consommation des ménages fléchit, c'est parce que leur revenu disponible se contracte. En 2012, et pour la première fois depuis 1984, le pouvoir d'achat des ménages français a en effet reculé (-0,9%).

Une baisse qui s'explique, selon l'Insee, par la forte hausse des impôts (+10% en 2012, après +6,6% en 2011), elle-même justifiée par la politique de redressement des finances publiques. Autre explication : l'inflation, puisque, toujours selon l'Insee, les prix à la consommation ont augmenté de 0,7% en 2012.


• La consommation des ménages baisse

Si la production française est atone, c'est surtout parce que la demande l'est également. A l'exception d'un rebond au mois de mars (+1,3%), les dépenses de consommation des ménages ont reculé de 0,5% en janvier, de 0,3% en février et de 0,3% en avril. Quand le moteur est en panne, difficile pour l'économie d'avancer…


• Les exportations se dégradent

Non seulement la consommation des ménages recule, mais les exportations sont, elles aussi, dans le rouge. Cela signifie que les entreprises françaises vendent de moins en moins à l'étranger. Après un recul de 0,7% fin 2012, les exportations ont encore chuté de 0,5% début 2013.


• Les entreprises n'investissent plus

Conséquence du ralentissement de la consommation et de la récession, l'investissement est en chute libre. Au premier trimestre 2013, il s'est replié de 0,8% pour les entreprises. Selon l'Insee, les patrons de l'industrie manufacturière anticipent une baisse de 4% de leur investissement pour 2013.

"L'incertitude persistante dans une zone euro en récession ne crée pas un climat de confiance propice à pousser les entreprises à investir, souligne le journal Les Echos. Sans investissement, pas d'innovation et sans innovation, pas de montée en gamme de l'industrie. Or c'est bien là le point faible de la France."


Bastien Hugues



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