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Les têtes de l'emploi : Franck Dubosc en professionnel Pôle Emploi !

Le thème du chômage tourné en dérision c'est ce que vous retrouverez dans Les têtes de l'emploi avec Franck Dubosc et Elsa Zylberstein. Un nouvel extrait vient d'être dévoilé et promet déjà une comédie très réussie !

Stéphane, Cathy et Thierry sont les meilleurs employés de l'Agence Pôle Emploi de leur ville. Mais ils sont tellement bons que l'agence va fermer car il n'y a plus de chômeurs ! Le comble pour ces spécialiste de l'embauche qui vont être débauchés ! Le trois collègues vont donc avoir une idée folle : créer du chômage pour sauver leur poste !

Dans les rôles principaux Franck Dubosc habitué aux comédies françaises de ce type, Elsa Zylberstein moins connue pour ce type de rôle et François-Xavier Demaison que l'on adore !

Dans un premier teaser on découvre Franck Dubosc en rendez-vous avec un demandeur d'emploi qui une fois de plus à réussi à lui trouver un travail mais qui semble avoir du mal avec la prononciation de certains mots. Evidemment avec la délicatesse de son personnage, Dubosc arrive à nous faire extrêmement rire malgré un humour un peu potache et qui pourrait mal passer mais qui finalement est tellement tourné en dérision que ça fonctionne !

Le film sortira dans les salles le 16 novembre prochain.

LAURA PATUREL


A LIRE AUSSI :

>> Franck Dubosc et Elsa Zylberstein au Pôle emploi dans les teasers de Les Têtes de l'emploi | Premiere.fr | 10/10/2016

>> Franck Dubosc devient conseiller… à Pôle Emploi ! | Gala | 10/10/2016


Les têtes de l’emploi: avant-premières en présence des acteurs



Dans le nouveau film de Franck Magnier et Alexandre Charlot (réalisateurs de Boule et Bill et co-auteurs des guignols de l’info), Franck Dubosc, Elza Zylberstein et François-Xavier Demaison jouent des employés du pôle emploi. Pour cette nouvelle comédie qui sort le 16 novembre prochain, l’équipe du film sera à la rencontre du public dans toute la France. Du 5 au 12 novembre, rendez-vous dans vos cinémas pour une série d’avant-premieres en leur présence.

 



L’histoire du film:

Stéphane, Cathy et Thierry sont les 3 meilleurs employés de pôles emploi de leurs 3 villes respectives. Mais leurs agences sont menacées de fermeture car, leurs résultats étant trop bons, il n’y a plus de demandeurs d’emploi. Ils décident donc ensemble de créer du chômage afin de continuer leurs activités.

3 ans après Boule et Bill dans lequel ils travaillaient déjà avec Franck Dubosc, le duo de réalisateurs signe là son 3ème long métrage.

Pour ceux qui attendront la sortie le 16 novembre, et même ceux qui assisteront à l’une de ces avant-premières, vous pouvez déjà regarder les 3 teasers disponibles ci dessous.






Cinq catégories de demandeurs d’emploi


Tous les chômeurs ne bénéficient pas, si l’on peut dire, du même statut.

La catégorie A réunit les personnes sans emploi (inscrites à Pôle emploi), tenus de réaliser des « actes positifs » (c’est le terme employé dans la définition officielle de cette catégorie) de recherche d’emploi.

La catégorie B rassemble les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite courte, inférieure ou égale à 78 heures dans le mois considéré.

La catégorie C regroupe les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité plus longue (plus de 78 heures dans le mois considéré).

La catégorie D est composée des demandeurs d’emploi non tenus de réaliser des « actes positifs » de recherche d’emploi car étant en stage, en formation, malades, etc. De fait ils sortent momentanément des statistiques du chômage (à moins d’obtenir un emploi juste après).

La catégorie E agrège les demandeurs d’emploi… occupant un emploi de type contrat aidé, etc. Eux aussi sortent momentanément des statistiques du chômage. Pour cette raison, les chômeurs des catégories D et E ne figurent pas dans le tableau que nous a fourni obligeamment la DIRECCTE.




Une ministre du travail " privé-public "

La nouvelle ministre du Travail, Muriel Pénicaud, 62 ans, réputée énergique et diplomate, tire son expérience d’une carrière professionnelle variée.


Désormais, les chiffres du chômage publiés par Pôle emploi ne seront plus commentés par la nouvelle ministre du Travail.

Car Muriel Pénicaud estime que l'indicateur de Pôle emploi « ne reflète pas bien l'évolution du marché du travail » car il « peut être affecté, chaque mois, par différents événements de nature administrative ». Sa volatilité « brouille plus qu'elle n'éclaire les tendances de fond sur le niveau de chômage ».

Directrice des ressources humaines

Mais qui est la nouvelle ministre qui va devoir négocier avec les partenaires sociaux à la veille de la réforme du code du travail voulue par Emmanuel Macron ? Muriel Pénicaud a 62 ans.

Et a une expérience mixte, public et privé, et une spécialiste des ressources humaines, réputée pour ses qualités de négociatrice et connaît le ministère du Travail pour avoir conseillé Martine Aubry au début des années quatre-vingt-dix quand celle-ci était… ministre du Travail !

Muriel Pénicaud, avant de retrouver la rue de Grenelle, était depuis 2014 directrice générale de Business France, l'agence publique de promotion de la France auprès des investisseurs étrangers.

Diplômée d'histoire et de sciences de l'éducation à l'université de Nanterre, puis de psychologie clinique à Strasbourg, elle a débuté sa carrière à 21 ans dans les collectivités territoriales, dans ce qui deviendra plus tard le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).

Elle a ensuite évolué dans diverses structures territoriales en Lorraine et en Normandie, avant d'être repérée par le ministère du Travail dans les années 1980.

Là, elle gravira les échelons jusqu'à devenir conseillère pour la formation de Martine Aubry.

Elle bifurquera ensuite vers le privé, tout d'abord au sein du groupe Danone où elle œuvre pendant près de dix ans comme directrice de la formation et des ressources humaines, puis chez Dassault Systèmes jusqu'en 2008.

Elle fait ensuite son retour chez le géant agroalimentaire, cette fois-ci comme directrice générale des ressources humaines. Elle y développe notamment un système de couverture sociale pour les 100.000 salariés du groupe à travers le monde, Dan'Cares.

Parallèlement, elle maintient ses attaches avec le monde politique. Elle est notamment membre entre 2008 et 2014 du Haut conseil pour le dialogue social, et est chargée fin 2009 par François Fillon, alors Premier ministre, d'une mission sur le stress au travail.

En 2014, François Hollande lui confie la tâche d'orchestrer la fusion entre Ubifrance, en charge du soutien à l'export, et l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII), pour renforcer l'attractivité du territoire.

Une mission dont elle s'acquitte avec énergie, malgré des crédits qui se réduisent au fil des ans comme peau de chagrin : à la tête de Business France, elle s'appuie sur son expérience du privé pour convaincre les investisseurs internationaux des atouts de l'Hexagone.

Cette mère de deux enfants, présente aux conseils d'administration de plusieurs entreprises, s'est aussi engagée pour la promotion des femmes au travail.


France/Monde - Gouvernement


Recherche d’emploi : la lente percée des réseaux sociaux

Les modes de recherche d’emploi restent encore, selon l’Insee, assez traditionnels : les jeunes et les cadres sont les plus nombreux à utiliser des réseaux sociaux, mais la majorité des chercheurs passent par les annonces, Pôle emploi et les candidatures spontanées.


En 2016, 4,2 millions de personnes déclarent avoir cherché un emploi et 97% d’entre elles ont recherché un emploi salarié. Parmi eux 68% étaient des chômeurs. L’Insee vient de publier une note de fond sur la manière dont ces personnes ont procédé, comment elles ont cherché leur emploi. Et si les méthodes sont multiples et cumulées elles sont aussi très largement « traditionnelles » : 87% ont passé une annonce dans un journal ou sur internet, consulté ou répondu à des annonces, 67% ont contacté Pôle emploi, une agence d’interim ou un autre organisme, 65% ont demandé à des amis ou des collègues et 62% ont déposé une candidature spontanée. Le premier constat de l’Insee est donc que la mobilisation des réseaux sociaux reste moins fréquente que les méthodes traditionnelles : 31% des personnes cherchant un emploi salarié font savoir qu’elles recherchent un emploi par le biais de leur profil professionnel.

Le second constat est que les modes de recherche varient selon la position sur le marché du travail. Ainsi les chômeurs prennent plus fréquemment contact avec Pôle emploi et déposent davantage de candidatures spontanées auprès des entreprises. En revanche les personnes en emploi, notamment celles qui n’ont pas de CDI ou sont en sous-emploi, s’adressent plus souvent à leurs relations, personnelles ou professionnelles. Le sexe n’est pas clivant dans les méthodes de recherche qui sont assez similaires entre les hommes et les femmes en revanche l’âge l’est : non seulement les jeunes chômeurs déposent plus souvent des candidatures spontanées que leurs aînés (74% des 15-24 ans contre 55% des 50 ans ou plus), mais ils utilisent davantage leur profil professionnel sur les réseaux sociaux et passent plus fréquemment un entretien d’embauche, un test, ou un concours d’entrée dans la fonction publique que leurs ainés, surtout ceux de plus de 50 ans .

