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Expliquez-nous... l'Unédic

Alors que les négociations de la nouvelle convention Unédic ont commencé, France Info vous rappelle le fonctionnement de l’assurance chômage.

L'Unédic (Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce), c'est l'assurance chômage, l'organisme qui permet à celui, ou celle, qui perd son emploi de toucher un revenu de remplacement. Sa création remonte à 1958, dans la France du plein emploi, puisque le taux de chômage était d'environ 1% à l’époque.

Fonctionnement

Le système de financement de l’Unédic est le suivant : les entreprises paient des cotisations (4% du salaire brut) et les salariés aussi (2,4% de leur salaire brut). La masse d'argent récoltée représente environ 34 milliards d'euros annuels, qui sont redistribués sous forme d'allocations chômage.

Dans l'idéal, il faudrait au moins que les dépenses et les recettes de l'Unédic soient équilibrées. Mais aujourd'hui, avec un taux de chômage à plus de 10%, il y 38 milliards d'euros de dépenses par an, d'où un déficit annuel de 4 milliards.

Pour boucler les budgets, l’Unédic emprunte sur le marchés financiers, année après année. L'accumulation de ces emprunts a créé une dette de 29 milliards d'euros environ qu'il faut tenter de résorber.

Syndicats et patronat gèrent l’Unédic

C’est l’affaire des partenaires sociaux, c'est à dire syndicats et patronats, puisque ce sont les salariés et les patrons qui cotisent. Les deux parties se réunissent tous les deux ans pour signer une convention Unédic, afin de suivre les évolutions du marché du travail. La convention actuelle vient à échéance le 30 juin prochain. D'ici là, les partenaires sociaux doivent se mettre d'accord.
Le rôle de l’Etat

L'Etat peut jouer les arbitres. Déjà, en tant que garant des emprunts de l'Unédic, il se permet de donner des directives aux partenaires sociaux avant les négociations. Par exemple, il peut évoquer la dégressivité des allocations chômage pour faire baisser les dépenses.

Après, une fois que la nouvelle convention est signée, l'Etat donne son agrément et peut aussi mettre son véto. Et puis, si les syndicats et le patronat n'ont pas trouvé d'accord à l'issue des négociations, l'Etat tranche et définit lui-même les règles.

Qui touche les allocations ?

Sur l'ensemble des demandeurs d'emploi toutes catégories (6,1 millions inscrits à Pôle emploi), seuls 43% touchent des allocations chômage. L'allocation moyenne est de 1.100 euros net par mois.





Gérald Roux


A VOIR AUSSI :

>> Expliquez-nous... Pôle Emploi | France Info - Gilbert Chevalier | 29/09/2015


Quelles sont les caractéristiques de l'assurance chômage ?

Quel est le champ de la politique de l’emploi ? | Quel est le budget consacré à l’emploi et au marché du travail ? | Qu’est-ce que le service public de l’emploi ? | Qu’est-ce Pôle Emploi ? | Qu’est-ce que l’UNEDIC ? | Qu’est-ce que l’assurance chômage ? | Quelles sont les caractéristiques de l’assurance chômage ? | Quel est le système d’indemnisation du chômage ? | Qu’est-ce que le Fonds de solidarité ? | Qu’est-ce qu’une politique d’"activation" des dépenses sociales ? |

Le système d’indemnisation du chômage a fortement évolué au cours du temps, à la fois dans ses finalités et dans l’importance des ressources financières mobilisées.

En 1945, au moment où est créée la Sécurité sociale, le chômage n’est pas considéré comme un risque. On connaît à cette époque un déficit de main-d’œuvre pour faire face aux reconstructions de l’après-guerre puis à l’essor industriel du pays.

C’est la convention nationale du 31 décembre 1958, signée par les organisations représentatives des employeurs et des salariés, qui crée l’assurance chômage. Il s’agit surtout d’accompagner les salariés dans les périodes de transition entre deux emplois qui sont alors de courte durée. Relevant de la sphère professionnelle, l’assurance chômage est placée sous la responsabilité des partenaires sociaux.

À la fin des années 1970, lorsque s’installe un chômage important et durable, le système d’indemnisation passe d’un dispositif de « transition professionnelle » à un système de prise en charge socialisée d’un risque.

Ce sont les organisations de salariés et d’employeurs, représentées à parts égales (on parle de système paritaire), qui garantissent le bon fonctionnement et le financement de l’assurance chômage :

• en fixant, par voie conventionnelle (c’est-à-dire en négociant puis en signant des accords), le montant et la durée de versement des prestations aux chômeurs. L’État intervient en fin de processus pour agréer l’accord signé par les partenaires sociaux après avoir vérifié notamment qu’il est cohérent avec les actions menées en matière d’emploi par les pouvoirs publics ;

• en veillant à la bonne application de la réglementation et au financement du système.


>> Quel est le champ de la politique de l’emploi ?

On entend par politique de l’emploi les interventions publiques qui ont pour objectif de corriger les déséquilibres et les conséquences néfastes du marché du travail. Les politiques de lutte contre le chômage en sont un des éléments parmi d’autres. En effet, le champ d’intervention est vaste et les mesures mises en œuvre nombreuses.

Les interventions générales bénéficient à l’ensemble des salariés quelles que soient leurs caractéristiques individuelles mais en lien avec leur situation sur le marché du travail. Il s’agit des :

• dispositifs d’allègements généraux de cotisations sociales ou d’impôts en faveur des bas salaires ou des heures supplémentaires ;

• incitations financières à l’emploi ;

• exonérations de cotisations sociales ou fiscales en faveur de certaines zones géographiques ou de certains secteurs économiques (hôtels-cafés-restaurants, services à la personne, agriculture).

