Qui sont les chômeurs de François Hollande?

ETITS CALCULS. Chaque semaine, Nicolas Prissette, journaliste au service politique du JDD, décrypte les politiques économiques et sociales. Cette semaine, l'explosion du nombre de chômeurs de plus de 50 ans, qui, découragés par leurs chances de retrouver un emploi, sortent des statistiques de l'Insee...

C’est une cohorte de près d’un million de personnes, elle constitue le pire drame social du quinquennat, mais le gouvernement en parle peu, et elle n’inspire pas davantage l’opposition… Depuis mai 2012, le nombre de demandeurs d’emploi de plus de cinquante ans inscrits à Pôle emploi a augmenté de 239.600. L'envolée est spectaculaire : + 40%, c’est la plus forte hausse par catégorie d’âge sur la période. Au total, 840.100 seniors étaient inscrits à l’ex-ANPE en avril, selon les données publiées lundi. Il y a davantage de "vieux" dans ce cas que de "jeunes", les moins de 25 ans étant 546.600 (+9% depuis mai 2012).

Un autre chiffre, communiqué jeudi matin par l’Insee, éclaire cette situation plus durement. L’Institut de la statistique montre que le taux de chômage a reculé au premier trimestre. Une bonne nouvelle, a priori. A la différence de Pôle emploi, il mesure le nombre de personnes qui sont en recherche effective d’un poste, sans contrat et immédiatement disponibles. C’est le calcul au sens du Bureau international du travail (BIT), rattaché à l’ONU. Pôle emploi, pour sa part, donne plus simplement le nombre des inscriptions et ne vérifiera la recherche effective qu'a posteriori.

Un écart de 600.000 chômeurs entre Pôle emploi et l'Insee

La différence est colossale. L’Insee trouve 2,9 millions de chômeurs au sens du BIT, en baisse, donc. Pôle emploi en dénombre 3,5 millions, toujours en hausse. L’écart s’explique pour l’essentiel par la catégorie des plus de 50 ans. Pour l’Institut, ils sont moins nombreux à chercher du travail. L’explication est désormais admise : ces seniors sont inscrits au chômage (comptés comme tel par Pôle Emploi) mais au fur et à mesure que le temps passe, ils perdent espoir de retrouver un contrat et abandonnent leurs recherches. De ce fait, ils sortent des statistiques de l’Insee.

Ce phénomène n’est pas nouveau, il fut déjà traité ici. La vague de chômeurs seniors et déprimés atteint des proportions inédites, dans une indifférence politique surprenante au regard du nombre d’électeurs concernés. Il y a un an, le gouvernement avait certes lancé un plan seniors, mais il semble sans effet.


Nicolas Prissette






Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir