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Un pacte irresponsable

Introduction: En France, où les cotisations sociales sont la source du financement de la protection sociale, le débat sur la lourdeur des “charges” sociales pesant sur les entreprises est récurrent. Les arguments les plus fréquemment avancés sont d'une part que le coût du travail trop élevé, notamment au voisinage du Smic, dissuaderait les employeurs d'embaucher une main-d'œuvre non qualifiée devenue trop chère, et d'autre part que ce coût du travail constituerait un désavantage compétitif qui mettrait les entreprises françaises en difficulté dans la concurrence mondiale. Dans une situation où la dévaluation monétaire est devenue impossible dans les pays de la zone euro, la baisse du coût du travail est ainsi envisagée comme une modalité de dévaluation interne, à même de stimuler la compétitivité et l'emploi sans agir directement sur les salaires et même selon certains sans nuire au pouvoir d’achat des salariés.

Sur le long terme, en France comme dans d'autres pays d'Europe, les entreprises ont de fait obtenu d’importantes réductions des « charges » tant sociales (cotisations) que fiscales (impôts sur les sociétés). La France mène depuis plus de vingt ans des politiques de baisse des cotisations sociales employeurs : leur poids dans la valeur ajoutée des sociétés a baissé de 18,2% en 1992 à 16% en 2006, puis 16,7% en 2012. Après les 22 milliards d’exonérations de cotisations employeurs, les 6 milliards du Crédit impôt-recherche, les 6 milliards de baisse de la taxe professionnelle, les entreprises ont obtenu, suite au rapport Gallois (2012), la mise en place du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), qui devrait leur rapporter 20 milliards d'euros par an, en année pleine. Le Medef persiste à réclamer une baisse de 116 milliards de l’ensemble des impôts que les entreprises supporteraient.

Le Pacte de responsabilité annoncé le 14 janvier 2014 par François Hollande se présente comme le dernier avatar de ces politiques : il prévoit la suppression totale et sans contrepartie précise des cotisations familiales employeurs (35 milliards d'euros). Le dispositif ayant vocation à fusionner avec le CICE, le besoin de financement lié au Pacte de responsabilité est généralement estimé à environ 10 milliards d'euros. Cela ne suffit pas au Medef, qui, pour envisager la création d’un million d’emplois, réclame 50 milliards supplémentaires, la remise en cause du droit du travail, une plus grande facilité pour licencier ou restructurer, la hausse des seuils imposant des obligations de consultation du personnel, la suppression des normes et réglementations des marchés, etc.… voire même une sorte de droit de veto sur les décisions susceptibles de « stresser les entrepreneurs ».

Ces exigences du Medef suivent une intense préparation du terrain par l’artillerie lourde des idéologues libéraux. Seules les entreprises créent de la richesse et de l’emploi, le secteur public vit aux dépens du secteur privé (comme si un pays pouvait fonctionner sans écoles, hôpitaux, routes et autres crèches), l’État ne doit pas se mêler de production, il faut laisser libres les chefs d’entreprises, (comme si la crise n’était pas causée par la liberté excessive laissée au secteur financier), il faut avant tout réduire les dépenses publiques pour permettre au secteur privé de se développer (comme si la crise n’était pas prolongée par le manque de consommation et d’investissement induit par les exigences de rentabilité des capitalistes). Le gouvernement a choisi de ne pas combattre cette offensive mais d’y céder.

Bien que les effets vertueux attendus de ces politiques de baisse des « charges », tant en termes de création d'emploi que de compétitivité, n’apparaissent guère, nombre d'économistes libéraux préconisent d'aller plus avant dans ces mesures. Celles-ci réconcilient d'ailleurs les politiques de (presque) tous bords avec les revendications du Medef. Comment cela a-t-il été possible ? Trois idées reçues nous paraissent centrales dans cette convergence de vues : (1) Les prestations familiales étant universelles, elles n'ont pas à être financées par la cotisation sociale (qui finance les droits sociaux des travailleurs et de leur famille) mais par l'impôt. Cette « charge » n'a pas à peser sur les entreprises. (2) Le coût du travail est trop élevé, ce qui limite la compétitivité et/ou les capacités d'embauche des entreprises. La baisse du coût du travail est donc un instrument pertinent de création d'emplois. (3) Ce n’est que par la baisse des dépenses publiques et la recherche de compétitivité que l’Europe peut sortir de la crise. Cette note s'emploie à les démonter.