Ces politiques visent à abaisser le coût du travail dans le but de maintenir ou d’encourager la création d’emplois. Elles permettent également d’améliorer la compétitivité des entreprises en diminuant le coût de la main-d’œuvre ou de redynamiser économiquement certaines zones géographiques en incitant les entreprises à s’y implanter.

Parmi les mesures ciblées, on trouve les dispositifs s’adressant à des catégories particulières, tels que les jeunes, les chômeurs de longue durée, les seniors, les personnes handicapées… Ces mesures permettent de compenser des difficultés spécifiques (manque ou absence de qualification, nécessité d’aménager un poste de travail par exemple) afin de rendre les populations cibles plus « employables ».

À ce premier niveau d’analyse, on peut en ajouter un second selon que ces mesures sont :

• actives, c’est-à-dire qu’elles incitent le bénéficiaire à reprendre une activité professionnelle (par exemple la prime à l’emploi ou le RSA activité, remplacé en 2016 par la prime d’activité), à se former pour mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi (dispositifs de formation professionnelle), à soutenir l’emploi (politiques d’exonération de charges sur les bas salaires) ;

• passives, c’est-à-dire qu’elles permettent au bénéficiaire de faire face financièrement à la période de chômage (politiques d’indemnisation du chômage), ou qu’elles soutiennent les retraits d’activité (politiques de prise en charge des pré-retraites).


>> Quel est le budget consacré à l’emploi et au marché du travail ?

Selon une étude de novembre 2015 de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail, les dépenses en faveur de l’emploi et du marché du travail se sont montées, en 2013, à 96,4 milliards d’euros (Md€), soit 4,6 points de PIB. Dans ces dépenses, les dispositifs ciblés en faveur du marché de l’emploi représentaient 50,9 Md€, les dispositifs généraux 45,5 Md€.

Dans le bloc des dispositifs ciblés, trois postes budgétaires principaux :

• les dépenses pour les politiques du marché du travail représentaient, en 2013, 72% des montants, très majoritairement consacrés au soutien des revenus sous forme, principalement, d’allocations-chômage ;

• les dépenses « actives » représentaient 14% pour la même année. On y trouve notamment toutes les mesures de formation professionnelle et de contrats aidés ;

• les moyens consacrés au service public de l’emploi (SPE) et à l’accompagnement des chômeurs constituaient 14% de la dépense.

Dans le bloc des dispositifs généraux, les aides visent principalement à réduire le coût du travail pour certains groupes de salariés, certains territoires ou certains secteurs économiques. Ils prennent généralement la forme de transferts aux entreprises et, plus rarement, de soutien aux revenus des personnes en emploi.

Les trois quarts environ de ces aides (33,1 Md€ en 2013) sont consacrés aux exonérations de charges, principalement sur les bas salaires, suivies par le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) (12 Md€).

Les aides financières à l’emploi (prime pour l’emploi, RSA activité, fusionnés en 2016 dans la prime d’activité) ont pour objectif de rendre plus rémunérateurs l’accès ou le retour à l’emploi et l’augmentation de la durée travaillée, en apportant des aides financières complémentaires aux revenus d’activité (4 Md€ en 2013).

Les aides au profit de certaines zones géographiques (DOM, zones sensibles d’aménagement du territoire et quartiers prioritaires de la politique de la ville) prennent principalement la forme d’exonérations de cotisations ou de réductions d’impôts pour les entreprises qui s’y installent (556 millions d’euros en 2013).

Les aides au secteur des services à la personne ont atteint près de 6,3 Md€ en 2013.

Les aides à l’emploi dans le secteur agricole représentent 517 millions d’euros.

Enfin, 17,4 Md€ ont été consacrés en 2013 à « l’activation » des dépenses en faveur de l’emploi de certains minima sociaux. C’est le cas pour trois dispositifs qui sont intégrés dans les dépenses ciblées en faveur du marché du travail, au titre de l’indemnisation du chômage : l’allocation de solidarité spécifique (ASS), l’allocation équivalent retraite (AER) et l’allocation temporaire d’attente (devenue en 2015 allocation pour demandeur d’asile).


>> Qu’est-ce que le service public de l’emploi ?

Le service public de l’emploi (SPE) rassemble les acteurs publics et privés chargés de la mise en œuvre de la politique de l’emploi et de la formation professionnelle. Il est placé sous la tutelle du ministère chargé de l’emploi et de la formation professionnelle et dirigé par la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP).

Ses missions sont définies par l’article L5311-1 du Code du travail qui dispose que « le service public de l’emploi a pour mission l’accueil, l’orientation, la formation, l’insertion ; il comprend le placement, le versement d’un revenu de remplacement, l’accompagnement des demandeurs d’emploi et l’aide à la sécurisation des parcours professionnels de tous les salariés ».

En 2012, les dépenses liées au SPE s’élevaient à 5,2 milliards d’euros (Md€), principalement consacrées aux dépenses de fonctionnement et de personnel de Pôle Emploi (3,9 Md€).

Le SPE est constitué principalement de :

• l’État (principalement le ministère chargé de l’emploi et de la formation professionnelle) et des directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE), qui conservent la compétence de droit commun en matière de politique de l’emploi ;

• Pôle emploi, issu de la fusion en 2008 de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) – en charge du placement des demandeurs d’emploi – et des Associations pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (ASSEDIC) – en charge de l’indemnisation des chômeurs ;

• l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) ;

• l’UNEDIC qui administre le régime d’assurance chômage et fixe les modalités d’indemnisation.

Peuvent également participer au service public de l’emploi les organismes publics ou privés dont l’objet consiste en la fourniture de services relatifs au placement, à l’insertion, à la formation et à l’accompagnement des demandeurs d’emploi, les organismes ayant pour objet l’insertion par l’activité économique, les entreprises de travail temporaire, ainsi que les agences de placement privées (art. L5311-4 du Code du travail).

