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Vis ma vie de chômeur à Pôle Emploi (5)

Dernier épisode des aventures d’Olivier à Pole Emploi. Bilan de toutes ces années perdues dans la machine bureaucratique.

Synthèse

Je peux désormais établir les premières statistiques comparatives après plus d’un mois de présence de mes CV sur le site corporate (dont 15 refresh par jour pour être en haut des listes, et oui, ça se passe comme ça chez Pôle-Emploi…), et les autres sites sur lesquels je suis présent depuis un certain temps, et qui ne nécessitent, eux, aucun refresh : en moyenne la concurrence classique (Indeed, PacaJob, JobiJoba, Monster…) m’apporte 3 visites chaque semaine par CV, là où Pôle-Emploi brille avec zéro visite depuis ma mise en ligne.

Attention, je ne reproche pas l’absence de propositions, mais bien l’absence totale de simple visite sur au moins 2 des 3 CV qui correspondent à des besoins réels d’entreprises, et pour lesquels je vois, chaque jour, des annonces publiées pouvant correspondre à mes critères de base, ceux qui font que l’on va visualiser le CV, même pour se rendre compte qu’il n’est pas celui que l’on cherche, mais qui a le mérite de générer +1 au compteur de visites…

Interlude : dernier contact interactif en tant qu’allocataire

Ayant obtenu la proposition par le formateur interne, lors du 4e stage CV, de lui présenter mon travail à des fins de critique, et cette fois, des propositions de modifications, j’ai attendu son retour (2 semaines annoncées) de congés, et lui ai envoyé un petit message afin d’attirer son attention sur mes CV.

Je recevrai deux jours plus tard, au 21e jour de mise en ligne, une réponse courtoise, me disant que mes CV étaient biens. Chouette !

Il me suggère néanmoins de joindre mes vrais CV classiques aux CV Pôle-Emploi.

♦ À quoi ça sert de créer un CV pour y attacher un autre CV ? Je retourne sur le site corporate pour me prêter à l’exercice. Je n’en peux plus de cette logique…

Et là SURPRISE ! Mes 3 compteurs de visites, qui marquaient encore la veille à minuit un triste triple zéro, indiquent désormais ce matin 1 – 0 – 0. Quelqu’un est venu pendant la nuit ! Si c’est un recruteur, je suis bien content : c’est que je suis visible. Si c’est le formateur… il n’a jeté un œil qu’à 1 des 3 CV, me certifiant que les 3 étaient bons…

Je n’aime pas les coïncidences…

Je crée néanmoins 2 CV corporates supplémentaires, l’un pour du « support informatique » (de la bonne hot-line des familles), et le fameux CV de « Conseiller en Emploi et Insertion Professionnelle », plébiscité par mon propre Conseiller.

J’attache aux 5 CV corporates, comme suggéré, 5 CV classiques de ma composition. Ceux qui, justement, ne conviennent jamais et me conduisent systématiquement vers un nouvel atelier CV. J’avais bien besoin de ça.

Dès l’opération terminée, j’envoie une nouvelle demande au formateur zélé, cette fois explicitement, insistant sur le fait que j’ai vraiment besoin d’aide avant d’avoir à dormir dans ma voiture, et que je lui serais reconnaissant de critiquer ces 5 différents CV, puisque, après 2 années infructueuses, je cherche donc tous azimuts. Je présente également des excuses bien plates sur le temps qu’il devra affecter à mon cas, façon chantage affectif, au point où j’en suis…

Je verrai bien : 1. Si mes compteurs bougent de nouveau, et 2. Avec de la chance, si j’obtiens ENFIN une aide constructive de Pôle-Emploi…

Pour l’instant, mon compteur de visite est donc à : 1 – 0 – 0 – 0 – 0.

Quelques jours passent encore, puis nous sommes prévenus que le site présentera des perturbations pendant ce week-end du 18-19 juin. De fait, le site est inaccessible : Erreur 404. Carrément. Ça, c’est de la bonne gestion évolutive… Même les informaticiens s’en mêlent. Il ne pourra pas bosser, mon Conseiller, si le réseau est down. Bref, vivement lundi. Tout de même, je n’ai jamais vu un site web qui ferme 48h pour une évolution technique. Des magasins physiques ferment pour une rénovation, un inventaire ou un dimanche. Pas un site web, si ? Eh bien Pôle-Emploi oui.

Nous lirons dans la presse qu’une super mise à jour a été intégrée à l’attention des employeurs uniquement, afin de leur permettre d’utiliser l’outil plus intuitivement.

