Chômage : François Hollande annonce 150 000 formations prioritaires

Alors que le chômage a atteint un nouveau record en août dernier avec 3,57 millions de chômeurs en métropole, François Hollande a annoncé ce matin un plan de formations prioritaires pour 150 000 chômeurs.

A l’issue de la conférence sociale, François Hollande a annoncé ce matin poursuivre le plan de formations prioritaires initié en 2013. 150 000 demandeurs d’emplois seront concernés en 2016 contre 115 000 l’année dernière. Un plan « davantage tourné vers les chômeurs de longue durée, les seniors et vers les jeunes », selon le chef de l’Etat.

« Une idée pas mauvaise mais qui reste assez vague » pour la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann : « la question est de savoir est-ce que le demandeur d’emploi sera associé au choix de cette formation ? Et quelles seront les débouchés de ces formations ? » s’interroge l’ancienne ministre du Logement. Pour l’économiste du Think Tank libéral Fondapol Robin Rivaton, trois secteurs sont concernés par ces formations prioritaires : le commerce, l’industrie et les transports logistiques. Et les résultats sont plutôt positifs, il rappelle que pour l’année 2014, 57% des bénéficiaires de ces formations avaient retrouvé un travail dont 42% un contrat longue durée.

Une piste qui va dans le bon sens donc mais qui selon l’économiste « ne peuvent résoudre les problèmes structurels du chômage dans ce pays, cela ne touche que des petits segments de la population ». Un avis partagé par le président (LR) de la commission des affaires sociales au Sénat, Alain Milon, pour qui les vrais leviers de la lutte contre le chômage de masse sont à chercher dans la réforme du code du travail, ou encore la baisse des coûts qui pèsent sur la production ». Même si le sénateur Les Républicains concède que le gouvernement a « de bonnes idées, comme le nouveau compte personnel d’activité, mais qui va coûter cher à mettre en place ».

Qui dit formation prioritaire dit aussi emplois non pourvus. Mais voilà en France il est très difficile d’en connaître précisément le nombre. Le président du MEDEF, Pierre Gattaz, a parlé aujourd’hui de 350 000 emplois non pourvus, les mêmes chiffres qu’avait annoncés l’ancien ministre du Travail François Rebsamen l’année dernière. Mais voilà une étude du Conseil d’orientation pour l’emploi, organe placé auprès du Premier ministre, tablait en 2013 sur 800 000 emplois vacants.

C’est la raison pour laquelle le sénateur (EELV) Jean Desessard a fait adopter une résolution en avril dernier intitulé « pour un guide de pilotage statistique pour l'emploi ». « Nous n’avons pas d’analyse sérieuse sur le sujet. Nous avons besoin d’un guide de pilotage statistiques On ne sait pas actuellement lorsqu’un emploi ne trouve pas preneur si c’est parce que le candidat n’est pas assez qualifié, trop qualifié ou encore si les conditions de travail sont défavorables comme un salaire excessivement bas », note Jean Desessard. Le sénateur écologiste propose un référencement au niveau local et national des offres d'emploi non pourvus ainsi que leurs causes. Il aimerait qu’il prenne la forme d’un portail informatique rattaché au site de Pôle emploi ou du ministère du Travail.


 Simon Barbarit



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