Le troisième constat est que les modes de recherche varient aussi selon le statut social et la profession. Les cadres au chômage privilégient par exemple leurs relations et les réseaux sociaux : 59% d’entre eux utilisent leur profil professionnel sur les réseaux sociaux et 78% contactent des relations personnelles ou professionnelles. La part de cadres qui passe un test, un entretien d’embauche, un concours de la fonction publique est également plus élevée que celle des autres professions. Comme les cadres, les artisans, commerçants et chefs d’entreprise s’adressent aussi fréquemment à leurs relations personnelles et professionnelles, et contactent moins souvent Pôle emploi ou une agence d’intérim. À l’inverse les ouvriers contactent plus fréquemment que les autres catégories Pôle emploi ou une agence d’intérim (82%). La part des ouvriers qui mobilisent les réseaux sociaux numériques ou qui s’adressent à des relations personnelles ou professionnelles est également inférieure à celle des autres catégories socioprofessionnelles. En moyenne, les ouvriers au chômage recherchent un emploi depuis 23 mois, soit 4 mois de plus que les cadres et 6 mois de plus que les professions intermédiaires.

Quant aux résultats, ils ne correspondent pas forcément aux méthodes de recherche : le recours aux annonces n’est pas le chemin le plus efficace, les relations personnelles le sont : parmi les salariés qui occupent leur emploi depuis moins d’un an, 42% déclarent avoir trouvé cet emploi grâce à une démarche personnelle auprès de l’employeur ou après une candidature spontanée. Un quart indique que des relations familiales, personnelles ou professionnelles leur ont permis d’obtenir leur emploi. Et, dans 7 cas sur 10, la prise de contact avec l’employeur et la mobilisation des relations ont permis aux salariés de trouver leur emploi en CDI ou non. 9% seulement déclarent avoir trouvé leur emploi actuel grâce à Pôle emploi ou un autre organisme public, une proportion relativement stable depuis vingt ans et proche de celle observée dans d’autres pays pour le service public de l’emploi.

Comment recherche-t-on un emploi? Pôle emploi et agence d’intérim pour les ouvriers, relations personnelles et réseaux sociaux pour les cadres. Insee Première n°1660. Juillet 2017
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2901587




Chômage : pourquoi les chiffres de l’Insee et de Pôle emploi diffèrent

Au début de 2017, l’Insee annonçait une baisse du taux de chômage. Pôle emploi, de son côté, enregistrait une hausse, bien loin des chiffres de l’institut de la statistique. Explications.

En baisse pour les uns, en hausse pour les autres. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de chômage a diminué de 0,4 point au premier trimestre 2017 en France, pour s’établir à 9,6 % de la population active, selon les chiffres publiés le 18 mai. L’organisme a ainsi compté 2,7 millions de chômeurs sans aucune activité en métropole.

Pôle emploi avait, lui, compté davantage de chômeurs à la fin de mars 2017, en hausse de 1,1 %, pour un total de 3,7 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité. Pourquoi une telle différence ?

>> SOURCE : INSEE ET PÔLE EMPLOI

Cet écart n’est pas nouveau. Depuis des années, les statistiques de ces deux organismes divergent considérablement, tant sur le nombre de chômeurs que sur l’évolution de la courbe.

Deux organismes calculent les chiffres du chômage

♦ Pôle emploi : organisme public qui livre mensuellement les chiffres des demandeurs d’emploi inscrits dans ses agences en fin de mois.

♦ L’Insee : l’Institut national de la statistique et des études économiques publie tous les trimestres le taux de chômage, issu de sondages, et calculé selon la définition du Bureau international du travail (BIT). Ce sont les seules données internationalement reconnues.

Deux définitions du chômeur

♦ La définition du BIT

Selon les explications fournies par le site de l’Insee, un chômeur est une personne en âge de travailler, de 15 ans ou plus, qui répond simultanément à trois conditions :

– être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant une semaine de référence ;

– être disponible pour prendre un emploi dans les quinze jours ;

– avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

♦ La définition de Pôle emploi

Pour Pôle emploi, un chômeur est une personne inscrite sur ses listes. Qui peut y accéder ? Selon le site de l’organisme :

« Toute personne à la recherche d’un emploi, résidant sur le territoire national et ayant accès au marché du travail peut s’inscrire auprès de Pôle emploi si elle respecte les conditions de l’inscription, déclare sa domiciliation et fournit un des justificatifs d’identité exigés (les ressortissants étrangers relevant du régime général doivent en outre détenir un titre de séjour et de travail permettant une inscription). »

Un chômeur, au sens du BIT, n’est donc pas forcément inscrit à Pôle emploi, et l’inverse est aussi vrai.