Résultat de ces 2 jours d’arrêt ? Rien de visible de mon côté.

Mais ma recherche sauvegardée « vendeur en informatique », me renvoie désormais une palanquée d’annonces plus farfelues les unes que les autres : vendre de la vaisselle et autre assurer du SAV de machines-outils en passant par vendeur chez Décathlon. Bref, tout sauf vendeur informatique.

De toute façon, mes compteurs de visites sont toujours à zéro sauf sur l’un des deux nouveaux CV. En effet, curieusement, lorsque j’ai mis en ligne mon CV « Conseiller en emploi », j’ai obtenu en moins de 2 heures 6 visites ! Et après plus rien. Zéro visite supplémentaire. Conclusion : il y a au plus 6 sociétés qui cherchent activement des Conseillers en Emploi. Les autres recruteurs attendraient-ils que les candidats affluent par eux-mêmes ? Après tout, il y a tellement de chômeurs, ils n’ont qu’à chercher le travail eux-mêmes, ça a été assez fatiguant de publier l’annonce pleine de fautes d’orthographe et d’incohérences grâce au nouveau panel employeur si flexible.

N’y-a-t-il donc que les recruteurs de Conseillers en emploi qui utilisent le site de Pôle-Emploi ? L’utilité du site corporate me paraît de plus en plus futile… d’autant plus que je n’ai toujours pas de réponse du Conseiller-zélé-qui-propose-des-corrections-ultérieures-pour-partir-plus-tôt, plus de 10 jours après mon appel à l’aide… Corrections qui, je le rappelle, étaient pour moi l’unique motivation à mettre en ligne ma vie sur le site-même de Pôle-Emploi…

Nous sommes maintenant le premier juillet, plus d’un mois a passé depuis que l’on m’a promis de l’aide sur mes CV. J’ai eu beau relancer le formateur, pas de réponse ni réaction.

Courage, chers Conseillers, vous allez bientôt pouvoir sortir la tête du trou : encore 14 jours et je sors officiellement des chiffres des demandeurs rémunérés.

40 jours après leur mises en ligne, le compteur de visites de mes CV est : 1 – 0 – 0 – 6 – 0.

Fin de l’interlude

Je repense au coup pourtant classique du gars qui voudra partir plus tôt le vendredi après-midi parce qu’il est en vacances le soir-même — alors que je n’ai, moi, que cet instant-là pour apprendre et comprendre comment faire des CV et tenter de changer ma vie — mais qui engrange les co-financements de l’Union Européenne sans vergogne, avec ma signature de chouette stage extorquée par ses promesses d’un suivi postérieur qu’il ne respectera pourtant pas.

À l’instar du temps perdu dans ces stages CV et autres stages confiés à des prestataires si peu engagés et si peu scrupuleux dans leurs actes professionnels, pompant activement les subventions sociales, je me dis qu’il doit bien y avoir une raison objective de vouloir me faire perdre mes journées sur le site de Pôle-Emploi, à l’aune de mon expérience et du comparatif présenté plus haut.

Car avec le recul, le dernier stage CV interne à Pôle-Emploi me fait penser à de la promotion. En effet, tout y est : culpabilisation de la non utilisation (même si on pointe ailleurs), présentation couleur et promotion dynamique, promesses d’un SAV CV, et une fois mordu, ce même sentiment que l’on ressent lorsque l’on s’est abonné à un truc que l’on avait déjà, mais en moins bien, et un SAV qui ne fonctionne pas… (Vous voyez que j’ai mes bases de commerce…)

De fait, si les annonces à arbitrer sont gérées par des robots à l’esprit manifestement dépourvu de liberté, et que les autres annonces sont trouvables par ailleurs… Why ?

À moins que l’ on ait besoin d’y montrer un trafic utilisateur digne de celui d’Amazon – trafic néanmoins artificiel car le site n’est finalement qu’un agrégateur ; mais trafic qui serait interprétable comme la preuve matérielle nécessaire pour que le Grand Décideur de ce projet de site web probablement pharaonique et coûteux (c’est nos taxes, ça aussi ?) puisse briller et justifier sa future promotion dans la droite lignée de Peter ?

Pour facturer encore plus les recruteurs qui finiront bien un jour à payer leurs annonces en proportion des parts de marché d’un Pôle-Emploi déjà livré à la concurrence et prétendument dépositaire d’un savoir-faire démontrable par ses gros graphiques de trafic ?

