Départ de Rebsamen : un remaniement plus compliqué que prévu

Alain Vidalies, Bruno Le Roux, Stéphane Le Foll, Jean-Marc Germain... François Hollande et Manuel Valls n'ont pas encore choisi - ou fait connaître - le nom du successeur de François Rebsamen au ministère du Travail. Si bien, que le maire de Dijon sera encore présent ce mercredi au Conseil des ministres, deux semaines après sa démission.

Le remplacement "poste pour poste" de François Rebsamen s'avère plus délicat que prévu pour l'exécutif. Annoncé pour "lundi ou mardi", il a finalement été reporté pour la fin de semaine. "Le remaniement interviendra après le conseil des ministres (de ce mercredi 2 septembre) et, en tout état de cause, avant la fin de la semaine", a déclaré mardi soir l'entourage de François Hollande.

Le remplacement du ministre du Travail - qui a retrouvé son fauteuil de maire de Dijon après le décès brutal d'Alain Millot le 27 juillet - continue donc d'alimenter la chronique estivale, la droite dénonçant une vacance au sommet d'un ministère stratégique sur fond de chômage record. Le successeur de François Rebsamen rue de Grenlle aura en effet la lourde tâche de tenter d'inverser la courbe ascendante du chômage, un engagement du chef de l'Etat, qui en a fait la condition sine qua non de sa candidature à un second mandat.

Parmi les noms régulièrement cités figure celui de Bruno Le Roux. Depuis 2012, le député de Seine-Saint-Denis occupe un des postes les plus difficiles de l'édifice de la majorité : la présidence d'un groupe socialiste à l'Assemblée électrisé par les "frondeurs", avec comme point d'orgue l'épisode du 49-3 brandi pour l'adoption de la loi Macron.

Le nom du ministre de l’Économie a un temps été cité. Mais "ne le surchargeons pas", avait ironisé Jean-Christophe Cambadélis la semaine dernière avant même les déclarations d'Emmanuel Macron sur le temps de travail devant l'université d'été du Medef, qui ont pimenté celle du PS à La Rochelle. L'ancien banquier pourrait en outre faire figure d'épouvantail pour une partie de la gauche et des syndicats, alors que Manuel Valls a clairement livré son intention d'entreprendre une réforme du marché du travail. Le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis a ainsi assuré que le remplacement de François Rebsamen se ferait "poste pour poste".

Autre profil évoqué mais radicalement différent : Jean-Marc Germain, député PS des Hauts-de-Seine, proche de Martine Aubry dont il fut le directeur-adjoint de cabinet au ministère de l'Emploi, et mari d'Anne Hidalgo. Ce député "frondeur" a plaidé lundi matin pour un "code du travail 2.0", plus "intelligible" mais qui devra également "améliorer les protections des salariés".

Deux autres membres du gouvernement ont vu leur nom circuler : Alain Vidalies, dans le civil avocat de profession et spécialiste du droit du travail. Le secrétaire d’État aux Transports a créé une polémique la semaine dernière en estimant qu'il valait mieux risquer de "discriminer" lors de contrôles aléatoires de passagers dans les transports que de "rester spectateurs", avant de dénoncer une phrase "isolée" de son contexte. Le nom du ministre Stéphane Le Foll, fidèle de François Hollande, a également été cité, alors que le ministre de l'Agriculture a dû employer la période estivale à calmer la gronde des éleveurs.

L'hypothèse d'un remaniement plus large et le retour des écologistes au sein d'un gouvernement - qu'ils ont quitté en 2014 au moment de l'arrivée de Manuel Valls à Matignon - a elle été écartée. Et ce malgré les tout récents départs fracassants d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) de François de Rugy et Jean-Vincent Placé, partisans affichés d'un retour aux affaires.





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