Lou Ravi du chômage

Si le ministre du Travail, François Rebsamen, faisait preuve d'autant de créativité pour lutter contre le chômage que pour en commenter les résultats catastrophiques, cela ferait longtemps que la France connaîtrait le plein-emploi. Dernière saillie ministérielle en date : pourquoi le nombre de sans-emploi de la catégorie A (qui n'ont pas du tout travaillé dans le mois) a-t-il fortement augmenté en mai (+16 200) ? A cause des "relances plus nombreuses de Pôle emploi" pour inciter les chômeurs à s'inscrire. C'est simple comme un SMS : supprimons les relances, et il n'y aura bientôt plus de chômeurs !

Les 26 200 demandeurs supplémentaires d'avril malgré le rebond de la croissance ? Pas de panique, "il faut un délai de plusieurs mois avant que la reprise se traduise par des embauches", diagnostique le docteur Tant-Mieux du ministère du Travail. Les 15 400 nouveaux inscrits en mars ? "phase d'amélioration", explique Rebs, même si le nombre de sans-emploi est en augmentation de 2 600 par rapport à celui du mois précédent. En décembre 2014, on franchit le cap des 3,5 millions de chômeurs. Pas de quoi abattre le ministre : "La progression est deux fois inférieure à la moyenne des douze derniers mois", se réjouit-il. En novembre : 28 400 chômeurs de plus. Oui, mais "Les jeunes subissent une hausse plus limitée" que les autres. On est content pour eux.

Au fil des mois, le ministre du Travail fait ainsi preuve d'un optimiste inoxydable qui frise le surréalisme. Que faire d'autre ? Pas facile d'avouer que, au cours des trois premières années du quinquennat de Hollande - qui avait fait de la lutte contre le chômage sa "priorité n°1" -, le nombre de sans-emploi a crû de 630 000 nouveaux inscrits, soit nettement plus que sous les trois premières années de Sarkozy (547 000), pourtant marquées par la crise financière mondiale de 2008.
Mais Rebsamen est formel : ça va s'améliorer

H. M. - N° 4940 - mercredi 1er juillet 2015


 


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