Lutte contre le chômage: pour le Cese, le "choc de compétitivité" a fait pschitt

Un rapport du Conseil économique, social et environnemental pointe les effets décevants du Crédit d'impôt compétitivité et emploi (CICE), "mal ciblé", et qui ne "favoriserait pas nécessairement la création d'emplois".

Le CICE en prend pour son grade dans le projet de rapport sur l'état de la France en 2015 du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Pour expliquer le taux de chômage élevé, à 10% en métropole, le Cese pointe "des effets décevants du Crédit d'impôt compétitivité et emploi, par ailleurs mal ciblé, qui n'aurait pour effet que de sauver des emplois dans un premier temps et ne favoriserait pas nécessairement la création d'emplois, un contexte encore très incertain sur le terrain de la croissance, et l'existence de sureffectifs dans les entreprises (230.000 selon l'OFCE en 2014)".

"La fragile reprise que connaît la France s'appuie avant tout sur des facteurs extérieurs, alors que les effets attendus des mesures telles que le CICE ou le pacte de responsabilité tardent à se faire sentir. Elle reste fragile, car le chômage demeure massif et l'investissement peine à reprendre", estime le Cese.

Evaluer toutes les politiques de lutte contre le chômage

Dans son rapport soumis au vote ce mercredi, le Cese recommande "une évaluation complète des politiques mises en oeuvre en matière de lutte contre le chômage (nombre d'emplois crées ou sauvés, pérennité de ces emplois, coûts pour les finances publiques, impact sur la compétitivité et le commerce extérieur, financement des organismes sociaux, etc)". Il propose par ailleurs de "renforcer les prérogatives du Parlement en la matière, en le dotant de moyens d'investigation et de contrôle renforcés".

Etant donné que la croissance "constitue une condition indispensable mais pas suffisante pour créer de l'emploi", le Cese estime par ailleurs que la relance d'une croissance "respectueuse de l'environnement" et la baisse du chômage doivent "constituer les objectifs centraux des politiques macro-économiques".


Pour lui, la Banque centrale européenne devrait aussi "avoir mandat de collaborer à l'objectif de soutien à la croissance et lutte contre le chômage". Parmi les autres recommandations, il "invite le législateur à réfléchir à un mécanisme de partage équitable de la valeur ajoutée entre salaires, dividendes et investissements", et à "favoriser l'accès au crédit des PME et TPE qui pâtit d'une demande de crédit faible, mais aussi d'une frilosité des banques qui décourage les entreprises".






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