Agir autrement pour l'emploi

Si la nomination de Myriam El Khomri, dont le parcours n'est pas marqué par l'ENA, au poste de ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social démontre une volonté d'ouverture, nous espérons qu'elle saura faire preuve d'audace pour initier un nouveau modèle social. Nous aspirons à la confiance avec les entrepreneurs en impulsant un environnement législatif stable et propice au développement de l'emploi sur nos territoires.

Dans cette perspective de l'emploi, le Centre des jeunes dirigeants d'entreprise (CJD) propose deux axes de travail que ses 4.500 adhérents souhaitent expérimenter dans leurs entreprises. Le premier concerne l'aide à l'embauche et l'emploi durable. Les nombreux freins à l'embauche rencontrés par les entreprises (effets de seuil, complexité du Code du travail, charges élevées, etc.) et les problèmes de trésorerie et d'accès au crédit bancaire n'incitent pas les dirigeants à recruter. Afin d'inverser ces tendances et de faciliter l'accès au crédit tout en favorisant l'emploi et l'innovation, le CJD propose que toute nouvelle embauche en CDI permette l'obtention, pour l'entreprise, d'un prêt bancaire, sur simple demande et avec une garantie de la BPI, et pour un montant correspondant au coût équivalent à une année d'indemnités de chômage.

Economies substantielles pour l'Unédic, retour à l'emploi pour les demandeurs et facilités de trésorerie pour les entreprises, une équation gagnante pour tous !

Le deuxième axe concerne l'adéquation formation-compétences requises. L'inadéquation entre les formations proposées et les qualifications recherchées par les entreprises ne cesse de se creuser. Pour y remédier, le CJD propose de cocréer ou de soutenir la création d'un ou de plusieurs organismes de formation spécifiques permettant aux demandeurs d'emploi d'acquérir les connaissances et les compétences requises dans les métiers en pénurie de main-d'oeuvre. Cette formation serait financée en partie par les entreprises, qui économiseraient des frais de recrutement, et en partie par l'Etat (l'indemnité Pôle emploi se répartissant ainsi : 50 % pour la personne qui se forme et 50 % pour financer la formation).

Nous sommes également prêts à engager des travaux à plus long terme essentiels à l'emploi, tels que la création d'un pack emploi à durée indéterminée, la facilitation du passage de seuils par une fiscalité adaptée, la promotion de mesures visant à promouvoir l'embauche et l'insertion des chômeurs de longue durée et la création d'un véritable contrat de génération. Le récent mea culpa de François Hollande sur la TVA sociale nous permet également de rappeler que nous promouvons l'instauration de la contribution sociale sur la consommation (CSCO). Nouveau mode de calcul des cotisations sociales afin d'élargir l'assiette, la CSCO vise à ne plus faire peser les charges sociales sur le travail mais sur le produit ou service vendu.

Ces propositions ont été formalisées et modélisées. Les entreprises du CJD revendiquent un droit à l'expérimentation. Nous savons qu'elles seront créatrices d'activité et de croissance. Nous savons qu'elles permettront de créer la visibilité nécessaire au maintien et au développement des emplois sur les territoires. Nous savons qu'elles favoriseront les conditions d'un dialogue harmonieux au sein des entreprises.

Le CJD demeure depuis soixante-dix-sept ans un mouvement non partisan et indépendant des organisations paritaires. Notre seule revendication est d'agir ensemble pour le bien de tous. En nous donnant la possibilité d'expérimenter ces propositions, Myriam El Khomri témoignerait sa confiance envers les TPE-PME qui représentent 85 % de la création d'emplois en France. Nous espérons qu'elle aussi voudra agir pour l'emploi autrement !

Richard Thiriet et Laurent Bazin

Richard Thiriet est président national du CJD et président du groupe CNI à Saint-Nazaire. Laurent Bazin est vice-président du CJD et dirigeant d'Axis Experts Conseils à Lille

 


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