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Pôle Emploi travaille sur les compétences

Alors que le taux de chômage reste élevé, l’organisme dirigé par Jean Bassères investit dans les formations.

Révélées le 25 juillet, les dernières données recueillies sur le front du chômage – désormais dévoilées à un rythme trimestriel – ne sont pas bonnes. Selon la Dares, le service des études du ministère du Travail, le nombre de chômeurs a augmenté de 0,1 % par rapport au premier trimestre 2018. Le taux de chômage s’élève à 8,9 % de la population active en France métropolitaine. Ces chiffres ont « un peu déçu » au sein de Pôle emploi (54 000 salariés), la structure en première ligne dans la lutte contre le chômage, créée en décembre 2008. « C’est une incitation à poursuivre nos efforts », commente son directeur général, Jean Bassères, 58 ans, renouvelé il y a sept mois pour un troisième mandat de trois ans, sans un seul avis défavorable après ses auditions à l’Assemblée nationale et au Sénat. Cet énarque, inspecteur des finances, qui a effectué une partie de sa carrière à Bercy (il fut, entre autres, directeur général de la Comptabilité publique et directeur de cabinet de Laurent Fabius), continue sa stratégie de modernisation d’une institution souvent décriée dans le passé. Depuis six ans, il a mis en place un suivi plus ciblé des demandeurs d’emploi et une écoute approfondie des recruteurs. Avec un certain succès, car Pôle emploi enregistre des performances en hausse de 5 à 6 points depuis six ans dans divers domaines, et notamment sur deux indicateurs cruciaux : le taux de satisfaction des demandeurs d’emploi à 73 %, et celui des entreprises, à un niveau identique. 

« Nous avons personnalisé l’offre de services, en mettant l’accent sur ceux qui sont le plus en difficulté. Ainsi qu’en augmentant le nombre de conseillers spécialisés dans la relation avec les entreprises de façon à analyser les postes en allant le plus possible sur le terrain », précise le directeur général, qui souligne que 4 millions d’offres d’emploi ont été analysées en profondeur pour définir des fiches de postes. Au coeur de sa stratégie : les compétences. L’enjeu est double. Du côté des entreprises, 45 % de celles qui déclarent vouloir embaucher redoutent de ne pas trouver les profils souhaités. Parallèlement, plus d’un demandeur d’emploi sur trois change de métier en changeant d’emploi, d’où l’urgence d’une offre de formations renouvelée.

« C’est un sujet majeur, où la France a du retard », ajoute Jean Bassères. Au programme, des formations préparatoires à l’emploi de deux à trois mois, des formations au numérique, l’approfondissement des « compétences comportementales » (savoir travailler en équipe…), une batterie de nouveaux outils, dont la possibilité pour les demandeurs d’emploi de créer leur page Web, diverses applis mobiles ou encore des moocs (cours en ligne). Et un plan d’investissement dans les compétences a été mis en place au début de l’année, en coordination avec les régions. « C’est une année de transition, il fonctionnera à plein régime en 2019 », dit le directeur général. Pour celui qui a toujours fait « le choix du service public », la nécessité consiste à améliorer encore l’image et l’efficacité de Pôle emploi. « Pour que nos efforts soient mieux perçus », explique-t-il.


Marie-Pierre Gröndahl




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