Accueil

Le Pôle emploi allemand licencie du fait d'un chômage en baisse

L'agence allemande pour l'emploi a annoncé ce mardi qu'elle supprimerait 5000 postes d'ici à 2019. La faute à... la baisse du chômage.


Quand l'agence visant à réduire le nombre de chômeurs en crée. C'est en réalité la conséquence d'un taux de personnes sans travail relativement faible qui a poussé le Pôle emploi allemand à réduire ses effectifs.

12 000 postes supprimés depuis 2013

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Cette expression semble coller parfaitement à l'annonce faite par le Pôle emploi allemand ce mardi. En raison de chiffres du chômage encourageants, le travail d'une partie des conseillers de l'agence serait vain, ce qui pousse l'exécutif à se séparer de 5000 postes. Une mesure "sous réserve que l'évolution économique se maintienne", a précisé un porte-parole auprès de l'AFP. La conjoncture allemande a déjà poussé l'agence à supprimer 12 000 postes depuis 2013. Additionnées aux 5000 évoqués ce mardi, ces suppressions seront au nombre de 17 000 en 2019, pour une agence de 95 000 salariés.

Chômage bas oblige

En 2005, nos voisins d'outre-Rhin comptaient environ cinq millions de chômeurs. Des chiffres difficiles qui justifiaient les effectifs de l'agence allemande pour l'emploi. Seulement, avec la baisse du nombre de chômeurs (ils sont environ 3 millions au mois de mars 2015), certains conseillers sont devenus inutiles. Si leur nécessité passée ne peut être remise en question, les chiffres en témoignent, elle l'est pour le futur. Rappelons tout de même que cette annonce ne se maintiendra que si l'évolution économique se maintien à son rythme actuel. Par exemple, aucune suppression n'a été faite l'an dernier et n'est à prévoir en 2015, en raison d'une réduction ralentie du nombre de chômeurs.

 

 Maxime Beaufils


A LIRE AUSSI :

>> Faute de chômeurs, l'Allemagne dégraisse à l'agence pour l'emploi | BFMTV.COM | 08/04/2015


Pôle emploi ne fait pas son boulot

EXCLUSIF : Selon un projet de rapport de la Cour des comptes, rien ne va plus chez l'opérateur public depuis la fusion entre ANPE et UNEDIC. Explosion des coûts, chômeurs peu suivis, offres à la baisse... le constat est sévère.

LIRE LA SUITE :

Pôle emploi ne fait pas son boulot | Le Parisien du 1er juillet 2015 N°4977 | Format PDF - 504 Ko (516 207 octets)

Pôle emploi ne fait pas son boulot | Le Parisien du 1er juillet 2015 N°4977 | Format JPG - 1,11 Mo (1 171 532 octets)

 

>> La Cour des Comptes tance Pôle emploi, sa direction dénonce "une vision dépassée" | TV5MONDE INFO | 02/07/2015

>> Cinq reproches de la Cour des comptes à Pôle emploi | L'Express-Emploi | 02/07/2015

>> L'inefficacité de Pôle emploi pointée par la Cour des comptes | Le JDD | 02/07/2015

>> VIDEO - Pole Emploi récolte les échecs de nos politiques économiques | RTL - Eco Menanteau | 02/07/2015

>> CHAUD...MAGE DE MASSE| Bakchich | 02/07/2015

>> Offres d'emploi en chute, manque d'efficacité… Faut-il réformer Pôle emploi ? | franceTVinfo | 02/07/2015

>> La Cour des comptes juge Pôle emploi inefficace | Les Echos | 02/07/2015

>> France: Pôle Emploi sous la critique | Charente Libre | 02/07/2015

>> Pôle emploi. L'efficacité de l'agence épinglée par la Cour des comptes | Le Télégramme | 02/07/2015

>> La Cour des Comptes tance Pôle emploi, sa direction dénonce «une vision dépassée» | Libération | 01/07/2015

>> Pôle emploi n'accompagne pas assez les plus fragiles, juge la Cour des comptes | La Voix du Nord | 01/07/2015

