Réforme de l'assurance chômage : la recette «équilibrée» de Terra Nova

Dans une note publiée ce jeudi, le think tank propose ses solutions pour lutter contre la précarité et le recours aux CDD.

C’est un candidat libre qui publie, ce jeudi, sa copie sur l’épineux sujet de la réforme de l’assurance chômage. Après l’échec des syndicats et des organisations patronales, qui n’ont pas réussi à s’accorder sur les mesures à prendre pour satisfaire la commande du gouvernent, le think tank Terra Nova a décidé de relever le défi. Dans une note d’une vingtaine de pages, ce laboratoire de pensées étiqueté «progressiste» répond à la lettre de cadrage adressée en septembre par l’exécutif aux partenaires sociaux, leur demandant d’agir «pour lutter contre la précarité et inciter à la reprise d’emploi durable».

«La future réforme doit être construite autour de quelques grands principes et de quelques mesures fortes, lisibles et dont l’équilibre permette de les rendre aussi consensuelles que possible», prévient, en introduction, Terra Nova. S’ensuit un constat proche de celui mis en avant par le gouvernement. Pour rompre avec «l’exception française du marché du travail», c’est-à-dire sa «forte propension à recourir aux contrats de travail courts, voire très courts», le think tank préconise d’agir sur le comportement des entreprises et sur leurs habitudes de recrutement. Mais aussi de «réinterroger» certains dispositifs de l’assurance chômage qui, «sans que cela soit toujours leur intention», peuvent concourir «à rendre la précarité acceptable» pour les salariés alternant indemnisation et petits CDD.

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INDEMNITÉS CHÔMAGE : L’INCROYABLE BATAILLE DE CHIFFRES ENTRE L’UNÉDIC ET PÔLE EMPLOI

Après la “petite phrase” de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, sur les chômeurs qui gagnent plus au chômage qu’en travaillant, deux études sont venues infirmer puis confirmer les chiffres de la ministre. Alors qui dit vrai ?

Tout est parti d’une “petite phrase” de Muriel Pénicaud le 28 février dernier, à l’occasion d’une conférence de presse de présentation de la réforme de l’assurance chômage. À cette occasion, la ministre du Travail, a notamment affirmé qu’un chômeur sur cinq toucherait plus au chômage qu’en travaillant, ce qui représenterait entre “600.000” et “800.000” personnes. Sauf que depuis, le ministère du Travail n’a jamais officiellement expliqué d’où venaient ces chiffres, ni comment ils avaient été calculés, laissant planer le doute sur leur véracité.

Depuis, deux acteurs incontournables de l’assurance chômage ont ajouté du grain à moudre au débat. D’un côté, mercredi 27 mars, l’Unédic a rendu publique une synthèse selon laquelle seuls 4% des allocataires touchent plus au chômage qu’en travaillant. De l’autre, vendredi 29 mars, “à la demande du ministère du Travail”, Pôle emploi a publié une note confirmant les propos de Muriel Pénicaud selon lesquels un chômeur sur cinq gagne plus au chômage qu’en travaillant. Deux institutions de référence - Unedic et Pôle Emploi - qui se contredisent de la sorte ? Voilà qui interroge…

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Assurance chômage : La réforme se précise

Instauration d'un bonus-malus pour limiter les contrats courts, baisse du plafond des indemnités des cadres, réduction des droits des chômeurs... Le gouvernement maintient toutes ses ambitions.

« Tout est déjà arbitré, le gouvernement n'a plus qu'à appuyer sur le bouton », résume l'un de ceux qui est au coeur des concertations. Le gouvernement va bien mettre en place un bonus-malus, c'est à dire taxer davantage les entreprises qui abusent des contrats courts. L'exécutif a longtemps entretenu le flou sur le sujet. Tout cela sur fond de divergences entre Matignon, qui n’est pas favorable à ce bonus-malus, et le ministère du Travail, qui compte réellement le mettre en place.

Le bonus-malus ne figurait pas dans la feuille de route des négociations syndicales. En février encore, lorsque l'Etat a repris en main la réforme, après l'échec des négociations entre partenaires sociaux, Edouard Philippe n'avait pas clairement soutenu cette solution. Il s'était contenté de dire que « le bonus-malus était toujours sur la table, puisque personne n’avait proposé de meilleure solution à ce stade ».

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Pôle emploi loué pour son efficacité à tous niveaux

Grand angle Si les efforts en 2018 de Pôle emploi en faveur des demandeurs d’emploi et des entreprises ont été salués, l’organisme poursuit ses objectifs notamment sur les métiers en tension

Progrès significatifs… Engagements tenus… Niveau de performance élevé. La mutation opérée ne peut qu'être saluée et encouragée... L'organisation a été profondément repensée, le mode de pilotage par la performance conforté. Les innovations ont été nombreuses. Pôle emploi constitue un modèle d'opérateur assurant une mue technologique et opérant une transformation numérique de premier niveau... » La conclusion de l'évaluation faite par l'Inspection générale des finances et des affaires sociales concernant la convention tripartite 2015-2018 entre l’État, l'Unédic et Pôle emploi n'est que louanges. Avec un tel carnet de notes, n'importe quel parent serait aux anges. Et les conseillers de Pôle emploi peuvent s'enorgueillir puisque ce même rapport précise que l'une des clés de ce succès « tient à la fierté d'appartenance » de ces agents et « à leur appropriation des objectifs poursuivis ». Elle est loin l'image d'Epinal du vieux bureau ANPE.

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Pôle emploi confirme qu'un chômeur sur cinq touche plus que son ancien salaire

L'opérateur public a fini par publier une note expliquant pourquoi un chômeur sur cinq perçoit plus au chômage qu'avant. C'est ce qu'avait affirmé Muriel Pénicaud, provoquant une polémique avec les syndicats. L'Unédic de son côté estime que seuls 4 % des allocataires sont concernés.

Statistique contre statistique. Dans la foulée de l'échec de la négociation sur l'assurance-chômage , une polémique s'est déclenchée entre Muriel Pénicaud et les partenaires sociaux qui vient d'obliger Pôle emploi à sortir du bois. L'opérateur public a publié ce vendredi la note qui a servi de fondement et qui confirme l'affirmation de la ministre du Travail selon laquelle un chômeur sur cinq perçoit, lors de l'ouverture de ses droits, une indemnisation supérieure à la moyenne de ses salaires antérieurs . Une affirmation contestée récemment par l'Unédic (organisme géré par les syndicats et le patronat) qui n'en dénombre que… 4 % !

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Les comptes de l'assurance-chômage se dégradent

Ces résultats dégradésdevraient conforter le gouvernement qui prévoit de revoir le régime d'assurance-chômage.

Le ralentissement de la conjoncture n'épargne pas l'emploi. Avec un taux de croissance plus faible, estimé par l'Unedic à 1,5 % en 2018 (contre 1,9 % en juin dernier) et à 1,3 % en 2019 et en 2020, le nombre de chômeurs indemnisés par l'assurance-chômage devrait diminuer plus lentement que prévu, selon les dernières prévisions financières du régime publiées ce mardi. Des prévisions à l'horizon 2021 qui ne prennent toutefois pas en compte la réforme à venir de l'assurance-chômage que le gouvernement prépare.

L'institution évalue la hausse des chômeurs indemnisés à 45.000 personnes en 2018 alors qu'elle misait encore en juin dernier sur une baisse de 48.000 sur un an. Puis elle table sur une hausse de 1000 chômeurs indemnisés en 2019, versus une baisse de 55.000 initialement prévue, avant de prévoir un reflux de 83.000 en 2020 puis 54.000 en 2021.

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