Deux techniques de calcul

♦ Technique du sondage pour l’Insee

L’Institut se base sur un sondage trimestriel auprès de 110 000 personnes et en extrapole un chiffre, rapporté à celui du nombre d’actifs pour obtenir un taux. Une technique qui pourrait aussi expliquer les écarts de ses chiffres avec ceux de Pôle emploi. L’organisme ne peut qu’avancer des hypothèses :

« On peut avoir des gens découragés qui disent à nos enquêteurs ne plus faire de recherches actives d’emploi tout en restant inscrits à Pôle emploi. Mais on peut aussi avoir un phénomène chez les jeunes qui s’inscrivent plus à Pôle emploi pour bénéficier de certaines mesures, alors que, traditionnellement, ils n’y trouvent pas forcément d’intérêt. »

Ainsi, 16 % des chômeurs recensés par l’Insee ne se déclarent pas inscrits à Pôle emploi.

♦ 
Nombre d’inscrits pour Pôle Emploi

Pôle emploi collecte les chiffres des demandeurs inscrits dans ses agences en fin de mois, et possède ensuite ses propres catégories : « A » pour les chômeurs n’ayant pas travaillé du tout, « B » et « C » pour des activités partielles… En général, on retient le chiffre de la seule catégorie A et pour la seule France métropolitaine.

Une personne sans activité mais qui n’est pas ou plus inscrite à Pôle emploi sort donc des chiffres. De même, un chômeur bénéficiant d’une formation reste inscrit, mais quitte la catégorie A pour passer dans une autre. Il suffit d’oublier de s’actualiser auprès de l’établissement public pour en être radié, et disparaître des chiffres, ce même si on continue à chercher du travail.

Des différences accrues en 2013

En 2013, l’Insee a changé les questionnaires de son enquête Emploi. Après la reformulation à la marge de certaines questions, les réponses ont été profondément modifiées. Ainsi, un enquêteur de l’Insee ne vous demandera plus si vous étiez « à la recherche d’un emploi, même à temps partiel ou occasionnel », mais si vous étiez « à la recherche d’un emploi » tout court.

Associée à d’autres, cette modification a suffi à faire pencher quelques « oui » du côté du « non ». Les experts de l’Institut estimaient, en mars 2014, que le nouveau questionnaire a fait artificiellement baisser le taux de chômage de 0,5 point, soit 145 000 chômeurs de moins.


Les Décodeurs


LA LÉGENDE DU CHÔMAGE


« Parce que le chômage est une histoire d’ogre pour faire peur. Une légende noire. »

Jacques Fradin - paru dans lundimatin#115, le 25 septembre 2017

Il y a maintenant plus de 40 années que le chômage (métonymie de « la crise ») a été imposé comme le problème.
Le problème à résoudre coûte que coûte (ceci, le coût, devant être lu dans les termes d’une opération militaire : reprenez cette colline coûte que coûte).

Une intense propagande tourne autour de ce sujet (du chômage) jusqu’à pousser les gouvernements à truquer les statistiques (ou leurs interprétations).
Des gouvernements ou des présidents ont construit leurs programmes et leurs promesses autour de « la question du chômage » (la question qui est déclaré préoccuper, en priorité, les électeurs).
Certains candidats et futurs présidents s’engageant même à faire « baisser le chômage » (« inverser la courbe », l’engagement du fossoyeur).
D’autres, plus téméraires, macrons sabre au clair, prétendant « résoudre la question ».

Nous en sommes là.

Et les « opposants » (l’opposition de Sa Majesté), pas en reste dans le domaine du « réalisme constructif », d’apporter leurs solutions.
Comment en finir avec le chômage ? Les solutions alternatives à « la question du chômage ». Etc.
Nous avons rencontré les propositions des Économistes Atterrés.
Très récemment, la belle revue Reporterre (en ligne), dans le numéro 136 du 23 septembre 2017, proposait un dossier : Huit idées concrètes pour créer des emplois sans casser le code du travail, avec des articles de Michel et Monique Pinçon-Charlot, Philippe Bihouix, Pablo Servigne, François-Xavier Devetter, etc. Avec le thème : solutions écologiques à la question du chômage, le retour à la terre, etc.