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Note pacte de responsabilité, un pacte irresponsable




Blog Les Economistes Atterrés | Anne Eydoux, Antoine Math, Henri Sterdyniak


A Lire aussi :

>> la note des Économistes Atterrés: Pourquoi le « pacte de responsabilité » ne créera pas d’emploi


Nominations au Pôle emploi

Je vous informe que j’ai décidé de nommer :



• Madame Martine Chong-Wa Numéric, Directrice régionale de Pôle emploi Languedoc-Roussillon, à compter du 1er juillet 2014.
Monsieur Antoine Denara assurera par intérim les fonctions de Directeur régional de Pôle emploi Martinique, à compter du 1er juillet 2014, jusqu’au pourvoi du poste.

• Madame Nadine Crinier, Directrice régionale de Pôle emploi Nord-Pas-de-Calais, à compter du 1er juillet 2014.

• Madame Firmine Duro, Directrice régionale de Pôle emploi Guyane, à compter du 28 juillet 2014.

• Monsieur Pascal Blain, Directeur régional de Pôle emploi Rhône-Alpes, à compter du 1er juillet 2014 ;

• Monsieur Frédéric Danel, Directeur régional de Pôle emploi Lorraine, à compter du 1er juin 2014.
Monsieur Benoît Cheval assurera par intérim les fonctions de Directeur régional de Pôle emploi Auvergne, à compter du 1er juin 2014, jusqu’au pourvoi du poste.

• Monsieur Karim Khétib, Directeur régional de Pôle emploi Pays-de-la-Loire, à compter du 1er juillet 2014.

• Monsieur Serge Lemaitre, Directeur régional de Pôle emploi Midi-Pyrénées, à compter du 21 juillet 2014.

• Monsieur Annicet Loembe, Directeur régional de Pôle emploi Franche-Comté, à compter du 25 août 2014.

• Monsieur Frédéric Toubeau, aux fonctions de Directeur régional de Pôle emploi Aquitaine, à compter du 21 juillet 2014.

• Monsieur Philippe Siebert, Directeur régional de Pôle emploi Bretagne, à compter du 1er juillet 2014.
Monsieur Bruno Vandrisse assurera par intérim les fonctions de Directeur régional de Pôle emploi Franche-Comté, du 1er juillet 2014 au 24 août 2014.


Jean Bassères

LeBonCoin : une enseigne ANPE (Pôle Emploi) à saisir pour décorer votre maison ou une des pièces de celle-ci ?

Dans cette publication parue sur Le Bon Coin le 8 avril 2014, une personne veut vendre une enseigne ANPE (Pôle Emploi), mais pour quel usage ? Peut-être pour décorer votre maison ou une des pièces de celle-ci.

On trouve vraiment de tout sur Le Bon Coin, le premier site français pour les annonces gratuites. Cette fois-ci, il s’agit d’une personne qui veut vendre une enseigne ANPE (Pôle Emploi) à 40 euros.

Le vendeur précise que ce serait « pour un usage de décor de cinéma, film ou autre ». C’est une annonce vraiment insolite, on pensait avoir déjà tout vu sur Le Bon Coin, mais on n’aurait jamais imaginé à une vente de ce genre : une enseigne ANPE (Pôle Emploi).

Cette publication fait partie des collections d’annonces à la fois drôle et stupide du site Le Bon Coin, comme celle qu’on a vu hier dans laquelle un individu a mis en vente une scie électrique, qui visiblement ne l’est pas… malgré le super fil électrique inséré dans la base du manche.

On peut dire que ce site ne sert autant à se divertir, avec toutes ses drôles d’annonces inhabituelles, qu’à trouver une bonne affaire. Pour en voir plus, n’hésitez pas à suivre nos futurs articles à propos du site Le Bon Coin.

Nathalie


"Mode d'emploi", la newsletter de Pôle emploi

Des conseils, des astuces pour vos recherches, le calendrier des événements proches de chez vous, des conseils sur vos droits et devoirs, ... c'est dans « Mode d’emploi », la newsletter de Pôle emploi à retrouver chaque mois.