Le SPE est structuré en quatre niveaux géographiques (national, régional, départemental et local) qui rassemblent les instances de pilotage et de coordination de l’État, de Pôle emploi et de l’AFPA, mais également les collectivités territoriales, afin de mettre en œuvre de la manière la plus adaptée la politique de l’emploi. Même si cette dernière obéit à des règles et directives nationales, elle est coordonnée localement pour répondre aux besoins des territoires et de ses réalités économiques.


>> Qu’est-ce Pôle Emploi ?

Pôle Emploi est l’acteur central des politiques d’emploi en France. Créé en 2008, il est issu de la fusion de l’Agence nationale pour l’Emploi (ANPE), en charge du placement des demandeurs d’emploi, et de l’UNEDIC et de son réseau d’ASSEDIC, en charge de leur indemnisation. Cette réforme a été faite dans un souci de simplification et de clarification. Depuis cette date, les demandeurs d’emploi ont ainsi un seul interlocuteur, et c’est une même entité qui coordonne l’intégralité de la politique de l’emploi.

Pôle Emploi est un établissement public administratif dont les deux tiers des sièges du conseil d’administration sont confiés aux partenaires sociaux (représentants des syndicats de salariés et des organisations patronales).

Ses ressources proviennent pour un tiers de l’État et pour deux tiers de l’assurance chômage, qui lui attribue 10% des cotisations d’assurance chômage recouvrées.

Pôle emploi a pour missions principales de :

• collecter les offres d’emploi, aider et conseiller les entreprises dans leur recrutement, mettre en relation les offres et les demandes d’emploi ;

• accompagner les personnes à la recherche d’un emploi, d’une formation ou d’un conseil professionnel ;

• procéder aux inscriptions sur la liste des demandeurs d’emploi, assurer le contrôle de la recherche d’emploi ;

• indemniser pour le compte de l’organisme gestionnaire du régime d’assurance chômage et pour le compte de l’État ;

• mettre à disposition les données relatives au marché du travail et à l’indemnisation des demandeurs d’emploi ;

• mettre en œuvre toutes les autres actions confiées par l’État, les collectivités territoriales et l’UNEDIC en relation avec sa mission.

La création de Pôle emploi a modifié les règles de recouvrement des cotisations qui sont désormais collectées par les URSSAF (Unions de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d’allocations familiales).


>> Qu’est-ce que l’UNEDIC ?

L’union nationale interprofessionnelle pour l’emploi dans l’industrie et le commerce (UNEDIC) est le gestionnaire de l’assurance chômage.

C’est un organisme de droit privé (association loi 1901) chargé d’une mission de service public. C’est par ailleurs une instance paritaire dirigée à parts égales par des représentants d’organisations syndicales patronales et de salariés. Son conseil d’administration est ainsi composé de 50 membres issus pour moitié de syndicats de salariés et pour moitié de syndicats d’employeurs.

L’UNEDIC a été jusqu’en 2008 un opérateur de terrain des politiques de l’emploi via son réseau des ASSEDIC, en collectant les cotisations chômage et en indemnisant les demandeurs d’emploi. Après la création de Pôle emploi, son action s’est recentrée sur une activité de pilotage et de gestion des politiques d’assurance chômage au travers de quatre missions spécifiques :

• prescrire les conditions de mise en œuvre des dispositifs d’assurance chômage négociés et décidés par les partenaires sociaux. L’UNEDIC a pour mission de traduire ces décisions en termes juridiques et informatiques afin de les appliquer aux demandeurs d’emploi et aux employeurs (convention d’assurance chômage, circulaires, accords d’application, consignes sur l’application des règles) ;

• gérer les finances de l’assurance chômage pour garantir la continuité de l’indemnisation du chômage ;

• apporter aux partenaires sociaux des éléments d’information et d’aide à la décision : prévisions, études, simulations et analyses statistiques, économiques et financières ;

• contrôler et auditer les opérateurs pour garantir la mise en œuvre des règles de l’assurance chômage conformément aux orientations et aux objectifs des partenaires sociaux.


>> Qu’est-ce que l’assurance chômage ?

L’assurance chômage est un système de protection sociale qui a une double mission : indemniser les chômeurs et favoriser leur retour à l’emploi.

L’assurance chômage est obligatoire pour tous les salariés du secteur privé. Les cotisations, proportionnelles au montant du salaire, sont versées à la fois par l’employeur et le salarié.

En cas de chômage, et s’il remplit certaines conditions, le chômeur reçoit un revenu de substitution qui est fonction du salaire de son ancien emploi (et donc de ses cotisations). Le rapport entre l’indemnisation et le salaire perdu est toutefois plus élevé pour les bas revenus. On peut donc dire que l’assurance chômage répond à une logique à la fois assurantielle et redistributive.

Pour les chômeurs qui ne remplissent pas, ou plus, les conditions d’indemnisation, l’État finance des aides, qui relèvent non pas de l’assurance chômage mais de la solidarité nationale via le Fonds de solidarité : par exemple, l’allocation de solidarité spécifique, le RSA fusionné dans la prime d’activité en 2016… etc.


>> Quelles sont les caractéristiques de l’assurance chômage ?

Le système d’indemnisation du chômage a fortement évolué au cours du temps, à la fois dans ses finalités et dans l’importance des ressources financières mobilisées.

En 1945, au moment où est créée la Sécurité sociale, le chômage n’est pas considéré comme un risque. On connaît à cette époque un déficit de main-d’œuvre pour faire face aux reconstructions de l’après-guerre puis à l’essor industriel du pays.

C’est la convention nationale du 31 décembre 1958, signée par les organisations représentatives des employeurs et des salariés, qui crée l’assurance chômage. Il s’agit surtout d’accompagner les salariés dans les périodes de transition entre deux emplois qui sont alors de courte durée. Relevant de la sphère professionnelle, l’assurance chômage est placée sous la responsabilité des partenaires sociaux.