Remplacer à terme les Conseillers (majoritairement en CDD de 6 mois renouvelables) une fois le flow éprouvé par ces derniers, un peu à la façon du reCaptcha de Google qui confie à ses propres clients le soin d’enseigner la reconnaissance des bons caractères à ses ordinateurs ? La presse a parlé ces jours-ci de la future robotisation des Conseillers… n’est-ce pas déjà fait ? Pas assez bien peut-être… merci Adidas, pour tes idées lumineuses.

J’ai l’impression d’être confronté de nouveau aux raisons qui m’ont poussé à quitter mon précédent emploi : grenouillage, incompétence au poste, absence de prise de risques et donc d’engagement, d’analyse, de réflexion et donc de production, privilège de la facilité, ignorance des sujets abordés, négation des réalités, maintien de son propre confort et je-m’en-foutisme. Une vitrine, rien qu’une vitrine dans une organisation sans contrôle, vouée à distribuer des allocations jusqu’à la lie, qui se contente des retours naturels ou « alimentaires » vers l’emploi pour toute statistique présentable de l’utilité individuelle du Conseiller en Emploi, celui-là même qui sera pourtant prêt à user de toute l’énergie disponible pour maintenir les choses en état… (J’ai aussi côtoyé les sections syndicales de Pôle-Emploi dans ma vie d’avant…)

J’ai aujourd’hui, en partie grâce à l’inertie plombante de la méthode Pôle-Emploi et à son manque cruel d’analyse et donc d’utilité dans le cadre du suivi individualisé, un trou professionnel de 14 ans, et à 45 ans, j’arrive en fin de droits et donc au RSA, dont la seule évocation fait trembler tous ceux qui se savent capables et veulent travailler. Il ne me reste plus qu’à partir de moi-même pour enfin être ajouté au nombre des sorties naturelles et combler de bonheur mon Conseiller qui pourra enfin graver cette nouvelle croix au-dessus de son écran… et peut-être même m’intégrer à ses 13% d’efficacité dénoncée par la Cour des Comptes, au vu du nombre d’actions effectuées pour mon seul cas…

En outre il paraît presque inutile de faire remarquer que, dans de telles conditions, le turn-over naturel ne vient que du fait que, au bout d’un moment, tout-un-chacun-chômeur retrouvera un emploi parce qu’il faudra bien vivre !

Par du travail non déclaré, des petits boulots avilissants timidement aiguillés lors d’un critique 4e atelier CV, quelle que soit la méthode de survie trouvée, ce turn-over existe surtout parce que tout-un-chacun-en-question s’en sortira par lui-même ou sera mécaniquement radié de la liste comptabilisable des allocataires visibles et gênants, ayant atteint sa lie, comme ce sera mon cas dans quelques jours.

En aucune manière ce turn-over, ici normalement gratifiant, ne viendra, hélas, d’une quelconque tentative de mise en adéquation plus élaborée que les y autorisent des règles de gestion aussi simplistes, inadaptées et strictes, programmées par le Grand Décideur. Ces moins de 15% de retour à l’emploi imputables à Pôle-Emploi, dossier dénoncé, donc, par la Cour des Comptes il n’y a pas si longtemps, sont semble-t-il tristement compréhensibles…

Et quand on pense à l’avenir déjà tracé de toute population salariée à qui on demande, un jour, de se contenter d’appuyer sur des boutons en guise de contrôle ou d’arbitrage, population qui l’acceptera en pensant son travail simplifié (c’est bien pratique, l’informatique !), déplaçant inexorablement d’un cran supplémentaire la paresse individuelle en trouvant probablement désormais fatiguant d’ajouter quelques mots afin d’éviter un « Motif : refusé » si peu constructif et si démonstratif de manque de volonté…

Enfin ! Même les hôtes de caisse comprennent vite le danger de la douchette, malgré leur mal de dos ! Encore une histoire de cordonnier mal chaussé et de lorgnette à petit bout… N’ont-ils pas, chez Pôle-Emploi, le souci de la valeur ajoutée pour justifier et maintenir un jour leur propre existence et légitimité ?

Il existe dans le domaine de la hot-line, un savoir-faire qui conduit les problèmes les plus simples à être priorisés sur les problèmes complexes, indépendamment de la chronologie de réception des appels. Ce processus vise à réduire le nombre de mécontents à l’instant T : la majorité des problèmes étant simples et résolus rapidement, seulement quelques-uns se plaindront, donnant l’illusion d’un service efficient, alors que les problèmes complexes ne sont pas traités… faute de compétence ?