>> Pôle Emploi, inefficace ? Je reçois 20 chômeurs par jour. On dirait presque un supermarché | L' Obs Le Plus | 01/07/2015

>> Pôle emploi dépassé par l'envolée du chômage | Capital | 01/07/2015

>> "Coûteux" et "inefficace" : Pôle emploi étrillé par la Cour des comptes | L' Obs | 01/07/2015

>> 13% des gens retrouvent du boulot grâce à Pôle emploi, flippant ? | Rue89 | 01/07/2015

>> La Cour des comptes pointe la gestion de Pole emploi | Challenges  | 01/07/2015

>> Pôle Emploi trop cher et inefficace ? Le rapport qui accuse | Sud Ouest | 01/07/2015

>> Pôle emploi trop inefficace, selon la Cour des comptes | Europe 1 | 01/07/2015

>> La Cour des comptes épingle Pôle emploi | Les Échos | 01/07/2015

>> Pôle Emploi. La Cour des comptes pointe une efficacité « insuffisante » | Ouest-France | 01/07/2015

>> Pôle Emploi fait mal son travail, la Cour des comptes lui tape sur les doigts | Economie Matin | 01/07/2015

>> La Cour des comptes critique le manque d'efficacité de Pôle emploi | Le Figaro | 01/07/2015

>> Pôle emploi jugé inefficace par la Cour des comptes | Le Monde | 01/07/2015

>> Pôle Emploi : le rapport qui fâche | Francetv info | 01/07/2015

>> La Cour des comptes épingle le peu «d'efficacité» de Pôle emploi | 20minutes | 01/07/2015

>> La Cour des comptes épingle le peu "d'efficacité" de Pôle emploi | Le Point | 01/07/2015

>> La Cour des Comptes s'attaque à Pôle Emploi | La Tribune | 01/07/2015

>> Efficace, Pôle emploi ? Pas selon la Cour des comptes | Metronews | 01/07/2015

>> Pour la Cour des comptes, Pôle emploi est peu efficace | L'Express | 01/07/2015

>> La Cour des comptes épingle le peu "d'efficacité" de Pôle emploi | Francetv info | 01/07/2015

>> Le constat de la Cour des comptes est sans appel : "Pôle emploi ne serait à l'origine directe de la reprise d'emploi que dans 12,6% des cas." | L'Obs | 01/07/2015

>> La Cour des comptes dénonce l'inefficacité de Pôle emploi | TF1 | 01/07/2015

>> Le manque d'efficacité de Pôle emploi pointé par la Cour des comptes | Challenges.fr | 01/07/2015

>> Pôle emploi serait inefficace pour lutter contre le chômage | RTL | 01/07/2015

>> Pôle Emploi dans le viseur de la Cour des comptes | 24matins | 01/07/2015

>> VOTEZ - Pôle emploi est-il efficace dans la recherche d'un emploi? | France bleu | 01/07/2015

 


 

APPRENONS ENSEMBLE À DÉCODER LE REBSAMEN


Le ministre du Travail n’est pas réputé pour son éloquence. La preuve ce matin de nouveau sur Europe 1 où il a laissé les auditeurs perplexes. A la rédaction de la Gazette, on cherche d’ailleurs encore la signification (profonde, naturellement…) de ces phrases : « Il ne s’agit pas d’inverser la courbe du chômage. Il faut faire diminuer le nombre de chômeurs ».

Passé l’étonnement, que comprendre ? François Hollande a affirmé qu’il ne se représenterait pas s’il ne parvenait pas à inverser la courbe du chômage. Donc, ça y est, François Rebsamen nous annonce que c’est mort pour le président ? Est-ce qu’il nous prévient que le défi est impossible à relever et qu’il ne cherche même plus à y arriver ? Le soupir qui précède la réponse semble aller en ce sens. Nous fait-il simplement comprendre que le sort de François Hollande importe guère face à celui des Français privés d’emploi ?

Autre sortie sympa lors de cette interview : « On crée de l’emploi mais n’en crée pas encore assez pour faire reculer le chômage. » La raison ? « Le dynamisme démographique ». Ok. Voilà un argument intéressant. On est trop nombreux. Bon, bah, voilà.