À la fin des années 1970, lorsque s’installe un chômage important et durable, le système d’indemnisation passe d’un dispositif de « transition professionnelle » à un système de prise en charge socialisée d’un risque.

Ce sont les organisations de salariés et d’employeurs, représentées à parts égales (on parle de système paritaire), qui garantissent le bon fonctionnement et le financement de l’assurance chômage :

• en fixant, par voie conventionnelle (c’est-à-dire en négociant puis en signant des accords), le montant et la durée de versement des prestations aux chômeurs. L’État intervient en fin de processus pour agréer l’accord signé par les partenaires sociaux après avoir vérifié notamment qu’il est cohérent avec les actions menées en matière d’emploi par les pouvoirs publics ;

• en veillant à la bonne application de la réglementation et au financement du système.


>> Quel est le système d’indemnisation du chômage ?

Le système d’indemnisation du chômage repose sur deux piliers.

• Un pilier assurantiel

Si on parle d’« assurance » chômage, c’est pour signifier que le système est contributif et financé par des cotisations, au même titre, par exemple, que les risques couverts par la Sécurité sociale (maladie, retraite, etc.).

Les contributions d’assurance-chômage sont versées à la fois par les salariés et par les employeurs. Elles sont calculées sur la masse salariale brute dans la limite de 4 plafonds de la Sécurité sociale, soit, en 2014, 150 192€ annuels. Ces cotisations ouvrent droit à la perception de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) qui représente 57% du salaire brut et qui ne peut être inférieure à 28,58€ par jour.

La particularité de ce pilier assurantiel est qu’il est régi par les partenaires sociaux qui fixent à la fois les taux de cotisations et les règles et montants des prestations par voie conventionnelle.

• Un pilier de solidarité

L’une des caractéristiques des prestations chômage est leur dégressivité, c’est-à-dire que leur montant diminue au cours du temps. Lorsque les demandeurs d’emploi arrivent en « fin de droits », ils peuvent bénéficier de dispositifs dits de solidarité gérés par l’État via un Fonds de solidarité, dès lors qu’ils justifient de 5 ans d’activité salariée dans les 10 ans précédant la fin du contrat de travail à partir de laquelle ont été ouverts leurs droits aux allocations d’assurance.


>> Qu’est-ce que le Fonds de solidarité ?

La mission du Fonds de solidarité est de réunir les moyens de financement des aides versées aux personnes sans emploi qui ne relèvent pas ou plus de l’assurance chômage.

Le Fonds de solidarité, créé en 1982, est financé par la contribution de solidarité prélevée à la source sur les traitements des fonctionnaires et agents publics relevant de l’État, des collectivités locales, des établissements hospitaliers et autres organismes ou entreprises publiques (par exemple les industries électriques et gazières). Cette contribution s’élève à 1% de leur rémunération. Le Fonds reçoit par ailleurs une subvention de l’État qui lui permet d’équilibrer ses recettes et ses dépenses.

En 2014, le Fonds de solidarité a ainsi collecté 1,3 milliard d’euros (Md€). Le montant total des allocations financées a représenté 2,6 Md€.

Les allocations et aides qui relèvent du régime de solidarité sont les suivantes :

• allocation de solidarité spécifique (ASS) ;

• allocation équivalent retraite (AER) ;

• prime forfaitaire de reprise d’activité ;

• allocation du fonds de professionnalisation et de solidarité ;

• aide aux chômeurs créateurs et repreneurs d’entreprise (ACCRE) pour les bénéficiaires de l’ASS.


>> Qu’est-ce qu’une politique d’"activation" des dépenses sociales ?

On entend par activation des dépenses sociales le conditionnement du versement d’une prestation à une attitude active du bénéficiaire pour sortir de sa condition de receveur passif, et donc à une exigence de formation ou de recherche active d’emploi. L’activation consiste également à compléter par une aide financière les très bas salaires afin de rendre le travail « payant ».

La politique d’activation, de plus en plus fréquente aujourd’hui, aussi bien dans la philosophie que dans la mise en pratique des prestations sociales, tranche avec le modèle traditionnel du versement sans contrepartie des bénéficiaires.

Cela se traduit différemment en fonction du type de prestation :

• par l’accent mis sur l’effort d’insertion, comme cela a été le cas avec la création en 1988 du revenu minimum d’insertion ;

• par la nécessité d’apporter la preuve d’une recherche active d’emploi ou d’inscription dans un processus de formation pour les demandeurs bénéficiant de l’assurance chômage ;

• par le versement d’une prestation qui offre un complément de ressources aux personnes qui se maintiennent dans l’emploi avec une faible rémunération (prime d’activité qui a remplacé depuis le 1er janvier 2016 la prime pour l’emploi et le RSA activité).

Derrière ces dispositifs particulièrement prégnants dans les politiques de lutte contre le chômage ou l’action sociale, on trouve deux conceptions de l’activation.

• Une première est celle du « Workfare » anglo-saxon qui consiste à conditionner le versement d’une prestation à l’occupation d’un emploi, même faiblement rémunéré ou en deçà des compétences de la personne concernée. Dans cette conception, on privilégie l’effort et la responsabilisation individuels.

• Une seconde conception est proche d’une logique dite de « flexisécurité » que l’on retrouve dans les pays du nord de l’Europe. En contrepartie d’une grande flexibilité du marché de l’emploi, le versement d’allocation d’un montant assez généreux sur une durée assez longue s’accompagne d’un effort conséquent des individus à se former et à s’engager dans une recherche active d’un emploi.

