Comment Internet a changé les méthodes de recherche d'emploi

Réseaux sociaux, sites de recrutements, plateformes pour déposer un CV en ligne... Depuis les années 90, internet offre aux demandeurs d'emplois divers outils, mais cette profusion demande aussi à être régulée, d'après un rapport du Conseil d'orientation pour l'emploi (COE), qui dépend des services du Premier ministre. "S'en tenir à l'idée générale qu'en augmentant le volume d'informations mises en circulation, internet améliorerait par définition le fonctionnement du marché du travail constituerait un raccourci trompeur", écrivent les auteurs de ce document. Ils citent une enquête du Crédoc, qui montre que 80% des chercheurs d'emploi ont eu recours à internet en 2014, en hausse de 7 points par rapport à 2013.

Pas que des atouts

Pôle Emploi est le premier site français d'emploi en termes de fréquentation, avec 5,2 millions de visiteurs uniques mensuels en décembre 2014, "loin devant les 1,6 million de visiteurs de Indeed ou du Bon Coin", explique le COE. Pôle Emploi diffusait en février 2015 280.000 offres contre 750.000 annoncées pour l'agrégateur Jobijoba. En plus de ces sites, les internautes peuvent désormais chercher un poste sur des plateformes professionnelles spécialisées, telles que Viadeo ou LinkedIn, mais aussi sur des réseaux sociaux traditionnels (Facebook, Twitter)... "Orientés au départ sur les centres d'intérêt personnels des internautes, ces réseaux bénéficient d'une fréquentation très importante et sont apparus progressivement aux employeurs, mais aussi aux candidats, comme des outils intéressants de diffusion d'informations d'ordre professionnel", analyse le COE.

Mais internet n'a pas que des qualités pour trouver du travail. Le COE observe par exemple que la multiplication des plateformes, et des offres constitue aussi "une augmentation du 'bruit', c'est-à-dire de l'information non pertinente". Ainsi, les recruteurs se plaignent de recevoir de plus en plus de candidatures sans rapport avec les postes proposés, ce qui pousse les grandes entreprises à se doter de logiciels de gestion du recrutement permettant d'automatiser une partie de la sélection. Des outils coûteux, qui excluent aussi brutalement certains CV qui ne correspondent pas a priori aux critères demandés.

Des services payants...

Du côté des candidats, les difficultés sont également plus nombreuses : l'offre pléthorique oblige désormais à devenir "familier des outils numériques, ce qui suppose des apprentissages nouveaux, sauf à créer de nouvelles inégalités liées à la plus ou moins grande maîtrise d'internet", analysent les auteurs de ce rapport. Autre problème : les usagers ne sont pas toujours pleinement conscients de l'utilisation qui est faite de leurs données à des fins commerciales, ni même de l'étendue des données qu'ils transmettent. Le COE note aussi que certains sites proposent aux demadeurs d'emplois de payer pour déposer leur candidature... Des services payants qui peuvent "comporter des risques du point de vue de la neutralité du marché du travail : d'une part les personnes avec la plus grande disposition à payer ont une meilleure visibilité, d'autre part les relations commerciales qui existent entre les sites et certains segments d'utilisateurs ne sont pas toujours affichées alors même qu'elles peuvent influencer la présentation de l'information".

Le COE fait donc plusieurs propositions, comme d'obliger les sites dédiés à l'emploi de mieux informer les candidats sur les méthodes et techniques d'aide au recrutement utilisées à son égard, mais aussi sur le salaire et le lieu de travail. Autre préconisation : "améliorer encore le volume d'offres d'emploi et de CV disponibles sur le site de Pôle emploi"...


Claire Lemaitre



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