Et si « la question du chômage » était une fausse question ?
Ou plutôt : si le chômage n’était qu’une construction mythologique (un piège à pigeons) ?
Une légende, une légende de plus dans la religion des modernes, la religion économique.
Une histoire pour faire peur ; une histoire d’ogre ; un conte à faire frémir.
Ou, par derrière, apparaît l’ogre, qui se nourrit du contrôle par le travail (le vieil ogre brejnévien, originaire des belles provinces occidentales).

Si la légende du chômage n’était que la réciproque de la grande mythologie (supposée moribonde), la mythologie du travail ?
Plaçons-nous d’abord du point de vue autoritaire ou des autorités, des patrons et du gouvernement patronal.
Ou suivons les recommandations des économistes affidés : Cahuc, Zylberberg, Tirole, etc.
Écoutons bien ce qu’ils affirment : il n’y a pas (véritablement) de chômage, il y a (certainement) des « fainéants », des déserteurs, des saboteurs, etc.

Disons, de manière plus humaniste, qu’il y a des personnes qui n’arrivent pas à s’intégrer, à s’adapter, à se soumettre à la discipline du travail (comme les gothiques à piercings qui ne savent pas respecter les horaires, etc.).
Il y a chômage autant qu’il y a des personnes (les saboteurs soviétiques) qui n’arrivent pas à se soumettre, à obéir.
À se soumettre à quoi ? À l’ordre économique, ordonné par les entreprises et leurs chefs (et leur courroie gouvernementale).
Radicalement, pour « régler la question du chômage », il faut et il suffit de supprimer les allocations chômage (et tous les revenus indus style RSA).
Régler la question du chômage, c’est recréer de la pauvreté (de la contrainte au travail), de la pauvreté radicale même.
Régler la question du chômage, du point de vue économique, c’est rétablir l’ordre.
Et, encore une fois, effacer la chienlit 68.

Remettre de l’ordre dans les familles. Rétablir la discipline. Les blouses grises. Déployer des écoles militarisées. Ah ! Montessori, n’est-ce pas la source essentielle du chômage ! Rétablir des règles de politesse. Etc.
Et si les familles ne collaborent pas, ne veulent pas ou ne peuvent pas, il suffit « d’attendre à la sortie » les étudiants, un peu trop légers, irréalistes, rêveurs, etc.
Redonner tout le pouvoir coercitif aux entreprises.
Car il n’y a plus que l’économie pour faire tenir le chaos « libertaire » d’après 68.
68, la bête noire des contre-révolutionnaires, de Reagan à Trump.

Le discours économique (à la Cahuc Tirole), radicalement réactionnaire, soulève le voile ; et par derrière.
Régler la question du chômage, c’est remettre de l’ordre, rétablir la discipline, obliger les rêveurs à devenir efficaces, forcer la conscription.
Et n’est-ce pas un recalé à Normale Sup, réorienté vers ce vide nommé « sciences po », qui sert de paravent à l’offensive réactionnaire (qui se déploie depuis l’échec américain au Viet Nam – avec les arguments allemands de 1920 : la trahison des étudiants, des intellectuels, etc.) ?

Le chômage n’est pas un problème principal. Ni même un problème du tout.
Le problème est celui de l’obéissance, de la soumission, de l’admiration des chefs.
Ici, chez les réactionnaires (les macrons), « l’utopie américaine » de Fredric Jameson (Dual Power and the Universal Army, edited by Slavoj Zizek, Verso, 2016) est prise au pied de la lettre.
Rétablir la conscription. Reconstituer l’armée du travail. Reformater le travailleur soldat. Le bon travailleur d’avant 68, d’avant les « fainéants ».
Celui qui se sacrifie. Muettement. Sans un cri. Qui accepte son sort. Sa place. Qui accepte son rôle dans le collectif de combat, quel que soit son grade, mal payé ou non payé, qui respecte l’autorité, les patrons, les chefs. Qui admire ses chefs. Qui peut être directement puni : la décimation sociale pour désertion ou sabotage.

