Chômage, réforme du dialogue social, polémiques: le bilan de Rebsamen au ministère du Travail

Paris, 8 août 2015 - Après 16 mois au ministère du Travail, François Rebsamen laissera à son successeur le dossier le plus miné du quinquennat: un chômage record. De son passage au gouvernement, resteront une réforme du dialogue social, mais aussi une série de couacs et polémiques.

UN ECHEC SUR LE FRONT DU CHÔMAGE...

A son arrivée rue de Grenelle, en avril 2014, le nouveau ministre du Travail hérite d'un dossier empoisonné: la "courbe du chômage", que son prédécesseur, Michel Sapin, a échoué à inverser.

François Rebsamen n'y parviendra pas davantage. Depuis sa prise de fonction, Pôle emploi a vu affluer plus de 200.000 chômeurs supplémentaires et recensait fin juin 3,55 millions de demandeurs d'emploi sans activité en métropole.

"Nous sommes sur une tendance baissière", assurait-il pourtant, optimiste, à ses débuts. Avant de reconnaître quelques mois plus tard un "échec" du gouvernement.

Ces derniers mois, ce fidèle de François Hollande tablait sur une baisse à "la fin de l'année", espérant que le rebond de croissance se refléterait enfin sur le marché du travail.

... MALGRÉ LA CONSOLIDATION DE L'ARSENAL POUR RELANCER L'EMPLOI

A peine arrivé, il présente en juin 2014 un plan contre le chômage des seniors, en explosion de +11,6% sur un an. Doublement des aides du contrat de génération, renforcement du suivi par Pôle emploi, développement de l'alternance...Le ministre espère alors une "stabilisation" de la situation "d'ici 6 mois". Elle ne viendra pas.

L'ex-chef de file des sénateurs PS dévoile ensuite, en février 2015, 20 mesures de lutte contre le chômage de longue durée. Pour remettre le pied à l'étrier des quelque 2,2 millions de chômeurs qui pointent à Pôle emploi depuis plus d'un an, le ministre annonce des formations gratuites, des garanties de loyer ou encore des places en crèche.

Ces deux plans viennent compléter les outils mis en oeuvre au début du quinquennat (emplois d'avenir, contrat de génération...), qui étaient surtout ciblés sur les plus jeunes.

Mais aussi le pacte de responsabilité: François Rebsamen n'aura de cesse d'appeler le patronat, jugé trop frileux, à s'y engager en créant des emplois en échange des baisses de charges.

UNE REFORME DU DIALOGUE SOCIAL

Il laisse une loi qui porte son nom, une réforme du dialogue social simplifiant les règles dans les entreprises, qui constitue selon lui "un levier de performance économique et sociale".

D'aucuns lui prédisaient pourtant les pires difficultés, après le parcours chaotique de la loi Macron, adoptée sans vote grâce à l'article 49-3 de la Constitution.

Adopté fin juillet, le texte offre une représentation aux 4,6 millions de salariés des très petites entreprises (TPE, moins de 11 salariés), permet de regrouper des instances ou encore de sécuriser le régime des intermittents du spectacle.

DES POLÉMIQUES EN SÉRIE

Le passage de François Rebsamen restera marqué par une kyrielle de couacs. Comme lorsqu'il fait dépublier une interview à un magazine bourguignon dans laquelle il affirmait "se battre depuis longtemps pour une vision libérale de l'économie".

Ou quand il assure que le gouvernement allongera la durée de cotisation pour la retraite "s'il le faut", avant d'être aussitôt démenti.

Il provoquera aussi un tollé en appelant à renforcer le contrôle des chômeurs et à les sanctionner. Des propos qui aboutiront toutefois quelques mois plus tard à la mise en place à Pôle emploi d'un nouveau dispositif de contrôle de la recherche d'emploi.

Parmi le mots maladroits, le qualificatif de "petit syndicaliste" attribué au patron du Medef, Pierre Gattaz, accusé de "nuire à l'image de l'entreprise" avec ses "postures". Le ministre du Travail présentera ses excuses... aux syndicats.

Il quittera le ministère sur un dernier impair, en assurant qu'il ne démissionnerait pas du gouvernement dans l'immédiat s'il redevenait maire de Dijon. Une hypothèse immédiatement écartée par l'entourage du président et Manuel Valls.





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