Pourquoi l’inversion de la courbe du chômage n’est pas pour 2015

Pôle emploi a annoncé le mercredi 24 décembre que le nombre de chômeurs n’ayant pas du tout travaillé au mois de novembre a bondi. Ils sont en effet 27 400 de plus. Et cela ne devrait pas s'arranger en 2015 selon l'Insee.

L’année qui s’achève sonne le glas de la politique de François Hollande en matière d’emploi. Les espoirs annoncés à sons de trompe pendant des mois par le chef de l’exécutif se sont même éloignés puisque la progression du chômage s’est accélérée au cours du dernier trimestre. Au point que la barre des cinq millions et demi de sans travail aura sans doute été franchie en fin d’année lorsqu’on connaitra les chiffres de décembre à la fin janvier. Pareil résultat est évidemment catastrophique dans un pays où le souci majeur de la population réside dans l’attente de résultats positifs dans la lutte contre ce fléau.

Et dans ce domaine, aucun progrès n’a été accompli : toutes les catégories sont touchées, aussi bien les jeunes que les seniors, tandis que la recherche de contrats à durée indéterminée demeure un parcours du combattant. Et l’on ne voit pas se profiler un véritable changement pour plusieurs raisons :

En premier lieu, ces dernières années, alors que ses partenaires procédaient à des suppressions d’emplois massives pour s’adapter à la crise, la France avait souvent conservé des effectifs trop importants dans l’espoir que la croissance reviendrait. De sorte que même avec une amélioration de l’activité, elle commencerait à tenter de reconstituer ses marges insuffisantes avant d’embaucher.

En second lieu, on ne peut tabler sur un effet rapide des mesures de baisse des charges prévues par le pacte de responsabilité qui entrera en vigueur au début janvier, mais dont la montée en puissance sera lente et progressive et demandera au moins un an pour se révéler efficace.

En troisième lieu, les mesures d’accompagnement en faveur des chômeurs demeurent largement inefficaces. Malgré les réformes introduites, Pôle emploi reste prisonnier d’une gestion lourde et bureaucratique qui relève de l’assistance plus que de stimuler véritablement un retour à l’emploi, notamment par des mesures de formation adéquates. Pourtant, une série d’éclaircies vient d’apparaître sur le plan international : on commence à mesurer l’aubaine que représentent la baisse de l’euro et surtout à court terme l’effondrement des cours du pétrole qui ont perdu 40% depuis le mois de juin et dont la baisse parait durable.

Cela va réduire le déficit de la balance commerciale, même si pour l’instant les exportations de biens et services n’ont pas encore profité du changement de climat. Ce serait le moment opportun pour desserrer les freins qui paralysent le pays. Les Français réclament davantage de libertés et de pouvoir reprendre en mains leurs affaires malmenées par un Etat qui veut tout régler d’en haut, mais succombe sans cesse aux lobbies conservateurs qui entendent ne rien changer. Il est vrai que depuis sept ans, la création de richesses stagne : elle a même diminué par tête d’habitant compte tenu de l’augmentation de la population qui est une des plus dynamiques d’Europe sur le plan démographique. Et chacun s’arcboute sur son pré carré parce qu’il y a moins à partager, ce qui entraîne une multiplication des conflits catégoriels. Dans ce contexte, on investit moins. L’Etat assiste impuissant à la désindustrialisation du pays en se contentant de venir en aide aux secteurs en déclin, alors qu’il faudrait avoir le courage de les laisser se réduire, voire disparaitre parce qu’ils sont obsolètes, en favorisant au contraire ceux qui progressent et inventent afin de les aider à devenir les locomotives de l’économie de demain.

Cela supposerait aussi une profonde réforme de la classe politique, uniquement tournée vers la perpétuation d’un passé révolu au service d’une pense statique et à l’abri d’un système corseté et paralysant qui bride tout changement et voit notre pays prendre de plus en plus de retard dans un monde qui ne nous attend pas mais occupe peu à peu les places auxquelles nous aurions pu prétendre.


Mauvais augure




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