Pourquoi donc n’y a-t-il pas de « problème du chômage » ?
Parce que le chômage est une histoire d’ogre pour faire peur. Une légende noire.
La mythologie infernale du chômage est la réciproque de la mythologie paradisiaque du travail.
L’enfer et le paradis.
Cette mythologie du travail était menacée.
De plus en plus de désobéissants, ou de j’m’en foutistes. De plus en plus de fumistes. De minables qui se croient des poètes. Qui veulent vivre en chantant !
Pour rétablir la croyance, il a fallu, pour les gouvernants et leurs patrons, ramer plus de 40 années.
Combien de petits macrons ont-ils participé à cette restauration ? À ce mouvement de fond, réactionnaire ?
Résoudre la question du chômage, rétablir l’ordre du travail, c’est en fait reconfigurer toute la société, « la formation » pour parler le macron qui marche.
Et pour que le Recalé Charles X puisse réussir le coup, tant désiré par ses patrons, il a fallu que l’esprit « contestataire » (68) soit laminé. Il a fallu 40 ans.

Il n’y a pas de problème du chômage.
Le problème est celui de « la société que nous voulons ».
Économique ou anti-économique.
On ne parle plus que de cela (dans les médias de la réaction – c’est-à-dire tous) : « la gauche » s’est volatilisée.
La France serait toute à droite (sinon adroite).
Le pétainisme, enfin, triompherait (toujours grâce aux Allemands ?).
Tous communieraient dans la détestation du libéralisme politique et dans l’admiration du libéralisme économique (lui très autoritaire).
Jusqu’au FN travaillé par ce (supposé) retour à droite.
Plus profond que la question du chômage, se trouve le grand problème : il faut créer un nouveau mythe.
L’homme est un animal religieux : il veut croire, il ne peut vivre sans croire.
Face à la religion économique dominante ou hégémonique, il est (encore) nécessaire (mais bien peu suffisant) de forger une croyance alternative.
Non pas une alter économie où aurait été résolue la question du chômage (encore les Atterrés) ; mais une nouvelle civilisation débarrassée de l’économie.
Qu’est-ce qui explique la fascination, passée et passagère, pour l’URSS ?

La croyance en la capacité à construire un nouveau monde.

Lundimatin - Jacques Fradin Économiste anti-économique, mathématicien en guerre contre l'évaluation, Jacques Fradin mène depuis 40 ans un minutieux travail de généalogie du capitalisme.


Carnet de bord d'un conseiller de Pôle emploi #1 : la réforme permanente

David Balcain est conseiller Pôle emploi dans le nord de la France. Au "Point", il raconte son quotidien, entre excès de bureaucratie et cruelles réalités.

Ce mardi soir vont être révélés les chiffres du chômage du mois de septembre. Et demain matin, comme chaque matin, nous aurons un briefing avant l'ouverture de l'agence Pôle emploi, où je travaille, dans une ville moyenne et populaire du nord de la France. C'est certain, il n'y aura pas de commentaires sur les chiffres du chômage. Et pas un mot non plus pour nous motiver, moi et mes collègues, face à la situation endémique que connaît ma ville, située dans le Nord.

Ici, dans ce coin de France populaire, nous atteignons des records de chômage, chez les seniors, chez les jeunes, chez les femmes, chez les hommes… Cela je le sais, après avoir cherché. Car, en fait, le taux de chômage local – encore plus que celui national – n'est pas un sujet dans mon agence. Pour m'amuser, j'ai posé un jour la question aux chefs lors d'une réunion : « Quel est le taux de chômage dans notre ville ? » À part notre directeur, personne n'avait la réponse exacte. Comme si cela ne nous concernait pas. Est-ce culturel ? Est-ce une stratégie ? En tout cas, je vis cela depuis mes débuts, il y a dix ans.

J'ai intégré l'ANPE après avoir passé un concours. Je n'avais aucune expérience sur les questions d'emploi, sauf celle d'avoir été chef d'entreprise – une entreprise qui a fait faillite. Bref, être conseiller Pôle emploi n'était guère une vocation, mais une nécessité. Cela a commencé par une formation rapide en agence. Cela a commencé par beaucoup de tâtonnements, d'erreurs, de cruauté en face de vies brisées, cassées, de personnes que le chômage avait rendues trop lasses pour continuer leurs recherches.


"J’en ai connu des réformes, du suivi mensuel au conseiller personnel à double compétence, du « faire plus pour celui qui en a le plus besoin » au tout-numérique"


Dix ans après, le chômage est toujours là, terrible. Avec une institution enkystée par les lourdeurs réglementaires. Le « comportement » de nos DE n'a pas fondamentalement changé ces dernières années. (Pardon, j'écris DE pour « demandeur d'emploi », car chez nous, comme dans toute administration, digne de ce nom, nous adorons les sigles…) Depuis mes débuts, c'est plutôt le profil des DE qui a changé ; il y a plus de DE de longue durée, voire de très longue durée, de DE « largués » par rapport à l'utilisation des outils numériques et de jeunes en situation de décrochage scolaire, sans qualification et n'ayant aucune idée de ce qu'ils pourraient faire et quel rôle ils pourraient jouer dans notre société. Je note également une baisse importante de la « motivation » de nos DE.

