Rebsamen s'en va, le chômage reste

Le ministre du travail a annoncé jeudi qu'il serait candidat à la mairie de Dijon lors du conseil municipal prévu le 10 août. S'il est élu, il devra quitter le gouvernement. François Hollande perdrait alors un proche, mais aussi une des figures les plus assumées de sa politique libérale.

Il a eu du mal à se faire à son poste. Un an et demi après sa nomination, le ministre du travail, François Rebsamen, a annoncé jeudi qu'il serait candidat à la mairie de Dijon lors du conseil municipal prévu le 10 août. L'Élysée a prévenu qu'il quitterait le gouvernement dans les semaines qui suivront, s'il est élu. François Hollande perdrait un proche, mais aussi une des figures les plus assumées de la politique libérale du gouvernement.

Le maire PS de Dijon, Alain Millot, est décédé lundi. Il était le successeur de François Rebsamen, qui a dirigé la ville de 2001 à 2014. Très affecté par la mort de son camarade bourguignon, l’actuel ministre est quasiment assuré de retrouver son mandat de maire : le conseil municipal est majoritairement socialiste et acquis à Rebsamen. Dans ce cas, pas besoin de revenir vers les électeurs.

« S'il est élu, il devra quitter son poste », indique l'Élysée à Mediapart. « Après quelques semaines », précise l'entourage de François Hollande. Un remaniement devrait donc avoir lieu « fin août, début septembre », pour remplacer François Rebsamen, à ce poste depuis avril 2014. Son entourage avait indiqué à Libération que cet ardent défenseur du cumul des mandats comptait rester à son poste et cumuler sa fonction de ministre avec celle de maire.

Mais ce choix est contraire à la charte de déontologie présentée par François Hollande juste après son investiture à l'Élysée en mai 2012. L'article 4 sur la « disponibilité » est très clair sur ce point : « Les membres du gouvernement consacrent tout leur temps à l’exercice de leurs fonctions ministérielles. Ils doivent, de ce fait, renoncer aux mandats exécutifs locaux qu’ils peuvent détenir. » Seul l'ancien ministre délégué aux transports Frédéric Cuvillier avait dérogé à cette règle en se présentant aux municipales de 2014 à la mairie de Boulogne-sur-Mer. Élu, il avait cumulé. Mais Cuvillier avait quitté le gouvernement peu après.

« Il y a des principes qui s’appliquent et François Rebsamen le sait parfaitement : on ne peut pas être chef d’un exécutif (…) et en même temps membre du gouvernement. Ce sont ces principes comme le non-cumul des mandats d’une manière générale qui sont une exigence des citoyens », a expliqué le premier ministre Manuel Valls, en marge d’un déplacement en Picardie.

« Pour Rebsamen, c’était un choix un peu cornélien après le décès d’Alain Millot qui l’a beaucoup affecté… Cela a quand même de la gueule de sacrifier sa carrière ministérielle. Lui choisit son territoire, c’est pas si fréquent », estime un proche du président de la République. Un choix qui ressemble à “Rebs”, très attaché à Dijon où il fait figure de véritable baron local.

Mais pour François Hollande, qui a fait de la baisse du chômage la condition sine qua non de sa candidature en 2017, l’annonce tombe assez mal. « C’était pas le moment… Cela va forcément perturber un peu le dispositif gouvernemental car, quel que soit le successeur, il y aura forcément un temps de réappropriation des dossiers », explique un conseiller gouvernemental spécialiste des questions sociales. Figurent notamment au programme de la rentrée l’organisation d’une nouvelle conférence sociale et la mise en œuvre du compte personnel d’activité que l’exécutif veut présenter comme la grande conquête sociale du quinquennat.


par Lénaïg Bredoux et Mathilde Goanec



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