Déclaration finale : « Le nombre de demandeurs d’emploi baissera début de l’année prochaine, fin de l’année. » Rassurés ?


 Gaëlle Jouanne


François Rebsamen :"Il faut se poser la...par Europe1fr


A LIRE AUSSI :

>> Lou Ravi du chômage | Le Canard enchaîné - H. M. | 1er juillet 2015

>> François Rebsamen, l'oiseau de mauvais augure | Marianne - Alexandre Coste | 24 juin 2015

 

Chômage : Hollande fait de «l’année 2016» son juge de paix

Devant des journalistes de la presse présidentielle, lundi soir, le chef de l’Etat a explicité sa promesse et conditionné sa candidature à la présidentielle sur une baisse du chômage «longue et répétée» en 2016.


Un véritable leitmotiv. S’il avait peu parlé du chômage le 14 juillet dernier, François Hollande s’est rattrapé lundi soir. Devant l’association de la presse présidentielle, le chef de l’Etat, accusé de rester délibérément dans le flou, a explicité son engagement d’inversion de la courbe du chômage, à laquelle il a conditionné sa candidature à la présidentielle de 2017.

«C’est dans l’année 2016 que cette baisse crédible du chômage doit apparaître. Elle doit être suffisamment longue et répétée pour qu’elle apparaisse comme crédible (…), même s’il peut y avoir des chiffres qui se contredisent», a expliqué le chef de l’Etat, saluant le «tassement du chômage, en tout cas de sa progression» au mois de juin ( une très légère hausse, de 1.300 sans emploi ), annoncée quelques heures plus tôt. Il a voulu y voir l’effet du redémarrage de la croissance , mais a rappelé qu’il faut 1,5% de croissance pour créer des emplois. «1,2%, c’est mieux que prévu mais ce n’est pas suffisant», a-t-il prévenu.

«Il y a un risque»

Très maîtrisé d’un bout à l’autre de l’exercice, le locataire de l’Elysée a dit «assumer» le «risque» politique : «Il y a tellement d’aléas qu’il y a un risque», a-t-il concédé, alors qu’il a jusqu’à présent échoué à inverser la courbe du chômage. «Le président est élu. Il doit avoir des résultats. S’il n’y a pas de résultat, il ne peut avoir de crédibilité dans une candidature», a-t-il martelé, en en faisant «une affaire de morale politique» et promettant «bien sûr d’autres mesures» d’ici à la fin du quinquennat. Manière pour François Hollande de tenter de soigner son image, même si le but n’est pas encore atteint et s’il reste très impopulaire dans l’opinion.

«Un bon président, c’est celui qui prend les décisions qui lui paraissent conformes aux intérêts de notre nation (…). Pas pour plaire ou complaire. Ce qui va compter, c’est la trace que je laisserai, quoi qu’il arrive. Il faut du temps pour la voir, la deviner, la dessiner», a-t-il expliqué, concluant : «Le pire pour un président, c’est quand il n’a rien fait d’essentiel.» Parlant d’Alexis Tsipras, le chef de l’Etat a célébré : «Il a pris ses responsabilités, même s’il n’a pas respecté ses promesses de campagne.» Difficile de croire qu’il ne pensait pas un peu à lui-même. Comme lorsqu’il avait souligné, le 14 juillet , à propos du Premier ministre grec : «Bien sûr que nous avons des engagements, des idéaux, mais à un moment, ce qui nous dépasse tous, c’est la patrie.»

 

PIERRE-ALAIN FURBURY


A LIRE AUSSI :

>> Revue de presse - Chômage : encore raté pour Hollande ! | Le Point.fr | 28/07/2015


Expliquez-nous... Pôle Emploi



Pôle emploi installe aujourd'hui son nouveau dispositif de contrôle des chômeurs. Ce nouveau système de contrôle et potentiellement de sanction, sera lancé dans les trois régions en Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes avant de se généraliser.

Pôle Emploi est le nouveau service public de l'emploi né en 2009 de la fusion entre les ASSEDIC (Association pour l'emploi dans l'industrie et le commerce) et l'ANPE (Agence nationale pour l’emploi).

