Le déficit de l'assurance-chômage, argument de campagne au Medef

La campagne pour la présidence du Medef entre dans la dernière ligne droite. Un des principaux candidats, Geoffroy Roux de Bézieux, a décidé de frapper un grand coup en dévoilant, mercredi 15 mai, un programme radical sur l'assurance-chômage. Le patron d'Omea Telecom (Virgin Mobile), ancien président de l'Unedic, entend capitaliser sur son expérience pour se présenter comme le plus à même de mener la difficile renégociation des règles d'assurance-chômage qui doit avoir lieu à automne. Ce dossier sera une des principales urgences du prochain patron des patrons, qui doit être désigné le 3 juillet.

Parmi les 90 propositions qu'il a présentées, M. Roux de Bézieux préconise notamment de plafonner les indemnités "autour de 2 000 euros par mois". A l'heure actuelle, le maximum est d'environ 6 200 euros par mois, un des niveaux les plus élevés d'Europe. Le candidat, qui fait figure de challenger face au favori Pierre Gattaz, plaide par ailleurs pour une réduction de la durée d'indemnisation (actuellement fixée à deux ans), le relèvement de 50 à 52 ans de l'âge à partir duquel on peut bénéficier de trois ans d'indemnisation et l'"introduction d'une forme de dégressivité" pour réduire les allocations dans le temps.

INTERMITTENTS, FRONTALIERS, CHÔMEURS...

Sans surprise, il préconise une refonte du régime des intermittents. Plus original, il veut aussi s'attaquer "aux frontaliers". "Est-il normal que des gens qui travaillent en Suisse ou en Belgique puissent bénéficier de niveaux d'indemnisation élevés en France tout en cotisant beaucoup moins ?", explique-t-il au Monde.

Le candidat en convient, le cocktail s'annonce sévère pour les chômeurs. "Il est temps de frapper fort face aux dettes accumulées de l'assurance-chômage, qui sont devenues insoutenables", plaide-t-il. "Au début des années 2000, les Allemands ont fait bien pire... enfin plutôt bien plus fort, se rattrape-t-il en évoquant les réformes menées par Gerhard Schröder. Ce n'est pas la seule raison mais cela leur a permis de descendre à 7 % de chômage. Il y a un certain niveau et une certaine durée d'indemnisation qui ne poussent pas à trouver un emploi."

DURCISSEMENT

M. Roux de Bézieux se garde de préciser lesquels. "Je ne veux pas être encore trop précis parce qu'il va s'agir d'une négociation et je n'ai pas encore accès aux chiffrages de l'Unedic pour évaluer combien cela pourrait rapporter", explique-t-il. Ces annonces de campagne ne préfigurent pas pour autant les règles futures de l'assurance-chômage. "Je me situe dans une position intermédiaire entre ceux qui plaident que le déficit de l'Unedic pourra se rétablir avec un illusoire retour de la croissance et ceux qui veulent totalement sortir du système paritaire", tente de rassurer M. Roux de Bézieux.

Ces propositions témoignent cependant du durcissement de la campagne au Medef. Dans le même temps, tous les candidats se sont mis à plaider pour revenir sur les 35 heures.

@ Jean-Baptiste Chastand pour Le Monde

PI ChastandJean-Baptiste Chastand

Journaliste au Monde depuis 2009, je m'occupe des questions d'emploi et de social au sein du service politique depuis septembre 2011. Auparavant, je travaillais sur les desks du site Internet. Passé du "web" au "bimédia", du HTML au PLFSS, je n'en garde pas moins un attachement pour tout ce qui se rapproche de près ou de loin du journalisme en ligne.

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Commentaires   

 
0 #1 petites Annonces 20-08-2015 21:14
Excellent blog!
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