Quel est le champ de la politique de l’emploi ? | Quel est le budget consacré à l’emploi et au marché du travail ? | Qu’est-ce que le service public de l’emploi ? | Qu’est-ce Pôle Emploi ? | Qu’est-ce que l’UNEDIC ? | Qu’est-ce que l’assurance chômage ? | Quelles sont les caractéristiques de l’assurance chômage ? | Quel est le système d’indemnisation du chômage ? | Qu’est-ce que le Fonds de solidarité ? | Qu’est-ce qu’une politique d’"activation" des dépenses sociales ? |









Comment calcule-t-on les chiffres du chômage?

Pour évaluer le chômage en France, il y a deux méthodes, celle de l'Insee et celle de Pôle Emploi. Le Figaro fait le point sur les différences de calcul.


En France, on utilise deux indicateurs principaux sur le chômage: le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT, agence spécialisée de l'ONU) calculé par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et le nombre de demandeurs d'emploi (on ne parle pas de chômeurs) inscrits à Pôle emploi. Les tendances dégagées sont proches, bien que les méthodes de calcul soient différentes.

Pôle emploi comptabilise le nombre de demandeurs inscrits auprès de ses services qui correspondent à différentes catégories A, B, C, D et E. En juin 2016 (derniers chiffres), en France métropolitaine, ils étaient 6,2 millions de demandeurs d'emplois toutes catégories confondues et en France (Dom compris), ils étaient 6,5 millions.

Quant au taux de chômage, il est calculé par l'Insee grâce à une enquête réalisée auprès de 65.000 ménages ordinaires chaque trimestre, soit autour de 100.000 personnes de 15 ans ou plus. Le taux de chômage est le rapport du nombre de chômeurs sur le nombre d'actifs (personnes en emploi ou au chômage). D'après les chiffres publiés ce jeudi matin, il est de 9,9% de la population active en France et de 9,6% en France métropolitaine.

Toutes les situations vis-à-vis du marché du travail sont prises en compte: emploi, chômage, retraite, études, inactivité, etc. Les séries sont corrigées des variations saisonnières. Ce qui est indispensable compte tenu des phénomènes saisonniers qui affectent le chômage et l'emploi, telle l'arrivée en été de nombreux jeunes sur le marché du travail à la sortie du système scolaire et universitaire.

Le BIT a adopté une définition du chômage en 1954, puis l'a précisée en 1982, peut-on lire sur le site de l'Insee. Elle a été reprise dans la plupart des pays du monde, et en particulier dans l'Union européenne. Cette définition donne trois conditions pour qu'une personne soit considérée comme chômeur: «être sans emploi ; rechercher activement un emploi, c'est-à-dire avoir pris des dispositions spécifiques au cours d'une période récente spécifiée pour chercher un emploi salarié ou non salarié ; et être disponible pour travailler».

André Zylberberg, économiste français, spécialiste du marché du travail et directeur de recherche émérite au CNRS l'assure: «Les deux baromètres sont équivalents. En revanche, il serait économiquement plus intéressant de calculer le taux d'emploi qui indique le nombre de personnes en emploi. En France, par exemple, ce taux est relativement faible».


Marie Théobald


Les têtes de l'emploi : Franck Dubosc en professionnel Pôle Emploi !

Le thème du chômage tourné en dérision c'est ce que vous retrouverez dans Les têtes de l'emploi avec Franck Dubosc et Elsa Zylberstein. Un nouvel extrait vient d'être dévoilé et promet déjà une comédie très réussie !

Stéphane, Cathy et Thierry sont les meilleurs employés de l'Agence Pôle Emploi de leur ville. Mais ils sont tellement bons que l'agence va fermer car il n'y a plus de chômeurs ! Le comble pour ces spécialiste de l'embauche qui vont être débauchés ! Le trois collègues vont donc avoir une idée folle : créer du chômage pour sauver leur poste !

Dans les rôles principaux Franck Dubosc habitué aux comédies françaises de ce type, Elsa Zylberstein moins connue pour ce type de rôle et François-Xavier Demaison que l'on adore !

Dans un premier teaser on découvre Franck Dubosc en rendez-vous avec un demandeur d'emploi qui une fois de plus à réussi à lui trouver un travail mais qui semble avoir du mal avec la prononciation de certains mots. Evidemment avec la délicatesse de son personnage, Dubosc arrive à nous faire extrêmement rire malgré un humour un peu potache et qui pourrait mal passer mais qui finalement est tellement tourné en dérision que ça fonctionne !

Le film sortira dans les salles le 16 novembre prochain.

LAURA PATUREL


A LIRE AUSSI :

>> Franck Dubosc et Elsa Zylberstein au Pôle emploi dans les teasers de Les Têtes de l'emploi | Premiere.fr | 10/10/2016

>> Franck Dubosc devient conseiller… à Pôle Emploi ! | Gala | 10/10/2016


Les têtes de l’emploi: avant-premières en présence des acteurs



Dans le nouveau film de Franck Magnier et Alexandre Charlot (réalisateurs de Boule et Bill et co-auteurs des guignols de l’info), Franck Dubosc, Elza Zylberstein et François-Xavier Demaison jouent des employés du pôle emploi. Pour cette nouvelle comédie qui sort le 16 novembre prochain, l’équipe du film sera à la rencontre du public dans toute la France. Du 5 au 12 novembre, rendez-vous dans vos cinémas pour une série d’avant-premieres en leur présence.

 



L’histoire du film:

Stéphane, Cathy et Thierry sont les 3 meilleurs employés de pôles emploi de leurs 3 villes respectives. Mais leurs agences sont menacées de fermeture car, leurs résultats étant trop bons, il n’y a plus de demandeurs d’emploi. Ils décident donc ensemble de créer du chômage afin de continuer leurs activités.

3 ans après Boule et Bill dans lequel ils travaillaient déjà avec Franck Dubosc, le duo de réalisateurs signe là son 3ème long métrage.