Les ASSEDIC avaient été créées en 1959 par le général de Gaulle. C'était un organisme privé cogéré par des syndicats de salariés et des organisations patronales. L’Assedic se chargeait de l'indemnisation des chômeurs.

L’ANPE organisme public avait, elle, été créée en 1967.

Pôle Emploi centralise donc les deux services dans un guichet unique. Pôle Emploi gère ainsi les demandes d'inscription et d'indemnisation, l'affiliation des entreprises et les aides à la recherche d'emploi.

54.000 personnes travaillent aujourd'hui pour Pôle Emploi. Il y a plus de 900 agences locales.

En 2014, Pôle emploi a enregistré l'inscription de plus de six millions de demandeurs d'emplois et a traité plus de huit millions de demandes d’indemnisation.

Pôle Emploi c'est 32 milliards d’allocations et d’aides versées et un budget de cinq milliards d'euros.

On entend souvent dire que Pôle Emploi ne fonctionne pas bien ?

La question de l'efficacité de Pôle Emploi est souvent posée par ses utilisateurs. C'est à dire les demandeurs d’emploi eux-mêmes. La Cour des comptes a rendu public en juillet dernier un rapport plutôt critique.

Pour la Cour, la part trop importante du temps de travail des conseillers consacrée à des activités de gestion et de management aboutit à ce que la part consacrée à l’accompagnement des demandeurs d’emploi est en définitive inférieure à 30 %.

Toujours selon ce rapport Pôle Emploi a renoncé à la collecte des offres d’emploi : le nombre d’offres collectées par l’opérateur est en baisse depuis plusieurs années.

Ce sont des critiques que certains syndicats de Pôle Emploi reprennent en partie à leur compte sur le thème nous ne sommes pas suffisamment nombreux.
Pôle Emploi compte 35.000 conseillers ce qui fait environ un conseiller pour 300 demandeurs d’emplois.


Gilbert Chevalier


A VOIR AUSSI :

>> Expliquez-nous ... l'Unédic | France Info - Gérald Roux | 23/02/2016

Les chiffres de l'emploi en pleine saison de gavage


Les trains qui arrivent à l'heure font enfin l'actualité. Plus exactement, les bons chiffres du chômage à la fin de septembre (23 800 chômeurs de catégorie A en moins sur un mois, soit un record depuis 2007) ont fait un sacré bruit dans les médiats. Même les Républicains y perdent leur latin. Face à Eric Woerth, qui dénonce "une fausse éclaircie", Hervé Mariton décrète que l'amélioration "n'est pas contestable"

Les deux ont sans doute raison. Les tableaux chiffrés diffusés hier par le ministère du Travail montrent des résultats encourageants. Les inscriptions à Pôle emploi diminuent sensiblement, notamment celles qui sont dues à des fins de CDD et à des licenciements économiques.Parallèlement, le nombre de chômeurs qui retrouvent un augmente.

Des chiffres aidés

Mais ces bons points ne suffisent pas à expliquer la performance de septembre. La vraie raison se trouve dans les emplois aidés... ceux qui permettent de convaincre les employeurs de tout poil de gonfler leurs effectifs. En mai 2012, quand Sarko a fait ses bagages de l'Elysée, on en comptait 284 000. Un an après, 348 000. Et le gavage continue : le projet de budget pour l'an prochain en prévoit 550 000.

Le baromètre peut donc annoncer une inversion des courbes sans trop risquer de se tromper. Mais le gouvernement socialiste aurait tort de plastronner. Primo, les deux formules d'emploi aidés qui font du chiffre ne doivent rien à la gauche. Elles dates de Villepin puis de Fillon. Quasiment la préhistoire. La formule - évidemment géniale - de contrat de génération du candidat Hollande devenu Président n'a, elle, pas connu le succès escompté. Deuzio, le quart seulement des bénéficiaires trouve un job dans le "secteur marchand". En français, les boîtes privées. Les autres sont casés, majoritairement, dans les associations et l'éducation. Du coup, dés la fermeture des robinets financiers, Pôle emploi devra leur ouvrir ses portes.

