L’Europe du chômage donne des leçons !

L’arrogance d’une certaine classe politique européenne est assez hallucinante. L’Europe n’aurait que des vertus, et l’on a voulu faire croire cela aux malheureux Ukrainiens.

Et pourtant, les résultats sont là. Prenons l'exemple du chômage: avec 24 millions de personnes sans emploi, le taux de chômage était de 10% dans l'Union européenne en 2014 soit bien plus qu'aux Etats-Unis ou en Russie. Certes, la situation est contrastée avec 5% en Autriche et en Allemagne et de l'ordre de 25% en Espagne et en Grèce.

Le chômage des jeunes est beaucoup plus élevé, de l'ordre de 21,6% des moins de 25 ans dans les 28 Etats membres de l'Union européenne (soit presque 5 millions de personnes). En Espagne le taux est de 53,8% de jeunes au chômage, en Grèce, 49,3% et en Italie, 43,3% en 2014.

En France, le taux de chômage est de l'ordre de 10%, ce qui n'est pas loin de la moyenne européenne. A titre de comparaison, le chômage en Russie est de 5,5% (contre 11% lorsque le président Poutine est arrivé au pouvoir).
Quelles sont les causes de ce chômage de masse en Europe? On peut distinguer plusieurs causes, l'immigration désordonnée, la rigidité du marché du travail et la fiscalité, la formation inadaptée et l'état de récession généralisé. Sur ces quatre points, la Russie est en bien meilleure situation.

L'immigration incontrôlée est un facteur non négligeable. En France, le taux de chômage des immigrés est de 17,2% et il est même de 21,2% pour les immigrés hors union européenne. Le niveau de formation plus faible des immigrés n'explique pas tout puisque le taux de chômeurs ayant le bac est de 6% pour les Français et de 18% pour les européens hors Union européenne. L'immigration en Europe n'est pas organisée, comme c'est le cas au Canada ou en Australie, selon le système des quotas où l'immigration légale est étroitement liée aux besoins de l'économie. On a laissé se développer une économie de passeurs qui torturent leurs clients et qui encouragent pour leur propre profit l'immigration clandestine.

La rigidité du marché du travail et les charges fiscales et sociales qui pèsent sur les entreprises sont une autre cause importante de chômage. La situation des pays européens varie grandement mais la France est à cet égard le pays le plus archaïque et l'oligarchie au pouvoir ne fait pas les réformes qui seraient nécessaires, essentiellement par craintes des forces syndicales (baisse des impôts et des charges, dérégulation du marché du travail).

La troisième cause est la formation inadaptée. Notre système d'éducation est élitiste dans les faits et égalitariste dans l'idéologie. Il est élitiste au mauvais sens du terme en dévalorisant les métiers techniques et manuels. Dans le même temps, on détruit toute formation de culture générale au profit de savoirs, certes utiles, mais purement techniques et utilitaristes (informatique, anglais). Tout le système éducatif est à revoir malgré l'opposition de syndicats rétrogrades. Le marché du travail est d'une très grande rigidité. En Angleterre, un docteur en philosophie peut être embauché comme cadre supérieur d'une banque. En France, ce n'est guère possible. Le marché est compartimenté en rails verticaux: si vous n'êtes pas sur le bon rail, vous n'avez pas accès à l'emploi que vous souhaitez. Là, il s'agit plutôt de sociologie et ce n'est pas possible de remédier à cet inconvénient en changeant la réglementation. Toutefois, celle-ci, de l'avis de tous les observateurs, doit être allégée. Il faut notamment que les employeurs puissent licencier librement si l'on veut qu'ils puissent embaucher librement.

La quatrième cause du chômage est la croissance insuffisante de l'économie, causée elle-même par la surévaluation de l'euro pour la plupart des Etats membres (les exceptions sont l'Allemagne, l'Autriche et les Pays-Bas), la désindustrialisation due à la perte de compétitivité, le manque de confiance de beaucoup d'acteurs économiques.)

Les pays qui ne sont pas dans la zone euro ou qui sont hors de l'Union européenne font de meilleurs scores comme le Royaume Uni (5,5%) ou la république tchèque (5,9%). Hors Union européenne, la Suisse a un taux de chômage de 3,5%, la Norvège de 3,7% et l'Islande de 4,5%. Dans une longue interview au Figaro, l'ancien premier ministre britannique Denis Macshane déclare: « l'Europe était attirante pour les Britanniques dans les années 1970 et 1980 Quand l'économie y était plus performante que la leur. Cela s'est inversé depuis l'introduction de l'euro ». Il pense même que s'il y a un référendum, les Britanniques quitteront l'Union européenne. Ce qui est certain, c'est qu'après avoir eu de grands succès économiques, l'Union européenne est aujourd'hui à la traine. Les taux de chômage des jeunes en Europe du Sud ne sont pas supportables en longue période.


Le problème se pose réellement du niveau élevé de l'euro. Dans un dossier du 21 avril, le Monde estime que l'euro n'est pas une invention irréversible. Ou bien la zone euro va exploser en commençant par le départ des Grecs, soit l'euro va se maintenir au détriment de la croissance économique de l'Europe. L'optimisme n'est vraiment pas de mise. Soit, comme le pensent certains économistes allemands, l'euro sera réservé aux seuls pays vraiment compétitifs, c'est-à-dire à l'Europe du nord, la France étant à la charnière, soit l'euro n'est plus maintenu au niveau actuel mais cela suppose sans doute une révision des statuts de la banque centrale. En effet la banque centrale européenne, à la différence du Federal Reserve System américain, ne prévoit pas que la politique monétaire puisse être infléchie pour des raisons de croissance et de plein-emploi. Ses statuts lui demandent seulement de lutter contre l'inflation.

Quoi qu'il en soit, notamment de l'avenir de l'euro, l'Europe telle qu'elle est n'est plus un modèle de croissance et de plein-emploi. Prétendre qu'elle pourrait apporter à l'Ukraine la prospérité et le plein emploi relève de l'escroquerie politique: il faut en revenir à la réalité! L'Ukraine n'a pas d'avenir économique sans des liens importants avec l'Union eurasiatique. Un compromis entre un accord avec l'Union européenne et les liens à l'est doit être fait. Ce n'est pas une question idéologique mais une question de réalisme tout court pour le bien des populations concernées.

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