Emploi : l’embellie sera moins belle qu’attendu

Toujours mieux, mais moins bien que prévu. Ainsi va la timide reprise de l’emploi en France. Selon les derniers chiffres de l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss, la banque de la Sécu) publiés mercredi matin, le rythme des recrutements ralentit. Et ce, malgré la timide reprise de l’économie.

Au troisième trimestre 2015, le nombre de déclarations d’embauche de plus d’un mois (hors intérim) n’a ainsi progressé que de 0,5 %, contre 1 % au cours du trimestre précédent, et surtout 2 % sur les trois premiers mois de l’année. Soit une division par quatre depuis le début de l’année. Sur un an, cependant, ce chiffre reste en nette progression (+ 3,7 %), même s’il constitue un rattrapage par rapport à un troisième trimestre 2014 particulièrement mauvais (- 2,4 %). Dans le détail, la hausse au troisième trimestre concerne surtout les CDI (+ 1,4 %), tandis que les recrutements en CDD reculent légèrement (- 0,1 %).

Ces déclarations d’embauche sont également contrastées en fonction de la taille des entreprises et des secteurs économiques. Alors que les boîtes de plus de vingt salariés connaissent une hausse des recrutements de 2,8 %, les très petites entreprises (TPE) reculent (- 2,5 %). De même, si la construction (+ 1,2 %) et le tertiaire (+ 1 %) progressent, l’industrie est proche de la stagnation (+ 0,3 %).

Dans la même veine, l’Union nationale pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (Unédic) est venue tempérer, mardi soir, les prévisions de baisse du chômage. Certes, Pôle Emploi devrait enregistrer 8 900 inscrits en moins en catégorie A (sans aucune activité) d’ici la fin de l’année, et + 62 000 sur l’ensemble de 2015. Mais, à la mi-juin, le même organisme, qui table sur une croissance de l’économie de 1,2 % cette année, anticipait une hausse de 12 000 chômeurs seulement en 2015.

Même chose pour 2016 : l’Unédic, sur la base d’une croissance de 1,5 %, s’attend à une baisse du nombre de demandeurs d’emploi de 51 000, contre - 68 000 dans ses prévisions de la mi-juin. Soit une diminution moyenne de 4 250 chômeurs par mois. Aussi faible soit-elle, il s’agirait cependant de la plus forte baisse depuis le début de la crise. Au sens du Bureau international du travail (BIT), le taux de chômage passerait de 10 % de la population active fin 2015 à 9,7 % fin 2016.

Autre écueil, enfin : le gestionnaire de l’assurance chômage prévoit toujours une hausse du nombre de demandeurs d’emploi en activité réduite (catégories B et C) : + 166 000 cette année, avant + 49 000 en 2016. Ou comment le chômage reculerait en parallèle d’une montée de la précarité.


Luc Peillon



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