Pas grave. Avec beaucoup de chance, d'ici là, Hollande leur devra peut-être d'avoir retrouvé un job.


A.G. | N° 4957 | Mercredi 28 octobre 2015 


Ce qu’on n’a jamais essayé contre le chômage

Le président de la République doit présenter, lundi 18  janvier, de nouvelles mesures pour, enfin, « inverser la courbe du chômage », comme il s’y était engagé. Une fois de plus, pourrait-on dire, tant les plans se succèdent depuis plusieurs décennies pour lutter contre ce fléau  : politiques de relance de la demande par la dépense, augmentation du niveau d’études, emplois aidés, emplois jeunes, aides aux entreprises sous la forme d’une diminution des charges, formation des chômeurs, développement de l’apprentissage…

Et pourtant, malgré ce déploiement considérable de moyens, avec 10,6  % de sa population active sans emploi en janvier, la France ne parvient pas à résorber le chômage. Parmi les grands pays occidentaux, c’est aujourd’hui l’un des seuls à ne pas avoir réussi à le faire baisser durablement. Alors, que se passe-t-il  ? De nombreux économistes se sont penchés sur le sujet pour tenter de comprendre d’où vient cette spécificité française.

>> Lire aussi : Emploi : les patrons réclament un « électrochoc »

La démographie n’est pas étrangère à la situation  : « Le chômage en France est élevé de manière structurelle  », affirme Stéphane Carcillo, professeur associé au département d’économie de Sciences Po. « Le maximum a été atteint en 1997, avec 10,8  % de chômage, et là on est à 10,6  %. On est très rarement descendus au-dessous de la barre des 8  %. » Pourquoi  ? « En France, il arrive chaque année 30  % de jeunes de plus sur le marché du travail qu’en Allemagne  », souligne Michel Abhervé, professeur associé à l’université de Paris-Est-Marne-la-Vallée. Ce phénomène se double d’un autre élément majeur  : les Français partent – ou devraient partir – à la retraite de plus en plus tard. Au-delà, les experts sont globalement d’accord pour dire qu’il ne sert à rien de dépenser « plus  », mais qu’il faut dépenser « mieux  », et qu’il est possible d’agir sur certains leviers.

Abaisser le coût du travail

« Aujourd’hui, en France, le coût du travail au niveau du salaire minimum est encore ennemi de l’emploi  », tranchent Pierre Cahuc et André Zylberberg, respectivement directeur du laboratoire de macroéconomie du Centre de recherche en économie et statistique (Crest) et directeur de recherche émérite au CNRS. Selon l’OCDE, le salaire minimum brut était, en 2013, le plus élevé des pays membres après le Luxembourg  : 10,6 dollars (9,7 euros) l’heure contre 7,85 au Royaume Uni et 9,69 en Allemagne. Certes, de très nombreux dispositifs sont déjà venus alléger le coût du travail pour les entreprises  : exonérations de charges, crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), pacte de responsabilité… N’en déplaise à ceux qui dénoncent les « cadeaux » ainsi faits aux entreprises, les allégements de charges « doivent être poursuivis et amplifiés tant que le salaire minimum détruit des emplois », ajoutent les deux chercheurs.

Autres pistes : « Subventionner certaines embauches  », créer un impôt négatif sur les bas salaires ou redistribuer du revenu par le biais du RSA (revenu de solidarité active). Faute de quoi, le smic peut avoir des conséquences opposées à celles recherchées, puisqu’il accroît les inégalités en empêchant l’accès à l’emploi, notamment pour les chômeurs les moins qualifiés (50  % des demandeurs d’emploi n’ont pas le bac).


Le smic peut avoir des conséquences opposées à celles recherchées, puisqu’il accroît les inégalités en empêchant l’accès à l’emploi.

Yannick L’Horty, professeur d’économie à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée, va plus loin  : non seulement le coût du travail est un frein à l’embauche, mais il s’ajoute « à l’insécurité sur le coût d’une éventuelle séparation  ». A cet égard, la volonté manifestée par le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, d’encadrer le montant des indemnités prud’homales va plutôt dans le bon sens. Notons d’ailleurs que la complexité juridique du contrat de travail – y compris des conditions de sa rupture – reste un obstacle à l’accès à l’emploi.

