Chômage : pourquoi Hollande s’est lié les mains

CHRONIQUE - Le chômage progresse encore et François Hollande continue de lier sa candidature en 2017 à une amélioration de la situation. Voici pourquoi.

Pas de cadeau pour ses trois ans à l’Elysée. François Hollande aborde cet anniversaire sans pouvoir inscrire la moindre amélioration de l’emploi à son bilan. La hausse du chômage en mars réveille même cette question récurrente à son endroit : pourquoi diable le chef de l’Etat a-t-il lié son avenir politique à une baisse du chômage ? Tout a commencé il y a un an, lors d’une rencontre avec des salariés de Michelin. «Si le chômage ne baisse pas d’ici à 2017, je n’ai, ou aucune raison d’être candidat, ou aucune chance d’être réélu», leur confie-t-il . Maladresse ? Stratégie délibérée ? Dans les mois qui suivent, le doute s’efface, c’est bien de stratégie qu’il s’agit. Le chef de l’Etat le répète à plusieurs reprises : il ne sera pas candidat sans baisse du chômage.

Pourquoi se fixer un fil à la patte après deux ans passés les pieds dans la non-inversion de la courbe du chômage ? Et bien justement pour en sortir. François Hollande veut alors détourner l’attention, avec une promesse aux contours plus flous qu’une « inversion de la courbe du chômage ». Et de fait, le débat sur la courbe a depuis perdu en puissance.


Son obsession pour l’emploi en revanche est apparue plus nettement. S’il lui conditionne son propre futur, c’est dire s’il considère la question importante ! A défaut d’avoir su écrire un récit du quinquennat, François Hollande tente de lui donner une cohérence.

Rendre des comptes

Mais la vraie raison est ailleurs. Si François Hollande fixe lui-même les conditions à sa candidature, c’est tout simplement pour éviter que d’autres ne le fassent à sa place. L’idée d’une primaire à gauche était dans beaucoup d’esprits il y a un an, elle a quasiment disparu depuis. Ressurgira-t-elle si la baisse du chômage n’est pas au rendez-vous ? Sans doute pas : il sera trop tard.

Un an après Michelin, François Hollande a ainsi toutes les chances de porter les couleurs du PS face électeurs en 2017. Mais c’est là que la stratégie qui lui a permis de contourner des obstacles risque de se transformer en piège. Il devra rendre des comptes, répondre d’une situation (l’emploi) qui dépend en réalité bien peu de lui. Sauf s’il affronte un candidat qui lui non plus n’a pas toujours tenu ses promesses. « Ca fait dix ans que le chômage augmente, d’un million sous le mandat de mon prédécesseur », a-t-il glissé récemment sur Canal Plus. Voilà pourquoi François Hollande rêve d’affronter Nicolas Sarkozy en 2017.


CECILE CORNUDET





 


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