Plusieurs centaines de personnes manifestent contre le chômage à Paris

Alors que le chômage est reparti à la hausse en octobre, des centaines de personnes ont défilé pour protester contre la politique du gouvernement.

Ils étaient plusieurs centaines de personnes à battre le pavé parisien pour manifester "contre le chômage et la précarité" et "pour la justice sociale". Cette manifestation était organisée par quatre associations de chômeurs (AC!, Apeis, CGT-Chômeurs et MNCP) et soutenue par d'autres organisations et des partis politiques (Attac, Droit au logement, EELV, NPA, PCF, Parti de gauche...). Les chiffres varient : 650 personnes selon la police, 1 500 selon les organisateurs.

Rassemblés place de Stalingrad (10e arrondissement), aux abords de laquelle les forces de l'ordre étaient nombreuses et les stations de métro fermées, ils se sont mis en route vers 15 heures pour rejoindre la place de Clichy (18e). Un petit groupe de jeunes écologistes, affublés de perruques roses et de tambours, fermait le cortège avec des pancartes mettant en parallèle les luttes : "mêmes coupables, mêmes luttes", "l'austérité est climaticide", "changer le système, pas le climat". Les protestataires, arborant parfois sur leurs vêtements des autocollants "Hollande, l'autre pays du chômage", scandaient notamment "Cho-cho-cho-chômage ras le bol".

"Malheureusement, on est inaudibles..."

Parmi leurs revendications : la revalorisation des indemnisations, le "libre-choix de son emploi", l'accès à la formation professionnelle, les transports gratuits pour les chômeurs. "Un emploi, c'est un droit, un revenu, c'est un dû", a lancé une militante au micro avant que le cortège ne s'ébranle. "Temps, travail, argent : changeons les règles", proclamait une grande banderole jaune du MNCP (chômeurs et précaires). Une autre, de l'Apeis, décrétait "l'état d'urgences sociales". "Chômage, précarité ne cessent de grandir, c'est insupportable", s'indigne Jean-Paul, un retraité de 63 ans venu de Clermont-Ferrand. "On ne peut pas rester inactifs", juge-t-il, ajoutant aussitôt: "Malheureusement, on est inaudibles..."

L'annonce mardi de la reconduction de la prime de Noël, versée à plus de deux millions de foyers aux revenus modestes, n'a pas calmé le mécontentement. Cette prime restera inchangée à "un peu plus de 150 euros pour une personne seule et un peu plus de 320 euros pour un couple avec deux enfants", avait précisé le Premier ministre Manuel Valls. Avec son seul RSA, Carole-Anne, militante du MNCP de 52 ans, explique "être dans la misère". "Je ne peux pas me payer le chauffage", souligne cette ancienne animatrice socioculturelle, au chômage depuis 2012.

Après un net repli en septembre, le chômage a connu en octobre sa plus forte hausse depuis 2013, avec 42 000 demandeurs d'emploi supplémentaires sans aucune activité, pour atteindre le niveau record de 3,59 millions en France métropolitaine. Selon l'Insee, le taux de chômage a atteint au troisième trimestre 10,2 % de la population active, le plus haut niveau depuis dix-huit ans.


Source AFP





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