Mieux cibler la formation

Former 500 000 chômeurs, comme le prévoit François Hollande  ? Si tant est que ce soit réalisable, les économistes sont sceptiques sur l’efficacité d’une telle mesure. Jamais, pointent-ils en effet, le niveau global d’éducation d’une génération n’a été aussi élevé, et pourtant le chômage n’a jamais été aussi fort.


Jamais le niveau global d’éducation d’une génération n’a été aussi élevé, et pourtant le chômage n’a jamais été aussi fort.

Certes, le lien est établi entre le niveau d’études et la capacité à entrer sur le marché du travail. Mais encore faut-il que les formations correspondent à un besoin, ou encore qu’elles répondent à l’évolution des métiers, ce qui est loin d’être toujours le cas en France, comme le démontre l’économiste Mathilde Lemoine dans son rapport pour la fondation Terra Nova (Entrer et rester dans l’emploi, un levier de compétitivité, un enjeu citoyen, juin 2014, Fondation Terra Nova).

Stéphane Carcillo, lui, fait le constat que la formation coûte extrêmement cher : 30 milliards d’euros, trois fois plus que le budget total de l’emploi. Pour quel résultat  ? « On ne sait pas très bien où va cet argent, le système n’est pas du tout évalué  », souligne le chercheur. « Il est généralement plus efficace d’intégrer ces personnes dans l’emploi en réduisant le coût de leur travail  », jugent MM. Cahuc et Zylberberg.

Les préconisations vont toutes dans le même sens  : réorienter les dépenses publiques de formation vers les très jeunes enfants, dans les populations les plus défavorisées, en interaction avec le milieu familial ; et ensuite vers les programmes ciblés, avec un suivi long et coûteux des bénéficiaires, ce qui suppose d’en finir avec le saupoudrage des aides. Et, pourquoi pas, « laisser les entreprises former les gens en fonction de leurs besoins, comme aux Etats-Unis  », comme le remarque Stéphane Carcillo.

>> Lire aussi : Le plan « 500 000 formations » de Hollande : un air de déjà-vu

Réellement valoriser l’apprentissage

Depuis Raymond Barre, le premier à l’avoir mis au menu en 1979, rares sont les gouvernants qui n’ont pas mis en avant l’apprentissage comme l’une des clés de l’emploi des jeunes. Effectivement, l’apprentissage se révèle relativement efficace  : il permet d’améliorer d’environ 10 % l’insertion et l’intégration des jeunes sur le marché du travail.

Mais la comparaison avec l’Allemagne, sans cesse montrée en exemple, trouve ses limites. D’abord parce que les tensions sur le marché du travail et le vieillissement de la population outre-Rhin font que les entreprises y ont besoin d’embaucher et de former des apprentis. Ensuite parce que, dans les pays où l’apprentissage fonctionne bien, les référentiels de diplômes et les formations sont organisés par les entreprises et plus tournées vers les aspects techniques qu’en France.

>> Lire aussi : Sur le front de l’emploi, des échecs à répétition

Les professionnels sont beaucoup plus impliqués dans le processus et, d’ailleurs, les jeunes passent trois fois plus de temps dans l’entreprise qu’en France. Ainsi, «  en Allemagne, le jeune est un investissement pour l’entreprise, alors qu’en France, quand ils pensent apprentissage, beaucoup de patrons pensent en réalité coût du travail  », déplore Bertrand Martinot, économiste, ancien délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle.

L’image de l’apprentissage en France, malgré les coûteux efforts déployés pour en faire la promotion, reste mauvaise  : il continue à résulter d’une orientation par l’échec, alors qu’en Allemagne ce sont plutôt des bons élèves qui sont amenés dans cette voie. Le rôle de l’éducation nationale est ainsi pointé du doigt  : peu soucieuse de valoriser l’apprentissage, l’institution préfère investir dans les lycées professionnels.