J'en ai connu des réformes, du suivi mensuel au conseiller personnel à double compétence, du « faire plus pour celui qui en a le plus besoin » à l'emploi store et au tout-numérique. Aujourd'hui, nous devons appliquer le « NPDE », le nouveau parcours du demandeur d'emploi. Ce « nouveau parcours » s'est adapté aux nouvelles technologies et permet de dématérialiser l'ensemble des modalités d'inscription, cette dernière n'étant plus possible que par le canal d'internet. Les DE sont ensuite reçus en ESI (entretien de suivi individuel) où un diagnostic est posé par le conseiller qui détermine la modalité dans laquelle sera positionné le DE : suivi, guidé ou renforcé. En fonction de ce choix, le DE sera accompagné par un conseiller ou, considéré comme autonome, remis entre les « mains » des outils numériques et les contacts « à distance ». Ainsi les « portefeuilles » des conseillers peuvent varier entre 70 et 800 DE. En ce qui me concerne, je ne suis pas à plaindre. Affecté à une modalité dite « renforcée » et destinée aux jeunes de moins de 26 ans (Accompagnement intensif des jeunes), mon portefeuille de 70 DE est raisonnable.


"Connaissez-vous Bob emploi ?"


Avec l'arrivée et le développement du numérique, j'ai vu notre travail se transformer : j'ai l'impression qu'un siècle s'est passé depuis que j'adressais des CV papier par la poste. Nous sommes à présent au tout-numérique et à la mise en service d'algorithmes. Connaissez-vous Bob emploi ? C'est le conseiller numérique créé par Paul Duan fondateur et président de Bayes Impact, une ONG spécialisée dans le traitement de données, qui devrait baisser le chômage. Cette application « intelligente » et personnalisée est censée aider chaque jour nos DE dans leurs recherches et leurs projets en se « nourrissant » des « datas » qu'elle peut récolter et leur faire des propositions pertinentes. Pour notre bien ? Pour le bien du DE ? Rien n'est moins sûr, car l'humain dans sa diversité est si complexe que seule l'écoute attentive par un cerveau entraîné peut diagnostiquer les causes et mettre en place les remèdes nécessaires à chacun dans ses difficultés avec la vie professionnelle. Un exemple que ne pourraient pas régler les algorithmes ? Bob et ses algorithmes ne pourront jamais respirer l'haleine chargée du DE alcoolique, l'odeur de la misère et de la précarité, le désespoir du DE malade, cassé, déprimé… Comment Bob va-t-il aider Irena, seule, deux enfants à charge, roumaine d'origine et travaillant depuis plus de huit ans comme femme de chambre dans un hôtel, pour moins de 600 euros par mois, sans aucune reconnaissance, sans cesse houspillée et qui n'en peut plus. Bob n'est pas humain, il ne comprend pas la détresse…

En dix ans, j'ai su m'adapter, apprendre, évoluer. Ce qui n'est pas le cas de tous mes collègues qui, pour certains, sont en difficulté. Mais cela, je vous le raconterai dans un prochain épisode.


PAR DAVID BALCAIN (AVEC BEATRICE PARRINO)


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Carnet de bord d'un conseiller de Pôle emploi #2 : la discrimination, un combat quotidien

David Balcain est conseiller Pôle emploi dans le nord de la France. Au "Point", il raconte son quotidien, entre excès de bureaucratie et cruelles réalités.

Je suis agacé.

Hier, j'ai bouclé le dossier de candidature d'une jeune femme qui recherche un poste de vendeuse en prêt-à-porter. Elle est pleine de vie, dynamique, passionnée... Bref, elle en veut. Et ce n'est pas si fréquent dans le dédale de Pôle emploi. J'adresse son CV avec un long commentaire sur ses qualités, son expérience à un de mes collègues qui œuvre dans la ville limitrophe à la mienne. Il fait partie des conseillers affectés au service Entreprises, présent dans chaque agence. Ces conseillers n'accompagnent plus directement les demandeurs d'emploi (DE), mais ils gèrent les relations avec le monde des entreprises : ils prennent note des offres, sélectionnent et présentent des candidats... Ce collègue est donc censé valider les compétences de ma candidate et faire suivre son CV à l'employeur. Ah, si tout était aussi évident !