Honnêtement, même en prenant les chiffres officiels du taux de clients, (c’est le terme utilisé), par Conseiller, paru récemment, soit 116 personnes à gérer en moyenne, et si tous mes collègues demandeurs d’emploi bénéficient du même traitement que moi (qui ne suis visiblement pas prioritaire pour un sou, mais quid des copains motivés ?), alors dès le premier mardi midi du mois, je pense que mon Conseiller a fini SON MOIS DE TRAVAIL…

Une explication serait que le turn-over mensuel (et donc du travail d’accueil en plus) sur un total brut de 116 dossiers est tellement important que ça empêcherait tout suivi effectif ? Mais dans ce cas cela serait un signe d’implosion du marché du travail (et à périmètre constant, oui, un signe d’explosion également). Personne n’a pourtant évoqué ce phénomène-là…

Next…

Puisqu’il est donc manifeste que le turn-over n’est pas explosif, combien de temps, du vrai temps, accorde-t-on à chacun des 116 dossiers, sur la durée de leur inscription ? Quelle priorisation fait-on d’une situation à l’autre, d’une urgence à l’autre, lorsque l’on est suivi ?

À 140h brutes (4x35h) de travail par mois :

♦ vu l’absence de réussite de nombre d’entre nous, ne nécessitant vraisemblablement un besoin de réflexion que sur un pourcentage faible (les fameux 15% constatés), et par effet mécanique, la relative autonomie de 85% restants,
♦ vu le peu d’annonces corporates Pôle-Emploi exigeant un arbitrage du Conseiller, croisé avec le peu de temps manifeste accordé à leurs traitements,
♦ vue la capacité qu’à chaque demandeur de se débrouiller seul en postulant directement auprès des recruteurs, ne générant donc pas de travail d’arbitrage supplémentaire pour le Conseiller,
♦ vu la délégation systématiquement appliquée pour le seul vrai travail d’émancipation du demandeur d’emploi (projet professionnel, CV, lettres de motivation et utilisation de l’outil informatique),
♦ vu la constructivité pitoyable des réponses automatisées mises en place pour le bien-être du Conseiller qui n’exécute plus aujourd’hui qu’un job de hot-liner de niveau 1 (« il y a encore beaucoup de travail, voulez-vous que je vous inscrive……… »),
♦ vu pour ma pomme que les promesses d’un SAV CV n’engagent que ceux qui y croient,
♦ vu, enfin, le petit nombre de demandeurs à réclamer un suivi, et donc à générer 1h de travail tous les 3 ou 6 mois. Pas plus en travail préparatoire puisque je constate systématiquement que j’ai besoin de rappeler ma situation – même un médecin traitant a plus de mémoire, et il a nettement plus de 116 clients, lui…

Où sont passées mes minutes d’investissement suivi personnalisé, pourtant choix de contrat entre Pôle-Emploi et moi, contrat qui serait mis à mal à la moindre incartade de MA part (menaces de radiation sur chaque courrier) mais qui n’est visiblement pas respecté par l’une des 2 parties qui n’est pas moi ?

Quand on constate que le Conseiller en Emploi est aussi peu engagé dans son propre métier – pourtant hautement et moralement responsable, comme instituteur ou curé de village, (mauvais exemple), et que l’on n’a qu’une vision aussi ténue de sa propre condition à venir, je sais désormais que, pour nous autres les demandeurs d’emplois capables et désireux de travailler, nous ne pourrons jamais compter que sur nous-mêmes.

Épilogue

Le Canard enchaîné a publié le 2 août 2016 un article amusant terrifiant sur la pression exercée sur Pôle-Emploi afin de placer 500.000 demandeurs d’emploi en formation. Il est même écrit que certains Conseillers peinent à trouver des volontaires et doivent se souvenir de ceux qui ont exprimé un besoin de formation.




A LIRE AUSSI :

>> Premier épisode

>> Deuxième épisode

>> Troisième épisode

>> Quatrième épisode


Les têtes de l'emploi : Franck Dubosc en professionnel Pôle Emploi !

Le thème du chômage tourné en dérision c'est ce que vous retrouverez dans Les têtes de l'emploi avec Franck Dubosc et Elsa Zylberstein. Un nouvel extrait vient d'être dévoilé et promet déjà une comédie très réussie !

Stéphane, Cathy et Thierry sont les meilleurs employés de l'Agence Pôle Emploi de leur ville. Mais ils sont tellement bons que l'agence va fermer car il n'y a plus de chômeurs ! Le comble pour ces spécialiste de l'embauche qui vont être débauchés ! Le trois collègues vont donc avoir une idée folle : créer du chômage pour sauver leur poste !

