La France compte plus de 3,5 millions de chômeurs

En mars, le nombre de chômeurs a encore augmenté de 15.400 personnes, a indiqué lundi le ministère du Travail.

Si certains indicateurs semblent indiquer un début de reprise, cela ne se traduit pas, pour l'instant, dans les chiffres du chômage. En mars, le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas du tout travaillé (catégorie A) a encore progressé de 15.400, soit + 0,4 %. Il a nettement franchi la barre des 3,5 millions, à 3.509.800 en métropole, selon les statistiques publiées lundi par le ministère du Travail. DOM compris, on atteint désormais le chiffre de 3.768.300.

La bonne surprise du mois de janvier , durant lequel les effectifs des chômeurs de catégorie A avaient diminué après avoir tout juste franchi en décembre le seuil des 3,5 millions de chômeurs, n'a été qu'un « accident », puisque les deux mois suivants, l'augmentation a repris à un rythme soutenu. Mais le ministre du Travail, François Rebsamen, veut croire que l'embellie de janvier n'aura pas été qu'un feu de paille. « Le début d'année 2015 demeure une phase d'amélioration de la tendance, même si elle ne suffit pas à obtenir, pour le moment, une baisse régulière du nombre de demandeurs d'emploi », a-t-il affirmé dans un communiqué, s'appuyant sur le fait que le niveau de mars est à peine plus élevé que celui de décembre 2014 (3.500.900 chômeurs en catégorie A).

Diminution des activités de courte durée

Excès d'optimisme ? Les chiffres d'avril et des mois suivants le diront. Mais pour l'heure, les signaux positifs sont rares. Si l'on intègre les demandeurs d'emploi ayant travaillé dans le mois, la situation reste problématique : leur nombre a aussi progressé pour atteindre 5.290.500 dans l'Hexagone et 5.590.600 sur la France entière. Seul signe un peu positif : la diminution des personnes ayant travaillé moins de 78 heures dans le mois (catégorie B, en baisse de 0,4 %) et l'augmentation de celles ayant travaillé plus (catégorie C, en hausse de 1,4 %).

Du côté des sorties, on peut certes noter une progression du nombre des reprises d'emploi déclarées (+2,7 % sur un mois), mais leur niveau reste inférieur de plus de 10 % à celui de mars 2014. Quant aux radiations administratives, qui parfois contribuent à limiter la hausse du chômage, elles n'ont clairement pas joué le mois dernier puisqu'elles ont baissé de près de 6 %.

Baisse des radiations administratives

De son côté, le chômage de longue durée a continué à progresser, avec une augmentation de 1,1 % sur un mois et 10,1 % sur un an. Catégories A, B et C confondues, le ministère du Travail a comptabilisé 2.308.800 demandeurs d'emploi concernés, dont 1.247.800 inscrits à Pôle emploi depuis au moins deux ans et 733.000 depuis au moins trois ans. Certes, cette tendance apparaît inéluctable tant que le marché du travail ne se retourne pas, les entreprises ayant tendance à regarder d'un mauvais oeil les chômeurs trop anciens, dans un marché du travail où globalement l'offre excède largement la demande. Mais elle est très inquiétante car le retour à l'emploi s'avère d'autant plus difficile qu'on en a été éloigné longtemps.


LEÏLA DE COMARMOND





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