>> Lire aussi : Le plan de formation des chômeurs suscite des réserves

Laisser plus de place aux nouveaux acteurs

Les files de taxis bloquant le périphérique parisien pour s’opposer à l’arrivée de nouveaux acteurs en est un exemple frappant : lorsqu’il s’agit d’économie, la France est malthusienne. « Les entreprises installées empêchent les entreprises jeunes de se créer et de croître  », constate Francis Kramarz, directeur du Crest, professeur de sciences économiques à l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique et à Polytechnique.


Le problème n’est pas celui de l’initiative, mais celui de la croissance

Pourtant, la France regorge de start-up. Le problème n’est donc pas celui de l’initiative, mais celui de la croissance. « Or, poursuit Francis Kramarz, ce ne sont pas les toutes petites entreprises qui créent des emplois, mais les entreprises jeunes appelées à grossir ou à mourir. » Le manque de concurrence participe de cet assèchement  : « Un certain nombre de métiers souffrent de blocages corporatistes, ce qui réduit les emplois potentiels  », constate Stéphane Carcillo, qui souligne qu’« augmenter la concurrence ne coûte rien  ». Des progrès sont accomplis dans ce domaine depuis quelques années, mais il reste encore beaucoup à faire dans certains secteurs.

>> Lire aussi : « Réduire l’incertitude sur les licenciements favorise l’emploi »

Rendre l’assurance-chômage plus incitative

Au risque de soulever l’ire des syndicats, plusieurs experts n’hésitent pas à avancer l’hypothèse que l’assurance-chômage est l’une des causes du maintien d’un chômage élevé en France. Non seulement la durée maximale d’indemnisation (24 mois sans dégressivité, 36 mois pour les seniors) est l’une des plus élevées au monde, mais encore n’encourage-t-elle pas assez la reprise d’activité. « Il apparaît que la France n’a pas un système de sanctions particulièrement sévère en cas de refus d’offre d’emploi ou de formation, notamment en comparaison des pays d’Europe du Nord  », conclut Pierre Cahuc.

« Les gens ne devraient pas pouvoir tout refuser  », affirme de son côté Francis Kramarz, qui estime que ce problème « a été résolu en Allemagne avec les lois Hartz [adoptées entre 2003 et 2005] ». Quant à l’arsenal de mesures (prévention, accompagnement…) qui doit permettre d’amortir les plans sociaux, l’économiste le trouve « plus néfaste qu’autre chose, car ces mesures nuisent à la pro-activité des salariés  ».


L’idée n’est pas de démanteler l’assurance-chômage mais de mieux l’organiser et la répartir

L’idée n’est pas de démanteler l’assurance-chômage mais de mieux l’organiser et la répartir. En effet, elle ne bénéficie aujourd’hui qu’à un chômeur sur deux, car elle exclut les jeunes qui n’ont jamais travaillé et les seniors arrivés en fin de droits. Le dispositif pourrait aussi tenir compte du contexte global, par exemple en raccourcissant la durée d’indemnisation quand la situation économique s’améliore.

Simplifier et évaluer les dispositifs

Au fil des années et des plans, les dispositifs de lutte contre le chômage forment un système d’une extrême complexité, illisible. Et malgré l’existence du Conseil d’analyse économique, du Conseil d’orientation pour l’emploi, du Conseil économique social et environnemental et autres institutions chargées d’évaluer les politiques publiques, « on assiste, depuis quarante ans, à un va-et-vient de mesures sans aucune évaluation digne de ce nom  », affirment Pierre Cahuc et André Zylberberg.


« On assiste, depuis quarante ans, à un va-et-vient de mesures sans aucune évaluation digne de ce nom  », affirment les économistes Pierre Cahuc et André Zylberberg

C’est d’autant plus regrettable que certaines mesures peuvent se révéler contre-productives. Comme le cas des emplois aidés dans le secteur non marchand, in fine « catastrophiques  » pour les jeunes  : deux ans après, les bénéficiaires ont moins de chances d’être dans l’emploi que les autres !