Dans les rôles principaux Franck Dubosc habitué aux comédies françaises de ce type, Elsa Zylberstein moins connue pour ce type de rôle et François-Xavier Demaison que l'on adore !

Dans un premier teaser on découvre Franck Dubosc en rendez-vous avec un demandeur d'emploi qui une fois de plus à réussi à lui trouver un travail mais qui semble avoir du mal avec la prononciation de certains mots. Evidemment avec la délicatesse de son personnage, Dubosc arrive à nous faire extrêmement rire malgré un humour un peu potache et qui pourrait mal passer mais qui finalement est tellement tourné en dérision que ça fonctionne !

Le film sortira dans les salles le 16 novembre prochain.

LAURA PATUREL


A LIRE AUSSI :

>> Franck Dubosc et Elsa Zylberstein au Pôle emploi dans les teasers de Les Têtes de l'emploi | Premiere.fr | 10/10/2016

>> Franck Dubosc devient conseiller… à Pôle Emploi ! | Gala | 10/10/2016


Les têtes de l’emploi: avant-premières en présence des acteurs



Dans le nouveau film de Franck Magnier et Alexandre Charlot (réalisateurs de Boule et Bill et co-auteurs des guignols de l’info), Franck Dubosc, Elza Zylberstein et François-Xavier Demaison jouent des employés du pôle emploi. Pour cette nouvelle comédie qui sort le 16 novembre prochain, l’équipe du film sera à la rencontre du public dans toute la France. Du 5 au 12 novembre, rendez-vous dans vos cinémas pour une série d’avant-premieres en leur présence.

 



L’histoire du film:

Stéphane, Cathy et Thierry sont les 3 meilleurs employés de pôles emploi de leurs 3 villes respectives. Mais leurs agences sont menacées de fermeture car, leurs résultats étant trop bons, il n’y a plus de demandeurs d’emploi. Ils décident donc ensemble de créer du chômage afin de continuer leurs activités.

3 ans après Boule et Bill dans lequel ils travaillaient déjà avec Franck Dubosc, le duo de réalisateurs signe là son 3ème long métrage.

Pour ceux qui attendront la sortie le 16 novembre, et même ceux qui assisteront à l’une de ces avant-premières, vous pouvez déjà regarder les 3 teasers disponibles ci dessous.






Cinq catégories de demandeurs d’emploi


Tous les chômeurs ne bénéficient pas, si l’on peut dire, du même statut.

La catégorie A réunit les personnes sans emploi (inscrites à Pôle emploi), tenus de réaliser des « actes positifs » (c’est le terme employé dans la définition officielle de cette catégorie) de recherche d’emploi.

La catégorie B rassemble les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite courte, inférieure ou égale à 78 heures dans le mois considéré.

La catégorie C regroupe les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité plus longue (plus de 78 heures dans le mois considéré).

La catégorie D est composée des demandeurs d’emploi non tenus de réaliser des « actes positifs » de recherche d’emploi car étant en stage, en formation, malades, etc. De fait ils sortent momentanément des statistiques du chômage (à moins d’obtenir un emploi juste après).

La catégorie E agrège les demandeurs d’emploi… occupant un emploi de type contrat aidé, etc. Eux aussi sortent momentanément des statistiques du chômage. Pour cette raison, les chômeurs des catégories D et E ne figurent pas dans le tableau que nous a fourni obligeamment la DIRECCTE.




Le roman du chômage et de la relégation

François Roux raconte la chute et la rédemption d'un personnage touché par le chômage | David Ignaszewski-Koboy / Reuters

Le chômage n’est pas seulement l’absence de travail. C’est aussi une violente mise à l’écart. Dans son roman, "Tout ce dont on rêvait", François Roux en donne une description clinique.

Même si le chômage est au centre du livre, François Roux n’en fait pas un livre politique ou social. Il signe d’abord un vrai roman avec des personnages, des atmosphères et des histoires. Un roman qui est bien celui d’une époque marquée par la crainte de perdre son emploi.

Le chômage, Nicolas n’avait jamais vraiment pensé que cela lui tomberait dessus. Il se sentait protégé par son statut de cadre supérieur et son parcours professionnel. Jusqu’au jour où… Il n’a pas vu venir la restructuration. Et pourtant, même sans emploi, il n’est pas le plus malheureux. Les indemnités sont appréciables, et avec son expérience et son réseau professionnel, il ne doute pas que ce ne sera qu’une mauvaise passe.

Seulement, tout se déglingue très vite. Il ne vient pas seulement de perdre un travail, mais aussi un statut social, sa place sur l’échiquier. La glissade impressionne. Le château de cartes d’une vie bien installée s’écroule. Il a droit à tout. Aux amis qui s’éloignent, comme on prend ses distances avec un malade. Au stage de remise en condition et de motivation qui n’est qu’une vaste mascarade.

