Pourquoi le chômage va continuer d'augmenter

Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi fin novembre doit être dévoilé mercredi. Manuel Valls "craint que les chiffres ne soient pas bons".

Manuel Valls prépare déjà les esprits à une nouvelle hausse du nombre de demandeurs d'emploi en novembre. Mardi matin sur Europe 1, le Premier ministre a dit "craindre" que les chiffres mensuels qui seront publiés mercredi à 12 heures "ne soient pas bons".

L'exercice de communication est maintenant rodé. Depuis que François Hollande a failli à sa promesse d'inverser la courbe du chômage avant la fin 2013, le gouvernement joue la prudence. Et il a raison. La dernière note de conjoncture de l'Insee l'a encore confirmé : le chômage, au-delà des à-coups possibles des chiffres mensuels des demandeurs d'emploi, n'est pas près de reculer. Le retour d'une croissance un peu plus forte, de 0,3 % aux deux premiers trimestres de 2015, ne sera pas suffisant.

Dans le secteur marchand, "l'emploi reculerait à nouveau au quatrième trimestre (- 15 000 postes), puis début 2015", prévient l'Insee. Au début de l'année prochaine, le rythme de destruction des emplois devrait simplement ralentir à - 11 000 grâce aux effets du crédit d'impôt compétitivité-emploi (CICE) et du pacte de responsabilité.

Le soutien des emplois aidés

Cette nouvelle chute devrait être compensée par le secteur non marchand, notamment grâce à l'augmentation du nombre d'emplois aidés (+ 19 000). Au total, l'économie française devrait être capable de générer 18 000 nouveaux emplois sur les six premiers mois de l'année de 2015. Insuffisant pour absorber la hausse de la population active attendue : le taux de chômage devrait continuer à grimper de 10,4 % de la population active à 10,6 % (France métropolitaine et outre-mer).

Depuis fin avril 2012 et l'arrivée de François Hollande à l'Élysée, le nombre d'inscrits en catégorie A - sans aucune activité - a augmenté de 572 100 personnes. Il n'a reculé qu'à deux reprises (hors bug SFR), en octobre 2013 et en août 2014. Fin octobre, il atteignait 3 460 900 personnes en France métropolitaine, soit + 5,5 % sur un an.

Des chômeurs de longue durée toujours plus nombreux

Le tableau est assez similaire si l'on compte les inscrits à Pôle emploi qui ont travaillé quelques heures dans le mois (catégories B et C). En additionnant toutes ces catégories, le nombre de demandeurs d'emploi atteignait fin octobre 5 154 200 en France métropolitaine.

Mais le plus inquiétant est l'explosion du nombre de chômeurs de longue durée, c'est-à-dire à la recherche d'un emploi depuis plus d'un an. Fin octobre, ils étaient 2 221 000 (catégories A, B et C), dont 683 000 de plus de trois ans. En moyenne, un chômeur était resté sans emploi 290 jours, soit plus de 9 mois.

MARC VIGNAUD



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