Pour ceux qui attendront la sortie le 16 novembre, et même ceux qui assisteront à l’une de ces avant-premières, vous pouvez déjà regarder les 3 teasers disponibles ci dessous.






Cinq catégories de demandeurs d’emploi


Tous les chômeurs ne bénéficient pas, si l’on peut dire, du même statut.

La catégorie A réunit les personnes sans emploi (inscrites à Pôle emploi), tenus de réaliser des « actes positifs » (c’est le terme employé dans la définition officielle de cette catégorie) de recherche d’emploi.

La catégorie B rassemble les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite courte, inférieure ou égale à 78 heures dans le mois considéré.

La catégorie C regroupe les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité plus longue (plus de 78 heures dans le mois considéré).

La catégorie D est composée des demandeurs d’emploi non tenus de réaliser des « actes positifs » de recherche d’emploi car étant en stage, en formation, malades, etc. De fait ils sortent momentanément des statistiques du chômage (à moins d’obtenir un emploi juste après).

La catégorie E agrège les demandeurs d’emploi… occupant un emploi de type contrat aidé, etc. Eux aussi sortent momentanément des statistiques du chômage. Pour cette raison, les chômeurs des catégories D et E ne figurent pas dans le tableau que nous a fourni obligeamment la DIRECCTE.




Une ministre du travail " privé-public "

La nouvelle ministre du Travail, Muriel Pénicaud, 62 ans, réputée énergique et diplomate, tire son expérience d’une carrière professionnelle variée.


Désormais, les chiffres du chômage publiés par Pôle emploi ne seront plus commentés par la nouvelle ministre du Travail.

Car Muriel Pénicaud estime que l'indicateur de Pôle emploi « ne reflète pas bien l'évolution du marché du travail » car il « peut être affecté, chaque mois, par différents événements de nature administrative ». Sa volatilité « brouille plus qu'elle n'éclaire les tendances de fond sur le niveau de chômage ».

Directrice des ressources humaines

Mais qui est la nouvelle ministre qui va devoir négocier avec les partenaires sociaux à la veille de la réforme du code du travail voulue par Emmanuel Macron ? Muriel Pénicaud a 62 ans.

Et a une expérience mixte, public et privé, et une spécialiste des ressources humaines, réputée pour ses qualités de négociatrice et connaît le ministère du Travail pour avoir conseillé Martine Aubry au début des années quatre-vingt-dix quand celle-ci était… ministre du Travail !

Muriel Pénicaud, avant de retrouver la rue de Grenelle, était depuis 2014 directrice générale de Business France, l'agence publique de promotion de la France auprès des investisseurs étrangers.

Diplômée d'histoire et de sciences de l'éducation à l'université de Nanterre, puis de psychologie clinique à Strasbourg, elle a débuté sa carrière à 21 ans dans les collectivités territoriales, dans ce qui deviendra plus tard le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT).

Elle a ensuite évolué dans diverses structures territoriales en Lorraine et en Normandie, avant d'être repérée par le ministère du Travail dans les années 1980.

Là, elle gravira les échelons jusqu'à devenir conseillère pour la formation de Martine Aubry.

Elle bifurquera ensuite vers le privé, tout d'abord au sein du groupe Danone où elle œuvre pendant près de dix ans comme directrice de la formation et des ressources humaines, puis chez Dassault Systèmes jusqu'en 2008.

Elle fait ensuite son retour chez le géant agroalimentaire, cette fois-ci comme directrice générale des ressources humaines. Elle y développe notamment un système de couverture sociale pour les 100.000 salariés du groupe à travers le monde, Dan'Cares.

Parallèlement, elle maintient ses attaches avec le monde politique. Elle est notamment membre entre 2008 et 2014 du Haut conseil pour le dialogue social, et est chargée fin 2009 par François Fillon, alors Premier ministre, d'une mission sur le stress au travail.

En 2014, François Hollande lui confie la tâche d'orchestrer la fusion entre Ubifrance, en charge du soutien à l'export, et l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII), pour renforcer l'attractivité du territoire.

Une mission dont elle s'acquitte avec énergie, malgré des crédits qui se réduisent au fil des ans comme peau de chagrin : à la tête de Business France, elle s'appuie sur son expérience du privé pour convaincre les investisseurs internationaux des atouts de l'Hexagone.

Cette mère de deux enfants, présente aux conseils d'administration de plusieurs entreprises, s'est aussi engagée pour la promotion des femmes au travail.


France/Monde - Gouvernement


Chômage : pourquoi les chiffres de l’Insee et de Pôle emploi diffèrent

Au début de 2017, l’Insee annonçait une baisse du taux de chômage. Pôle emploi, de son côté, enregistrait une hausse, bien loin des chiffres de l’institut de la statistique. Explications.

En baisse pour les uns, en hausse pour les autres. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de chômage a diminué de 0,4 point au premier trimestre 2017 en France, pour s’établir à 9,6 % de la population active, selon les chiffres publiés le 18 mai. L’organisme a ainsi compté 2,7 millions de chômeurs sans aucune activité en métropole.

Pôle emploi avait, lui, compté davantage de chômeurs à la fin de mars 2017, en hausse de 1,1 %, pour un total de 3,7 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité. Pourquoi une telle différence ?

>> SOURCE : INSEE ET PÔLE EMPLOI

Cet écart n’est pas nouveau. Depuis des années, les statistiques de ces deux organismes divergent considérablement, tant sur le nombre de chômeurs que sur l’évolution de la courbe.

Deux organismes calculent les chiffres du chômage

♦ Pôle emploi : organisme public qui livre mensuellement les chiffres des demandeurs d’emploi inscrits dans ses agences en fin de mois.

♦ L’Insee : l’Institut national de la statistique et des études économiques publie tous les trimestres le taux de chômage, issu de sondages, et calculé selon la définition du Bureau international du travail (BIT). Ce sont les seules données internationalement reconnues.