« Il rendit les armes »

« Le plus pénible maintenant, c’était d’être seul chez soi, tout le temps, à ne rien faire, ou presque », écrit François Roux. Et encore, ce n’est que le début. L’auteur raconte, avec justesse, toutes ces étapes avec des mots qui en disent bien plus long que les statistiques mensuelles de Pôle emploi. Quelques mois plus tard : « Il rendit les armes, acceptant de se défaire de son identité et de se fondre dans celle que les autres attendaient qu’il endosse, c’est-à-dire celle d’un chômeur de longue durée. »

À ce stade, le lecteur redoute le pire, l’inéluctable, le geste fatal et sans retour. D’ailleurs, Nicolas le frôle, et y échappe on ne sait trop comment. Son histoire ne va pas, pour autant, s’arrêter là. Nicolas reprendra sa place dans la société des hommes. C’est aussi toute la grâce de ce roman d’apporter, malgré tout, une touche d’espoir.


Didier GOURIN


Tout ce dont on rêvait, Albin Michel, 325 p., 20 €.




Une ministre du travail " privé-public "

La nouvelle ministre du Travail, Muriel Pénicaud, 62 ans, réputée énergique et diplomate, tire son expérience d’une carrière professionnelle variée.


Désormais, les chiffres du chômage publiés par Pôle emploi ne seront plus commentés par la nouvelle ministre du Travail.

Car Muriel Pénicaud estime que l'indicateur de Pôle emploi « ne reflète pas bien l'évolution du marché du travail » car il « peut être affecté, chaque mois, par différents événements de nature administrative ». Sa volatilité « brouille plus qu'elle n'éclaire les tendances de fond sur le niveau de chômage ».

Directrice des ressources humaines

Mais qui est la nouvelle ministre qui va devoir négocier avec les partenaires sociaux à la veille de la réforme du code du travail voulue par Emmanuel Macron ? Muriel Pénicaud a 62 ans.

Et a une expérience mixte, public et privé, et une spécialiste des ressources humaines, réputée pour ses qualités de négociatrice et connaît le ministère du Travail pour avoir conseillé Martine Aubry au début des années quatre-vingt-dix quand celle-ci était… ministre du Travail !

Muriel Pénicaud, avant de retrouver la rue de Grenelle, était depuis 2014 directrice générale de Business France, l'agence publique de promotion de la France auprès des investisseurs étrangers.

Diplômée d'histoire et de sciences de l'éducation à l'université de Nanterre, puis de psychologie clinique à Strasbourg, elle a débuté sa carrière à 21 ans dans les collectivités territoriales, dans ce qui deviendra plus tard le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).

Elle a ensuite évolué dans diverses structures territoriales en Lorraine et en Normandie, avant d'être repérée par le ministère du Travail dans les années 1980.

Là, elle gravira les échelons jusqu'à devenir conseillère pour la formation de Martine Aubry.

Elle bifurquera ensuite vers le privé, tout d'abord au sein du groupe Danone où elle œuvre pendant près de dix ans comme directrice de la formation et des ressources humaines, puis chez Dassault Systèmes jusqu'en 2008.

Elle fait ensuite son retour chez le géant agroalimentaire, cette fois-ci comme directrice générale des ressources humaines. Elle y développe notamment un système de couverture sociale pour les 100.000 salariés du groupe à travers le monde, Dan'Cares.

Parallèlement, elle maintient ses attaches avec le monde politique. Elle est notamment membre entre 2008 et 2014 du Haut conseil pour le dialogue social, et est chargée fin 2009 par François Fillon, alors Premier ministre, d'une mission sur le stress au travail.

En 2014, François Hollande lui confie la tâche d'orchestrer la fusion entre Ubifrance, en charge du soutien à l'export, et l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII), pour renforcer l'attractivité du territoire.

Une mission dont elle s'acquitte avec énergie, malgré des crédits qui se réduisent au fil des ans comme peau de chagrin : à la tête de Business France, elle s'appuie sur son expérience du privé pour convaincre les investisseurs internationaux des atouts de l'Hexagone.

Cette mère de deux enfants, présente aux conseils d'administration de plusieurs entreprises, s'est aussi engagée pour la promotion des femmes au travail.