Les acteurs eux-mêmes (y compris les quelque 30 000 conseillers de Pôle emploi) s’y perdent. « Aujourd’hui, reconnaît Bertrand Martinot, pourtant ancien délégué à l’emploi et à la formation professionnelle, si un patron vient me voir, je suis incapable de lui donner le coût de son apprenti. » Une simplification drastique des aides s’impose, de même qu’un « arrêt sur image  » pour analyser les dispositifs existants, conserver ou généraliser ceux qui fonctionnent et supprimer les autres.

Alors, va-t-on, en France, prendre le problème du chômage à bras-le-corps et s’attaquer, enfin, aux vraies difficultés ? Les experts ne semblent pas entrevoir le bout du tunnel. « On a trouvé un équilibre social qui peut durer encore quelques années, constate Bertrand Martinot. La preuve, la société n’a pas explosé. » Francis Kramarz va plus loin  : « Les gens se bougeront quand on aura 20  % de chômage. D’ici là, il n’y a pas de raison que les élites ou la classe politique, qui ne sont pas touchées, sortent de leur indifférence. » Yannick L’Horty, lui, estime qu’« on n’a pas encore atteint le fond de la piscine  » et rappelle qu’il a fallu que l’Irlande atteigne, en 1987, un taux de 20 points de chômage environ pour mettre sur pied un « pacte national ».

>> Lire aussi : L’Europe a sacrifié sa jeunesse sur l’autel de l’austérité

 

Le Monde ECONOMIE | Béatrice Madeline


Les cinq catégories de demandeurs d’emploi


Pôle emploi classe les chômeurs en cinq catégories depuis 2008 – il y en avait huit auparavant – selon les contrats ou le nombre d’heures travaillées :

catégorie A : ceux qui n’ont pas du tout travaillé dans le mois qui a précédé ;

catégorie B : les demandeurs d’emploi ayant travaillé moins de 78 heures dans le mois écoulé ;

catégorie C : ceux qui ont eu une activité réduite supérieure à 78 heures ;

catégorie D : les demandeurs d’emploi dispensés de recherche en raison d’un stage, d’une formation ou d’une maladie ;

catégorie E : ceux dispensés de recherche d’emploi car déjà employés (en contrat aidé, par exemple).


Ils préfèrent recruter sur Le bon coin qu'avec Pôle Emploi

Le site de petites annonces qui est l'un des plus consultés en France est en train de damer le pion à Pôle Emploi. De plus en plus de patrons préfèrent recruter sur le site, question d'efficacité et de rapidité.

En moyenne les offres d'emploi déposées sur Le Bon Coin trouvent preneur en treize jours. Un résultat immédiat qui séduit les entreprises. C'est le cas par exemple d'Adrien Hochart, qui tient un bar - restaurant - pizzeria aux Grands Chézeaux, en Haute Vienne. Il avait deux postes à pourvoir en CDI à temps plein : un comme serveur, un autre en cuisine. Dès que son annonce a été publiée sur le site, il a reçu dans la soirée même des coups de fils, et quelques heures plus tard il avait neuf CV adressés par mails.

Ce chef d'entreprise est persuadé que les procédures auraient été plus lentes s'il avait eu recours à Pôle Emploi, car ses précédentes expériences l'ont un peu découragé *"On passe à travers de personnes motivées qui peuvent être __*compétentes mais n'ont pas assez d'expérience, Pôle Emploi a beaucoup de mal à faire la jonction entre les candidats et les employeurs".

Selon d'autres chefs d'entreprises, Le Bon Coin permet également d'éviter de perdre du temps avec ces candidats envoyés par Pôle Emploi sur des postes qui ne leur correspondent pas du tout, mais qui se présentent quand même pour ne pas être radiés de la liste des demandeurs d'emploi.

Géolocaliser les offres d'emploi

Conscient de son succès, le site Le Bon Coin a choisi de moderniser sa page d’accueil et va désormais proposer la géolocalisation de ses petites annonces. Ce sera encore plus facile pour trouver un emploi proche de son domicile. Mais reste à s'y retrouver dans les quelques 2.000 offres proposées en Limousin en ce moment sur le site. Car ça va du petit job à temps très partiel au CDI affiché à 3.000 euros par mois. Sans aucun filtre pour juger du sérieux des propositions.


Limousin - Nathalie Col