Deux définitions du chômeur

♦ La définition du BIT

Selon les explications fournies par le site de l’Insee, un chômeur est une personne en âge de travailler, de 15 ans ou plus, qui répond simultanément à trois conditions :

– être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant une semaine de référence ;

– être disponible pour prendre un emploi dans les quinze jours ;

– avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

♦ La définition de Pôle emploi

Pour Pôle emploi, un chômeur est une personne inscrite sur ses listes. Qui peut y accéder ? Selon le site de l’organisme :

« Toute personne à la recherche d’un emploi, résidant sur le territoire national et ayant accès au marché du travail peut s’inscrire auprès de Pôle emploi si elle respecte les conditions de l’inscription, déclare sa domiciliation et fournit un des justificatifs d’identité exigés (les ressortissants étrangers relevant du régime général doivent en outre détenir un titre de séjour et de travail permettant une inscription). »

Un chômeur, au sens du BIT, n’est donc pas forcément inscrit à Pôle emploi, et l’inverse est aussi vrai.

Deux techniques de calcul

♦ Technique du sondage pour l’Insee

L’Institut se base sur un sondage trimestriel auprès de 110 000 personnes et en extrapole un chiffre, rapporté à celui du nombre d’actifs pour obtenir un taux. Une technique qui pourrait aussi expliquer les écarts de ses chiffres avec ceux de Pôle emploi. L’organisme ne peut qu’avancer des hypothèses :

« On peut avoir des gens découragés qui disent à nos enquêteurs ne plus faire de recherches actives d’emploi tout en restant inscrits à Pôle emploi. Mais on peut aussi avoir un phénomène chez les jeunes qui s’inscrivent plus à Pôle emploi pour bénéficier de certaines mesures, alors que, traditionnellement, ils n’y trouvent pas forcément d’intérêt. »

Ainsi, 16 % des chômeurs recensés par l’Insee ne se déclarent pas inscrits à Pôle emploi.

♦ 
Nombre d’inscrits pour Pôle Emploi

Pôle emploi collecte les chiffres des demandeurs inscrits dans ses agences en fin de mois, et possède ensuite ses propres catégories : « A » pour les chômeurs n’ayant pas travaillé du tout, « B » et « C » pour des activités partielles… En général, on retient le chiffre de la seule catégorie A et pour la seule France métropolitaine.

Une personne sans activité mais qui n’est pas ou plus inscrite à Pôle emploi sort donc des chiffres. De même, un chômeur bénéficiant d’une formation reste inscrit, mais quitte la catégorie A pour passer dans une autre. Il suffit d’oublier de s’actualiser auprès de l’établissement public pour en être radié, et disparaître des chiffres, ce même si on continue à chercher du travail.

Des différences accrues en 2013

En 2013, l’Insee a changé les questionnaires de son enquête Emploi. Après la reformulation à la marge de certaines questions, les réponses ont été profondément modifiées. Ainsi, un enquêteur de l’Insee ne vous demandera plus si vous étiez « à la recherche d’un emploi, même à temps partiel ou occasionnel », mais si vous étiez « à la recherche d’un emploi » tout court.

Associée à d’autres, cette modification a suffi à faire pencher quelques « oui » du côté du « non ». Les experts de l’Institut estimaient, en mars 2014, que le nouveau questionnaire a fait artificiellement baisser le taux de chômage de 0,5 point, soit 145 000 chômeurs de moins.


Les Décodeurs


LA LÉGENDE DU CHÔMAGE


« Parce que le chômage est une histoire d’ogre pour faire peur. Une légende noire. »

Jacques Fradin - paru dans lundimatin#115, le 25 septembre 2017

Il y a maintenant plus de 40 années que le chômage (métonymie de « la crise ») a été imposé comme le problème.
Le problème à résoudre coûte que coûte (ceci, le coût, devant être lu dans les termes d’une opération militaire : reprenez cette colline coûte que coûte).

Une intense propagande tourne autour de ce sujet (du chômage) jusqu’à pousser les gouvernements à truquer les statistiques (ou leurs interprétations).
Des gouvernements ou des présidents ont construit leurs programmes et leurs promesses autour de « la question du chômage » (la question qui est déclaré préoccuper, en priorité, les électeurs).
Certains candidats et futurs présidents s’engageant même à faire « baisser le chômage » (« inverser la courbe », l’engagement du fossoyeur).
D’autres, plus téméraires, macrons sabre au clair, prétendant « résoudre la question ».

Nous en sommes là.

Et les « opposants » (l’opposition de Sa Majesté), pas en reste dans le domaine du « réalisme constructif », d’apporter leurs solutions.
Comment en finir avec le chômage ? Les solutions alternatives à « la question du chômage ». Etc.
Nous avons rencontré les propositions des Économistes Atterrés.
Très récemment, la belle revue Reporterre (en ligne), dans le numéro 136 du 23 septembre 2017, proposait un dossier : Huit idées concrètes pour créer des emplois sans casser le code du travail, avec des articles de Michel et Monique Pinçon-Charlot, Philippe Bihouix, Pablo Servigne, François-Xavier Devetter, etc. Avec le thème : solutions écologiques à la question du chômage, le retour à la terre, etc.

Et si « la question du chômage » était une fausse question ?
Ou plutôt : si le chômage n’était qu’une construction mythologique (un piège à pigeons) ?
Une légende, une légende de plus dans la religion des modernes, la religion économique.
Une histoire pour faire peur ; une histoire d’ogre ; un conte à faire frémir.
Ou, par derrière, apparaît l’ogre, qui se nourrit du contrôle par le travail (le vieil ogre brejnévien, originaire des belles provinces occidentales).