Quelques heures, à peine, après l'envoi de la candidature, il m'a transmis son refus de soumettre le dossier de ma jeune DE. Motif  ? Il a décidé qu'elle habitait trop loin de l'emploi proposé  ! Je le rappelle : la ville de la DE et la ville du magasin se touchent… Ce collègue ignore que ce qu'il fait, c'est de la discrimination. Ce n'est pas moi qui le dis, mais la loi. Il devait avoir « piscine » le jour de la formation « lutte contre les discriminations », obligatoire dans le parcours d'un conseiller Pôle emploi. Une simple recherche sur Internet « discriminations + critères » permet de se rafraîchir la mémoire… À cette annonce, je suis tombé de ma chaise, car nous, conseillers de Pôle emploi, sommes censés être les garants de la lutte contre les discriminations en tant que serviteurs du service public de l'emploi.


"Nous sommes confrontés quotidiennement à la discrimination"


J'ai averti mon supérieur hiérarchique. Mais ni lui ni moi ne pouvons passer outre ce collègue. Du coup, la candidature de la jeune fille ne sera pas transmise. Que lui dire  ? La vérité  ? Cela finirait sans faute sur le bureau de notre médiateur. Avec des conséquences qui pourraient être ennuyeuses pour mon collègue. Lui, conseiller entreprise, tient à satisfaire l'employeur, moi, conseiller à l'emploi, je dois favoriser ceux qui en ont le plus besoin. Pôle emploi devra résoudre ce dilemme né avec la création récente des conseillers « entreprise », et qui conduit à ce genre d'absurdités.

La discrimination est un sujet sérieux auquel nous sommes confrontés quotidiennement. C'est comme cela, malheureusement. Mais ce n'est pas une fatalité et souvent à force de persévérance et de candidatures, le résultat est au bout. C'est chaque fois pour moi un challenge. Autant les discriminations par l'âge et le sexe sont assez faciles à surmonter. Elles sont le plus souvent « dans la tête » du DE, convaincu que ses échecs à trouver un emploi sont le fait de discrimination. En travaillant sur l'expérience, les compétences et la confiance en soi, il est possible de « casser » le cercle infernal et de rencontrer des employeurs.


"La discrimination peut conduire au désespoir, au découragement, à l’oisiveté"


En revanche, les discriminations liées à la couleur, à la religion relèvent d'un vrai combat, quasi au corps à corps avec les employeurs. Candidats diplômés ou pas. Certes, quelques-uns sont maladroits comme ce jeune homme qui, lors d'un entretien, avec une grande entreprise a expliqué qu'il faisait le ramadan. Il n'avait pas à parler de ses pratiques religieuses : un entretien doit permettre de souligner ses compétences, sa motivation. Il n'a pas eu le poste et je ne peux que déplorer qu'il ait été si maladroit. À moi de le lui expliquer afin qu'il évite de renouveler ce genre d'erreur. Quoi qu'il en soit pour arriver à obtenir un entretien pour un jeune issu des minorités, d'une couleur un peu foncée, il faut batailler beaucoup plus que pour un jeune Blanc. Et si notre premier porte en plus une barbe alors là, ce n'est pas gagné. Je ne conseille bien sûr jamais de se débarrasser de cet attribut, car il relève de la vie privée, mais je sais que les DE « barbus » n'obtiendront que rarement des postes en contact avec le public. Peut-être est-ce pour cela que nous retrouvons la majorité de ces profils dans la manutention, l'industrie, le bâtiment ou le nettoyage, même s'ils sont parfois diplômés.

Depuis plusieurs années, j'accompagne deux jeunes femmes d'origine maghrébine dans leur recherche d'emploi. Toutes deux ont un diplôme d'études supérieures dans le tertiaire. Elles sont modernes, compétentes, pétillantes, volontaires ; aucune ne porte de voile. Pourtant, alors qu'habituellement, j'arrive à placer ce type de profil en quelques semaines – avec des prénoms d'origine française –, je n'ai pu jusque-là trouver seulement, pour chacune d'elle, un contrat aidé. Nous arrivons avec difficulté à obtenir des entretiens malgré nos dizaines de candidatures. Pour moi, cela ne fait aucun doute que la discrimination est responsable de ces échecs. Je dois à chaque rendez-vous les motiver. Car pour ceux qui ne sont pas soutenus, la discrimination peut conduire au désespoir, au découragement, à l'oisiveté, parfois mère de tous les vices.

(*) Il s'agit d'un pseudonyme


PAR DAVID BALCAIN (AVEC BEATRICE PARRINO)


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