La grande arnaque des chiffres du chômage

Statistiques. Depuis qu’il est élu, François Hollande ne rêve que d’inverser la courbe du chômage. Pour cela, tous les subterfuges sont bons : omission, communication à géométrie variable, changement de méthodes, sévérité soudaine…

L’annonce d’une baisse infinitésimale (— 0,05 %) du nombre de demandeurs d’emploi pour le mois de juillet (il y a 3,6 millions d’inscrits en catégorie A, personnes sans activité effectuant des actes positifs de recherche d’emploi) n’a pas dérogé à la règle qui est, chez les socialistes, d’afficher un contentement béat. « Les chiffres pu bliés vont dans le bon sens », s’est réjoui Manuel Valls. François Rebsamen y est allé aussi de sa petite ritournelle : « Après un net ralentissement des nouveaux inscrits début 2015, on enregistre depuis deux mois une stabilisation du nombre de demandeurs d’emploi. »

Les deux hommes affichent un contentement trop rapide : ceux qui sont nouvellement à la recherche d’un emploi laissent traditionnellement passer l’été pour s’inscrire en rentrant de vacances : la hausse du nombre de demandeurs d’emploi observée en septembre et octobre est en général sensible.

Quoi qu’il en soit, Manuel Valls et François Rebsamen laissent penser que la promesse de François Hollande, qui était d’inverser la courbe du chômage — on n’ose même plus rappeler quand l’inversion aurait dû se produire… —, semble aujourd’hui à portée de main. Mais à quel prix : mois après mois, le gouvernement tord les chiffres du chômage en essayant de les présenter tant bien que mal à son avantage, oubliant froidement que, derrière ces statistiques, il y a des hommes, des femmes, des familles qui s’enfoncent dans la précarité.

Comment s’y prend-il pour manipuler ces chiffres ? D’abord, en communiquant principalement sur le nombre de demandeurs d’emploi… en métropole (si l’expression “France métropolitaine” est bien prononcée chaque mois, la mémoire sélective des Français s’arrête souvent à “France”). C’est comme si le département du Travail américain omettait les chiffres de l’Alaska et de Hawaï ! En réintégrant la France d’outre-mer, il n’y a plus 3,55 millions mais 3,81 millions d’inscrits à Pôle emploi en catégorie A, soit 260 000 chômeurs de plus, c’est l’équivalent de la population de Strasbourg qui est “passé à l’as”…Lire la suite...


Frédéric Paya




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