Juillet - Août 2014
Hors-série Numéro 16 - Assurance chômage

Juin 2014
Numéro 41

Mai 2014
Numéro 40

Avril 2014
Hors-série n°14 - Jeunes et saisonniers

Avril 2014
Numéro 39

Mars 2014
Hors-série n°13 - Train de la Nouvelle France Industrielle

Mars 2014
Numéro 38

Février 2014
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Hors-série n°12 - spécial commerce

Décembre 2013
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Chroniques d'une chômeuse ordinaire

Après des études en langues, LEA en anglais et en russe, et une formation qualifiante en commerce, management et marketing réalisée à Bordeaux, Alexandra Tressos-Le-Dauphin a travaillé entre 2004 et 2008 comme assistante commerciale dans une entreprise de la région bordelaise. Jusqu'au jour où elle se retrouve au chômage. Une période qu'elle a voulu décrire pour elle-même mais également pour les autres demandeurs d'emploi. Elle ne ménage personne...

Comment avez-vous eu l'idée d'écrire ce livre ?

Cela s'est fait un peu par hasard. Ce livre est tiré de ma propre expérience. J'en avais besoin pour exorciser un peu tout ça... Par la suite l'idée a fait son chemin et j'en ai parlé à deux de mes copines qui m'ont clairement encouragé à le faire.

Lire la suite : Chroniques d'une chômeuse ordinaire

Moi aussi, l'emploi... j'y crois!

Alors que les chiffres du chômage ne s'améliorent toujours pas et que le marché du travail est toujours en berne, un livre, à paraître début septembre chez Michalon vient redonner un peu d'espoir pour ces millions de Français qui pointent à Pôle Emploi.

Lire la suite : Moi aussi, l'emploi... j'y crois!

La convention tripartite 2015-2018


L’Etat, l’Unédic et Pôle emploi ont signé le 18 décembre 2014 la nouvelle convention qui fixe les grandes orientations stratégiques de Pôle emploi pour les quatre années à venir.



Plus grande personnalisation, spécialisation des conseillers « entreprises », numérique, performance : les grandes orientations de Pôle emploi pour 2015-2018.

Parmi les avancées majeures de cette convention :

♦ un accompagnement plus personnalisé des demandeurs d’emploi, sur la base d’un meilleur diagnostic de leur situation ;
♦ une demande d’inscription et d’indemnisation plus simple, plus rapide et plus fiable, qui pourra être réalisée en ligne avant l’entretien de diagnostic ;
♦ un démarrage plus rapide de l’accompagnement et une ambition forte sur le conseil en évolution professionnelle ;
♦ un doublement du nombre de demandeurs d’emploi en « accompagnement intensif » ;
♦ un développement rapide de l’offre de service digitale, pour simplifier et accélérer la recherche d’emploi et les recrutements ;
♦ un conseil expert et plus spécialisé aux employeurs pour répondre à leurs attentes et faire correspondre au mieux offre et demande ;
♦ des moyens confortés au service de l’accompagnement des demandeurs d’emploi et des entreprises ;
♦ une gouvernance renforcée, qui fixera le cadre de deux évaluations (à mi parcours et en fin de convention).

Cette convention réaffirme l’objectif d’accélérer le retour et l’accès à l’emploi, avec une attention particulière pour le chômage de longue durée et récurrent, et d’améliorer la satisfaction des demandeurs d’emploi et des entreprises. Pour cela, elle se saisit de toutes les opportunités, parmi lesquelles de nouveaux droits pour les demandeurs d’emploi (droits rechargeables, compte personnel de formation, conseil en évolution professionnelle) et le numérique.

Pour plus d'informations, téléchargez le texte des conventions ci-dessous.


A TELECHARGER

>> Convention tripartite 2015-2018 (96Ko, pdf)

>> Convention tripartite 2012-2014 (411Ko, pdf)

 



« Les Règles du jeu » : Le code du bon demandeur d’emploi


En attendant que la courbe du chômage s’inverse, on ne les compte plus, les jeunes en quête d’emploi. Surtout quand ils sont sans diplôme… Pôle Emploi, débordé, s’adresse parfois à des cabinets privés pour lui venir en aide. C’est le cas à Roubaix, où l’entreprise Ingeus, logée dans une grande tour de verre au milieu d’un no man’s land, accueille, avec son aval, des garçons et des filles qui, à vingt ans, n’ont que leur timidité, ou leur morgue, et leur incapacité à s’exprimer pour viatique. Ils ont abandonné l’école, quitté parfois un petit job qui ne leur plaisait pas, fui leur foyer pas toujours très accueillant, ils sont d’abord totalement fermés, ou agressifs, à leur arrivée dans la grande tour. Ils y sont allés de mauvaise grâce, ils n’y croient pas et, avouons-le, nous non plus. Le film, qui en suit une petite poignée, nous dira si nous nous trompons…