France/Monde - Gouvernement


Recherche d’emploi : la lente percée des réseaux sociaux

Les modes de recherche d’emploi restent encore, selon l’Insee, assez traditionnels : les jeunes et les cadres sont les plus nombreux à utiliser des réseaux sociaux, mais la majorité des chercheurs passent par les annonces, Pôle emploi et les candidatures spontanées.


En 2016, 4,2 millions de personnes déclarent avoir cherché un emploi et 97% d’entre elles ont recherché un emploi salarié. Parmi eux 68% étaient des chômeurs. L’Insee vient de publier une note de fond sur la manière dont ces personnes ont procédé, comment elles ont cherché leur emploi. Et si les méthodes sont multiples et cumulées elles sont aussi très largement « traditionnelles » : 87% ont passé une annonce dans un journal ou sur internet, consulté ou répondu à des annonces, 67% ont contacté Pôle emploi, une agence d’interim ou un autre organisme, 65% ont demandé à des amis ou des collègues et 62% ont déposé une candidature spontanée. Le premier constat de l’Insee est donc que la mobilisation des réseaux sociaux reste moins fréquente que les méthodes traditionnelles : 31% des personnes cherchant un emploi salarié font savoir qu’elles recherchent un emploi par le biais de leur profil professionnel.

Le second constat est que les modes de recherche varient selon la position sur le marché du travail. Ainsi les chômeurs prennent plus fréquemment contact avec Pôle emploi et déposent davantage de candidatures spontanées auprès des entreprises. En revanche les personnes en emploi, notamment celles qui n’ont pas de CDI ou sont en sous-emploi, s’adressent plus souvent à leurs relations, personnelles ou professionnelles. Le sexe n’est pas clivant dans les méthodes de recherche qui sont assez similaires entre les hommes et les femmes en revanche l’âge l’est : non seulement les jeunes chômeurs déposent plus souvent des candidatures spontanées que leurs aînés (74% des 15-24 ans contre 55% des 50 ans ou plus), mais ils utilisent davantage leur profil professionnel sur les réseaux sociaux et passent plus fréquemment un entretien d’embauche, un test, ou un concours d’entrée dans la fonction publique que leurs ainés, surtout ceux de plus de 50 ans .

Le troisième constat est que les modes de recherche varient aussi selon le statut social et la profession. Les cadres au chômage privilégient par exemple leurs relations et les réseaux sociaux : 59% d’entre eux utilisent leur profil professionnel sur les réseaux sociaux et 78% contactent des relations personnelles ou professionnelles. La part de cadres qui passe un test, un entretien d’embauche, un concours de la fonction publique est également plus élevée que celle des autres professions. Comme les cadres, les artisans, commerçants et chefs d’entreprise s’adressent aussi fréquemment à leurs relations personnelles et professionnelles, et contactent moins souvent Pôle emploi ou une agence d’intérim. À l’inverse les ouvriers contactent plus fréquemment que les autres catégories Pôle emploi ou une agence d’intérim (82%). La part des ouvriers qui mobilisent les réseaux sociaux numériques ou qui s’adressent à des relations personnelles ou professionnelles est également inférieure à celle des autres catégories socioprofessionnelles. En moyenne, les ouvriers au chômage recherchent un emploi depuis 23 mois, soit 4 mois de plus que les cadres et 6 mois de plus que les professions intermédiaires.

Quant aux résultats, ils ne correspondent pas forcément aux méthodes de recherche : le recours aux annonces n’est pas le chemin le plus efficace, les relations personnelles le sont : parmi les salariés qui occupent leur emploi depuis moins d’un an, 42% déclarent avoir trouvé cet emploi grâce à une démarche personnelle auprès de l’employeur ou après une candidature spontanée. Un quart indique que des relations familiales, personnelles ou professionnelles leur ont permis d’obtenir leur emploi. Et, dans 7 cas sur 10, la prise de contact avec l’employeur et la mobilisation des relations ont permis aux salariés de trouver leur emploi en CDI ou non. 9% seulement déclarent avoir trouvé leur emploi actuel grâce à Pôle emploi ou un autre organisme public, une proportion relativement stable depuis vingt ans et proche de celle observée dans d’autres pays pour le service public de l’emploi.

Comment recherche-t-on un emploi? Pôle emploi et agence d’intérim pour les ouvriers, relations personnelles et réseaux sociaux pour les cadres. Insee Première n°1660. Juillet 2017
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2901587




Chômage : pourquoi les chiffres de l’Insee et de Pôle emploi diffèrent

Au début de 2017, l’Insee annonçait une baisse du taux de chômage. Pôle emploi, de son côté, enregistrait une hausse, bien loin des chiffres de l’institut de la statistique. Explications.