Si la légende du chômage n’était que la réciproque de la grande mythologie (supposée moribonde), la mythologie du travail ?
Plaçons-nous d’abord du point de vue autoritaire ou des autorités, des patrons et du gouvernement patronal.
Ou suivons les recommandations des économistes affidés : Cahuc, Zylberberg, Tirole, etc.
Écoutons bien ce qu’ils affirment : il n’y a pas (véritablement) de chômage, il y a (certainement) des « fainéants », des déserteurs, des saboteurs, etc.

Disons, de manière plus humaniste, qu’il y a des personnes qui n’arrivent pas à s’intégrer, à s’adapter, à se soumettre à la discipline du travail (comme les gothiques à piercings qui ne savent pas respecter les horaires, etc.).
Il y a chômage autant qu’il y a des personnes (les saboteurs soviétiques) qui n’arrivent pas à se soumettre, à obéir.
À se soumettre à quoi ? À l’ordre économique, ordonné par les entreprises et leurs chefs (et leur courroie gouvernementale).
Radicalement, pour « régler la question du chômage », il faut et il suffit de supprimer les allocations chômage (et tous les revenus indus style RSA).
Régler la question du chômage, c’est recréer de la pauvreté (de la contrainte au travail), de la pauvreté radicale même.
Régler la question du chômage, du point de vue économique, c’est rétablir l’ordre.
Et, encore une fois, effacer la chienlit 68.

Remettre de l’ordre dans les familles. Rétablir la discipline. Les blouses grises. Déployer des écoles militarisées. Ah ! Montessori, n’est-ce pas la source essentielle du chômage ! Rétablir des règles de politesse. Etc.
Et si les familles ne collaborent pas, ne veulent pas ou ne peuvent pas, il suffit « d’attendre à la sortie » les étudiants, un peu trop légers, irréalistes, rêveurs, etc.
Redonner tout le pouvoir coercitif aux entreprises.
Car il n’y a plus que l’économie pour faire tenir le chaos « libertaire » d’après 68.
68, la bête noire des contre-révolutionnaires, de Reagan à Trump.

Le discours économique (à la Cahuc Tirole), radicalement réactionnaire, soulève le voile ; et par derrière.
Régler la question du chômage, c’est remettre de l’ordre, rétablir la discipline, obliger les rêveurs à devenir efficaces, forcer la conscription.
Et n’est-ce pas un recalé à Normale Sup, réorienté vers ce vide nommé « sciences po », qui sert de paravent à l’offensive réactionnaire (qui se déploie depuis l’échec américain au Viet Nam – avec les arguments allemands de 1920 : la trahison des étudiants, des intellectuels, etc.) ?

Le chômage n’est pas un problème principal. Ni même un problème du tout.
Le problème est celui de l’obéissance, de la soumission, de l’admiration des chefs.
Ici, chez les réactionnaires (les macrons), « l’utopie américaine » de Fredric Jameson (Dual Power and the Universal Army, edited by Slavoj Zizek, Verso, 2016) est prise au pied de la lettre.
Rétablir la conscription. Reconstituer l’armée du travail. Reformater le travailleur soldat. Le bon travailleur d’avant 68, d’avant les « fainéants ».
Celui qui se sacrifie. Muettement. Sans un cri. Qui accepte son sort. Sa place. Qui accepte son rôle dans le collectif de combat, quel que soit son grade, mal payé ou non payé, qui respecte l’autorité, les patrons, les chefs. Qui admire ses chefs. Qui peut être directement puni : la décimation sociale pour désertion ou sabotage.

Pourquoi donc n’y a-t-il pas de « problème du chômage » ?
Parce que le chômage est une histoire d’ogre pour faire peur. Une légende noire.
La mythologie infernale du chômage est la réciproque de la mythologie paradisiaque du travail.
L’enfer et le paradis.
Cette mythologie du travail était menacée.
De plus en plus de désobéissants, ou de j’m’en foutistes. De plus en plus de fumistes. De minables qui se croient des poètes. Qui veulent vivre en chantant !
Pour rétablir la croyance, il a fallu, pour les gouvernants et leurs patrons, ramer plus de 40 années.
Combien de petits macrons ont-ils participé à cette restauration ? À ce mouvement de fond, réactionnaire ?
Résoudre la question du chômage, rétablir l’ordre du travail, c’est en fait reconfigurer toute la société, « la formation » pour parler le macron qui marche.
Et pour que le Recalé Charles X puisse réussir le coup, tant désiré par ses patrons, il a fallu que l’esprit « contestataire » (68) soit laminé. Il a fallu 40 ans.

Il n’y a pas de problème du chômage.
Le problème est celui de « la société que nous voulons ».
Économique ou anti-économique.
On ne parle plus que de cela (dans les médias de la réaction – c’est-à-dire tous) : « la gauche » s’est volatilisée.
La France serait toute à droite (sinon adroite).
Le pétainisme, enfin, triompherait (toujours grâce aux Allemands ?).
Tous communieraient dans la détestation du libéralisme politique et dans l’admiration du libéralisme économique (lui très autoritaire).
Jusqu’au FN travaillé par ce (supposé) retour à droite.
Plus profond que la question du chômage, se trouve le grand problème : il faut créer un nouveau mythe.
L’homme est un animal religieux : il veut croire, il ne peut vivre sans croire.
Face à la religion économique dominante ou hégémonique, il est (encore) nécessaire (mais bien peu suffisant) de forger une croyance alternative.
Non pas une alter économie où aurait été résolue la question du chômage (encore les Atterrés) ; mais une nouvelle civilisation débarrassée de l’économie.
Qu’est-ce qui explique la fascination, passée et passagère, pour l’URSS ?

La croyance en la capacité à construire un nouveau monde.

Lundimatin - Jacques Fradin Économiste anti-économique, mathématicien en guerre contre l'évaluation, Jacques Fradin mène depuis 40 ans un minutieux travail de généalogie du capitalisme.