Documentaristes expérimentés, Claudine Bories et Patrice Chagnard ont gagné leurs galons avec le premier film qu’ils ont réalisé ensemble, « Les Arrivants », consacré aux demandeurs d’asile. Ils avaient planté leur caméra dans un centre d’accueil et filmé, au fil des jours, sans jamais intervenir, les arrivants de tous bords confrontés à une administration dont ils ne comprenaient souvent pas les exigences. Cette fois, de la même façon, ils ont suivi, dans les locaux du haut de la grande tour, au rythme de plusieurs jours par semaine, une poignée de jeunes chômeurs qui, avec des hauts et des bas, se sont accrochés, pas toujours très assidus mais tout de même motivés par l’allocation (dans le cadre du « contrat d’autonomie » créé sous Fillon par Fadela Amara) d’une bourse mensuelle de 300 euros pendant six mois…

Eux sont nés dans la région, ils ont même, parfois, un BEP, et pourtant, on est d’emblée frappé par leur ressemblance avec les demandeurs d’asile : leur premier obstacle, c’est la parole. Ces jeunes ne l’ont pas. Ou plutôt, ils l’ont « mal ». Et il est, souvent, poignant d’écouter leurs conseillers, aussi patients que psychologues, mais représentants, pour eux, d’un autre monde, tenter, au fil de jours, de leur inculquer ces « règles du jeu » qui, c’est du moins ce qu’ils croient en toute bonne conscience, pourront, bien maîtrisées, leur permettre d’affronter avec succès un entretien d’embauche. C‘est un long chemin escarpé. Qui côtoie l’abîme. Et ne l’évite pas toujours. Malgré toute la bonne volonté déployée, souvent, des deux côtés…

Il y a là Hamid, qui voulait être footballeur et ne croit plus en lui, Lolita, boudinée dans sa doudoune, qui met une heure à sortir, maladroitement, un dossier de son sac à dos et ne sait pas sourire, Kevin, qui n’est jamais à l’heure et ne supporte pas les remontrances, Thierry, le plus décontracté, qui refuse d’être exploité. Ils sont tous attachants, ils sont tous désarmants, ils ont tout à apprendre d’un univers qui, au fond, est d’abord celui des apparences, ces « codes » qui sont un premier sésame, insuffisant mais obligatoire. Des codes qui, en fait, impliquent parfois que l’on travestisse la vérité, pour mieux se vendre. Or, eux ne savent pas mentir….

MON AVIS

Découpé en chapitres, ce documentaire filmé en huis-clos avec de nombreux gros plans peut parfois paraître un peu long et répétitif, mais on le suit jusqu’à la fin sans jamais décrocher. Avançant par à-coups au fil des étapes du fragile « déblocage » des jeunes futurs candidats à une embauche, il est, en effet, à la fois édifiant et terrifiant. Sans tricher, sans en rajouter, il nous fait toucher du doigt l’insondable abîme qui sépare toute une partie de notre jeunesse du monde de l’entreprise qui, en l’état actuel de l’économie, n’est pas prête à l’accueillir. Cet abîme, social et culturel s’avère ici infranchissable : les « héros » du film vont rester à la porte. Ou, après d‘innombrables tentatives infructueuses, parviennent à décrocher un job précaire, qui ne correspond jamais à leur désir. Ou encore craquent, et désertent… Pour qu’il en soit autrement, on le comprend comme jamais, il faut agir en amont. A l’école. C’est là, bien sûr, que les « règles du jeu » s’apprennent. Après, il est trop tard… Un film en forme de douche froide. Mais, aussi, un document précieux, que l’on ne saurait trop conseiller à nos gouvernants, d’aujourd’hui et de demain…

ANNIE COPPERMANN






Départ à la retraite de Daniel Urbani Directeur de la DSI Pôle emploi

Daniel Urbani quitte la DSI le 31/03/2015.


>> A LIRE AUSSI : NOMINATION | MédiaPôle | 03/10/2014