En baisse pour les uns, en hausse pour les autres. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de chômage a diminué de 0,4 point au premier trimestre 2017 en France, pour s’établir à 9,6 % de la population active, selon les chiffres publiés le 18 mai. L’organisme a ainsi compté 2,7 millions de chômeurs sans aucune activité en métropole.

Pôle emploi avait, lui, compté davantage de chômeurs à la fin de mars 2017, en hausse de 1,1 %, pour un total de 3,7 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité. Pourquoi une telle différence ?

>> SOURCE : INSEE ET PÔLE EMPLOI

Cet écart n’est pas nouveau. Depuis des années, les statistiques de ces deux organismes divergent considérablement, tant sur le nombre de chômeurs que sur l’évolution de la courbe.

Deux organismes calculent les chiffres du chômage

♦ Pôle emploi : organisme public qui livre mensuellement les chiffres des demandeurs d’emploi inscrits dans ses agences en fin de mois.

♦ L’Insee : l’Institut national de la statistique et des études économiques publie tous les trimestres le taux de chômage, issu de sondages, et calculé selon la définition du Bureau international du travail (BIT). Ce sont les seules données internationalement reconnues.

Deux définitions du chômeur

♦ La définition du BIT

Selon les explications fournies par le site de l’Insee, un chômeur est une personne en âge de travailler, de 15 ans ou plus, qui répond simultanément à trois conditions :

– être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant une semaine de référence ;

– être disponible pour prendre un emploi dans les quinze jours ;

– avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

♦ La définition de Pôle emploi

Pour Pôle emploi, un chômeur est une personne inscrite sur ses listes. Qui peut y accéder ? Selon le site de l’organisme :

« Toute personne à la recherche d’un emploi, résidant sur le territoire national et ayant accès au marché du travail peut s’inscrire auprès de Pôle emploi si elle respecte les conditions de l’inscription, déclare sa domiciliation et fournit un des justificatifs d’identité exigés (les ressortissants étrangers relevant du régime général doivent en outre détenir un titre de séjour et de travail permettant une inscription). »

Un chômeur, au sens du BIT, n’est donc pas forcément inscrit à Pôle emploi, et l’inverse est aussi vrai.

Deux techniques de calcul

♦ Technique du sondage pour l’Insee

L’Institut se base sur un sondage trimestriel auprès de 110 000 personnes et en extrapole un chiffre, rapporté à celui du nombre d’actifs pour obtenir un taux. Une technique qui pourrait aussi expliquer les écarts de ses chiffres avec ceux de Pôle emploi. L’organisme ne peut qu’avancer des hypothèses :

« On peut avoir des gens découragés qui disent à nos enquêteurs ne plus faire de recherches actives d’emploi tout en restant inscrits à Pôle emploi. Mais on peut aussi avoir un phénomène chez les jeunes qui s’inscrivent plus à Pôle emploi pour bénéficier de certaines mesures, alors que, traditionnellement, ils n’y trouvent pas forcément d’intérêt. »

Ainsi, 16 % des chômeurs recensés par l’Insee ne se déclarent pas inscrits à Pôle emploi.

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Nombre d’inscrits pour Pôle Emploi

Pôle emploi collecte les chiffres des demandeurs inscrits dans ses agences en fin de mois, et possède ensuite ses propres catégories : « A » pour les chômeurs n’ayant pas travaillé du tout, « B » et « C » pour des activités partielles… En général, on retient le chiffre de la seule catégorie A et pour la seule France métropolitaine.

Une personne sans activité mais qui n’est pas ou plus inscrite à Pôle emploi sort donc des chiffres. De même, un chômeur bénéficiant d’une formation reste inscrit, mais quitte la catégorie A pour passer dans une autre. Il suffit d’oublier de s’actualiser auprès de l’établissement public pour en être radié, et disparaître des chiffres, ce même si on continue à chercher du travail.

Des différences accrues en 2013

En 2013, l’Insee a changé les questionnaires de son enquête Emploi. Après la reformulation à la marge de certaines questions, les réponses ont été profondément modifiées. Ainsi, un enquêteur de l’Insee ne vous demandera plus si vous étiez « à la recherche d’un emploi, même à temps partiel ou occasionnel », mais si vous étiez « à la recherche d’un emploi » tout court.

Associée à d’autres, cette modification a suffi à faire pencher quelques « oui » du côté du « non ». Les experts de l’Institut estimaient, en mars 2014, que le nouveau questionnaire a fait artificiellement baisser le taux de chômage de 0,5 point, soit 145 000 chômeurs de moins.


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